Affaire PRODAC : le Parquet financier bloque la libération de Pape Malick Ndour, la Cour suprême désormais au cœur du dossier
Le feuilleton judiciaire impliquant Pape Malick Ndour connaît un nouveau rebondissement. Alors que l’ancien coordonnateur du Programme national des domaines agricoles communautaires (PRODAC) pensait retrouver une liberté partielle après la décision favorable de la Chambre d’accusation financière, le Parquet général financier a décidé de contester cette mesure devant la Cour suprême, suspendant automatiquement son exécution.
En conséquence, l’ancien ministre de la Jeunesse demeure incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, en attendant que la plus haute juridiction du pays se prononce sur le recours introduit par le ministère public.
La semaine dernière, la Chambre d’accusation financière avait accordé à Pape Malick Ndour une mise en liberté provisoire sous surveillance électronique. Cette décision prévoyait un contrôle strict de ses déplacements grâce au port d’un bracelet électronique, avec l’obligation de quitter son domicile uniquement entre 6 heures du matin et 21 heures, avant un retour obligatoire à son lieu de résidence.
Mais cette perspective de liberté aura été de courte durée. Conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, le Parquet général financier a exercé un pourvoi en cassation dans les délais légaux. Cette démarche a pour effet de suspendre immédiatement l’application de la décision contestée jusqu’à l’examen du dossier par la Cour suprême.
L’affaire s’inscrit dans une vaste enquête portant sur la gestion du PRODAC, un programme public créé pour promouvoir l’emploi des jeunes à travers le développement de pôles agricoles modernes. Depuis plusieurs mois, les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations sur des soupçons de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs. Les enquêteurs s’intéressent notamment à des opérations financières portant sur un montant estimé à 2,3 milliards de francs CFA.
Depuis son arrestation par la Division des investigations criminelles (DIC) le 15 mai 2026, la situation judiciaire de Pape Malick Ndour a connu plusieurs évolutions. Dans un premier temps, il avait bénéficié d’un placement sous bracelet électronique avant que cette mesure ne soit annulée par la Chambre d’accusation financière, qui avait ordonné son placement en détention. Quelques semaines plus tard, cette même juridiction avait finalement décidé de lui accorder une nouvelle liberté surveillée, aujourd’hui remise en cause par le recours du Parquet.
Cette succession de décisions illustre la complexité de cette procédure judiciaire, qui continue d’alimenter les débats dans l’opinion publique. Les spécialistes du droit rappellent qu’un pourvoi en cassation ne permet pas à la Cour suprême de réexaminer les faits de l’affaire, mais uniquement de vérifier si les règles de droit ont été correctement appliquées par les juges du fond.
En attendant cette décision, Pape Malick Ndour reste détenu à Rebeuss. Une situation qui contraste avec les propos qu’il avait tenus quelques semaines avant son arrestation, lorsqu’il affirmait publiquement être prêt à répondre devant la justice. « Si mes adversaires veulent que j’aille en prison, je le ferai la tête haute », avait-il écrit sur ses plateformes numériques, réaffirmant sa volonté de défendre son honneur et de contester les accusations portées contre lui.
L’issue de cette procédure est désormais suspendue à la décision de la Cour suprême, dont l’arrêt sera déterminant pour la suite de ce dossier emblématique de la lutte contre la délinquance économique et financière au Sénégal.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk

















































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