Une crise sanitaire silencieuse mais potentiellement mortelle frappe actuellement le Sénégal. Intervenant sur les ondes de la RFM ce mercredi à la mi-journée, le Dr Thierno Diallo a tiré la sonnette d’alarme concernant une inquiétante rupture de stock d’insuline à travers le pays. Une situation critique qui ne relève pas d’un simple problème d’approvisionnement, mais qui trouve plutôt ses racines dans une profonde crise des finances publiques.
Le désarroi des patients diabétiques
Dans les officines sénégalaises, et particulièrement à Dakar, le quotidien est devenu déchirant. Les pharmaciens assistent, impuissants, à la détresse des malades qui errent de pharmacie en pharmacie, ordonnance à la main, à la recherche de ce produit vital.
Comme l’a rappelé le Dr Diallo avec gravité, « l’insuline n’est pas un médicament de confort ». Il est médicalement impossible d’interrompre ce traitement du jour au lendemain sans exposer le patient à des risques de complications fatales (coma acidocétosique). Il faut d’ailleurs rappeler que le diabète est un enjeu de santé publique majeur au Sénégal, où sa prévalence ne cesse de grimper, touchant une part croissante de la population adulte. Le manque d’insuline expose ces milliers de malades à des conséquences irréversibles telles que la cécité, l’insuffisance rénale ou les amputations.
L’asphyxie financière des structures de santé
Comment le pays en est-il arrivé à cette impasse ? Si le gouvernement a eu le mérite d’initier des programmes de subvention et de gratuité des soins pour soulager les patients atteints de pathologies lourdes (comme c’est le cas pour le cancer), le système s’est grippé au niveau des décaissements.
Selon le pharmacien, l’État peine à honorer ses engagements financiers. Conséquence directe de ce manque de liquidités : les structures de santé et les pharmacies étouffent sous le poids de plusieurs milliards de francs CFA d’arriérés. Totalement asphyxiées, elles se retrouvent dans l’incapacité de régler leurs factures auprès des fournisseurs internationaux.
Une forte dépendance aux importations
Cette crise met également en lumière la grande vulnérabilité du système de santé sénégalais. En effet, le pays importe plus de 90 % des médicaments et traitements distribués sur son territoire. L’impossibilité de payer les laboratoires étrangers paralyse donc instantanément le circuit de distribution national.
Le problème dépasse largement le cadre logistique : il s’agit d’une véritable urgence financière et gouvernementale. Le Dr Thierno Diallo exhorte ainsi l’État à prendre des mesures immédiates pour débloquer les fonds nécessaires, garantir la disponibilité continue des traitements et éviter que des milliers de Sénégalais ne soient condamnés par manque de moyens.
La Rédaction Sunuker.net

















































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