EDUCATION

Fraude au BFEM à Bambey : Coup de théâtre, les fuyards se livrent à la police

Le déroulement du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM) a été secoué par un vaste scandale de tricherie organisée à Bambey. Alors que la police locale traquait activement plusieurs candidats impliqués dans un réseau de fraude numérique, l’enquête a connu un dénouement inattendu avec la reddition volontaire des fugitifs.

​Une cavale de très courte durée

​Le scandale a éclaté au CEM Bambey 2, où dix-huit candidats (dont quatre jeunes filles) ont été épinglés en plein délit de tricherie mardi, lors du premier jour des épreuves. Si onze d’entre eux avaient été immédiatement interpellés, sept autres avaient réussi à prendre la poudre d’escampette.

​Cependant, leur fuite n’aura duré que vingt-quatre heures. À la grande surprise des enquêteurs qui s’apprêtaient à lancer un vaste coup de filet dans la commune, les sept fuyards se sont présentés d’eux-mêmes au commissariat de Bambey ce mercredi. Ils se sont rendus un par un, visiblement résignés, pour se constituer prisonniers.

​Le fléau des smartphones et de la « fraude 2.0 »

​Le mode opératoire de ce réseau illustre un phénomène qui donne des sueurs froides aux autorités éducatives sénégalaises : l’utilisation de WhatsApp pour recevoir les corrigés en temps réel. Malgré l’arrêté ministériel interdisant formellement l’accès aux centres d’examen avec un téléphone portable, les candidats rivalisent d’ingéniosité pour déjouer la surveillance.

​Cette méthode a d’ailleurs fait une nouvelle victime dans un autre centre. Au CEM Bambey 3, un dix-neuvième candidat (El S. Diack) a été surpris par un surveillant, le téléphone portable soigneusement dissimulé entre les jambes. Isolé par le président du jury, le jeune fraudeur s’est effondré en larmes avant d’être conduit, lui aussi, au poste de police.

​De lourdes conséquences pénales et académiques

​Les 19 tricheurs présumés se trouvent désormais dans de beaux draps et devront faire face à la justice. Ils seront déférés dans les prochaines heures devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Diourbel.

​Au-delà des poursuites pénales pour fraude dans les examens et concours publics, ces jeunes candidats s’exposent à des sanctions disciplinaires extrêmement sévères. Conformément aux textes en vigueur au Sénégal, la tricherie avérée entraîne l’annulation de l’examen en cours, mais peut également valoir aux coupables une interdiction ferme de se présenter à tout examen ou concours national pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans. Une leçon amère pour ces jeunes dont l’avenir scolaire est désormais en suspens.

​La Rédaction : Sunuker.net

N'diawar Diop

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