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Affaire Yakaar-Teranga : Diomaye Faye saisit l’IGE sur les 30 milliards de FCFA liés au retrait de Kosmos

Affaire Yakaar-Teranga : Diomaye Faye saisit l’IGE sur les 30 milliards de FCFA liés au retrait de Kosmos

Le dossier du retrait de Kosmos Energy du bloc gazier Yakaar-Teranga connaît un nouveau développement. Le président Bassirou Diomaye Faye a saisi l’Inspection générale d’État (IGE) afin de faire examiner les conditions dans lesquelles le départ de la compagnie américaine a été négocié et les éventuelles conséquences financières pour l’État. Les premiers travaux des inspecteurs ont déjà commencé.

L’affaire des 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de francs CFA, évoqués comme un manque à gagner potentiel pour le Sénégal, entre désormais dans une phase d’examen institutionnel. Selon les informations rapportées par l’APS et confirmées par plusieurs sources de presse, l’IGE a été chargée par le chef de l’État d’établir les faits et de reconstituer le processus ayant entouré le retrait de Kosmos Energy de Yakaar-Teranga.

Les inspecteurs ont déjà entamé leurs investigations et procédé à des auditions. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, a notamment indiqué avoir lui-même été entendu par l’IGE et avoir remis des documents aux enquêteurs dans le cadre de cette procédure.

Le dossier remonte au 22 avril 2026, date à laquelle l’État du Sénégal et Kosmos Energy avaient annoncé un accord permettant à la compagnie américaine de se retirer de l’exploitation du bloc gazier Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar. À l’époque, le Premier ministre Ousmane Sonko avait présenté l’accord comme un retrait obtenu sans contrepartie financière à la charge du Sénégal, avec PETROSEN appelée à reprendre l’exploitation du bloc.

Quelques mois plus tard, le dossier a toutefois pris une autre dimension. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a déclaré, en septembre, que la gestion du retrait comportait des « manquements à corriger » et évoqué des indemnités estimées à 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, qui auraient dû revenir à l’État à l’expiration du contrat en juillet 2026.

Cette présentation a suscité des contestations. L’ancien directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, a notamment soutenu, dans des propos rapportés par l’APS, que les 55 millions de dollars ne constituaient pas une créance due à l’État. Selon lui, il s’agissait d’un engagement minimum de dépenses prévu dans un décret de 2024 pour une période d’études et non d’une somme que Kosmos devait automatiquement verser au Sénégal.

C’est précisément dans ce contexte que l’intervention de l’IGE prend une importance particulière. Le corps de contrôle devra notamment examiner les documents contractuels, les conditions de la négociation et les différentes étapes ayant conduit au retrait de Kosmos, afin de déterminer ce qui s’est réellement passé et si l’État a subi un préjudice financier.

L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule question des 30 milliards. Yakaar-Teranga est considéré comme un actif stratégique pour la politique énergétique du Sénégal. Depuis le retrait de Kosmos, PETROSEN est appelée à prendre le relais, avec la possibilité de recourir à des partenaires techniques et financiers pour assurer le développement du projet. Des experts ont souligné que la réussite de cette nouvelle phase dépendra notamment de la capacité de la société nationale à sécuriser les compétences techniques, les financements et une gouvernance rigoureuse du projet.

L’affaire fait également l’objet d’une attention particulière de la société civile. Le Forum civil a récemment demandé à l’État de faire toute la lumière sur plusieurs dossiers à incidence financière, dont celui opposant l’État du Sénégal au dossier Kosmos-Yakaar-Teranga.

À ce stade, aucune conclusion définitive de l’IGE n’est connue et le montant de 30 milliards de francs CFA doit donc être présenté comme une somme faisant l’objet d’un débat et d’une vérification, plutôt que comme une perte définitivement établie. Les auditions et l’examen des pièces devraient permettre de départager les différentes interprétations du dossier.

Les conclusions de l’Inspection générale d’État sont désormais très attendues. Elles pourraient permettre de déterminer les responsabilités éventuelles, de préciser la réalité du préjudice financier invoqué et d’éclairer les autorités sur les suites à donner à cette affaire qui touche directement à la gestion des ressources gazières stratégiques du Sénégal.

Sunuker News Desk