LIVE
🔴 EN DIRECT : SUNUKER FM • Cliquez sur "ÉCOUTER EN DIRECT" pour suivre nos émissions en temps réel • 🇸🇳 Actualités du Sénégal • 🌍 Actualités Internationales • 🎙️ Débats • 🎤 Interviews Exclusives • ⚽ Sport • 🎵 Musique • 📻 La radio de votre communauté disponible 24h/24 et 7j/7 • 🔥 Ne manquez aucune information importante •

Affaire Imam Ndao : d’anciens détenus réclament la libération des derniers prisonniers et dénoncent une « injustice »

​Affaire Imam Ndao : les ex-détenus demandent la libération des dernières personnes incarcérées ​Affaire Imam Ndao : les ex-détenus demandent la libération des dernières personnes incarcérées

Affaire Imam Ndao : d’anciens détenus réclament la libération des derniers prisonniers et dénoncent une « injustice »

Près d’une décennie après les premières arrestations dans l’affaire dite « Imam Ndao », le dossier continue de susciter des interrogations et des prises de parole. Réunis en conférence ce jeudi 1er octobre 2026, d’anciens détenus ont raconté leurs années passées derrière les barreaux et demandé la libération des personnes qui demeurent incarcérées. Ils réclament également une réparation pour les préjudices qu’ils estiment avoir subis.

L’affaire avait profondément marqué l’opinion sénégalaise. Déclenchée en 2016 dans un contexte de préoccupations liées à la menace terroriste au Sénégal, elle avait conduit à l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes, dont l’imam Alioune Badara Ndao.

Ce jeudi, plusieurs anciens détenus sont revenus sur cette période. Moustapha Diatta, qui affirme avoir passé trois ans et six mois en détention, ainsi que Saliou Ndiaye et Boubacar Décoll Ndiaye, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une injustice persistante.

Selon leurs déclarations, cinq personnes seraient encore détenues dans le cadre de cette affaire. Parmi les noms cités figurent Abdou Aziz Dia, Ibrahima Diallo, Abdou Dia et Ibrahima Ly.

Saliou Ndiaye conteste notamment la persistance des poursuites et des détentions. « Il n’y a pas de preuves », a-t-il déclaré, affirmant également qu’il n’existerait, selon lui, aucune preuve établissant la culpabilité de Matar Diokhané et de ses codétenus.

Ces déclarations doivent toutefois être replacées dans le contexte judiciaire de l’affaire. Lors du procès de 2018, la justice sénégalaise avait acquitté l’imam Alioune Ndao des principales accusations liées au terrorisme. Il avait uniquement été condamné à un mois de prison avec sursis pour détention d’une arme, peine qui n’avait pas entraîné son maintien en détention.

Le même verdict avait, en revanche, condamné Matar Diokhané à 20 ans de travaux forcés pour des faits de terrorisme, tandis que d’autres accusés avaient reçu des peines allant de cinq à quinze ans et que plusieurs avaient été acquittés.

Cette distinction est importante dans le débat actuel : si certains protagonistes ont été acquittés, d’autres ont bien fait l’objet de condamnations judiciaires à l’issue du procès.

« Pourquoi ne pas les libérer comme les autres ? »

Saliou Ndiaye a également évoqué l’évolution de la législation sénégalaise en matière de terrorisme. Selon lui, les modifications successives de la législation auraient changé le cadre juridique applicable aux personnes poursuivies dans ce type de dossiers.

Il s’interroge notamment sur le maintien en détention de certains prévenus alors que d’autres personnes arrêtées dans le même contexte ont déjà recouvré leur liberté.

« Pour ne pas dire que ces gens sont aujourd’hui emprisonnés injustement, pourquoi ne pas les libérer comme ça a été fait avec les autres ? », a-t-il déclaré.

L’ancien détenu est également revenu sur les conditions de son arrestation. Il affirme avoir été interpellé au milieu de la nuit, vers 3 heures du matin, une circonstance qu’il continue de contester.

S’agissant des accusations de terrorisme, son argument est simple : il demande que les actes précis reprochés aux personnes arrêtées soient établis et démontrés devant la justice.

Il a également rapporté les propos qu’aurait tenus, selon lui, un ancien responsable de la brigade de recherches. Celui-ci aurait évoqué l’existence d’un prétendu camp d’entraînement lié au daara de l’imam Ndao et accusé les personnes arrêtées de vouloir « brûler le Sénégal ». Saliou Ndiaye soutient que cette accusation n’aurait pas été démontrée au cours du procès.

Le cas Matar Diokhané au cœur des critiques

Boubacar Décoll Ndiaye a, lui aussi, vivement contesté la manière dont certains dossiers ont été traités.

Revenant sur le parcours de Matar Diokhané, condamné en 2018 à 20 ans de travaux forcés, il estime que la peine prononcée ne serait pas justifiée par les éléments qu’il considère comme établis.

Cette lecture est cependant contestée par les éléments présentés lors du procès. À l’époque, le dossier judiciaire avait notamment porté sur les déplacements de Matar Diokhané, ses liens présumés avec des réseaux terroristes et son rôle dans le recrutement de Sénégalais partis rejoindre Boko Haram au Nigeria. Le tribunal l’avait finalement condamné pour actes de terrorisme par association de malfaiteurs.

Les anciens détenus continuent néanmoins de contester cette interprétation judiciaire.

Boubacar Décoll Ndiaye a également dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation excessive de l’accusation de terrorisme et appelé les autorités sénégalaises à revoir les dossiers des personnes qui demeurent en prison.

« Dix ans de prison sans preuve », a-t-il notamment déploré, avant d’appeler le président de la République à intervenir pour « réparer cette injustice ».

Le cas d’Abdou Hakim Mbacké Bao évoqué

Moustapha Diatta a, pour sa part, attiré l’attention sur la situation d’Abdou Hakim Mbacké Bao.

Selon lui, ce dernier souffrirait de problèmes psychiques et recevrait un traitement médical en détention. Il estime que son état de santé devrait être pris en compte dans l’examen de sa situation judiciaire.

Moustapha Diatta affirme également qu’un certificat médical aurait été dissimulé au moment du jugement, une accusation qui, à ce stade, reste celle de l’ancien détenu et nécessite des éléments permettant de l’étayer.

Au-delà des demandes de libération, les anciens détenus souhaitent également obtenir une forme de réparation pour les années passées derrière les barreaux.

Moustapha Diatta affirme notamment avoir réclamé 100 millions de francs CFA par l’intermédiaire de son avocat, mais n’avoir finalement reçu que 1,5 million de francs CFA. Il précise avoir lui-même consacré environ 1,3 million de francs CFA aux honoraires de son conseil.

Il estime que les anciens détenus comme leurs familles devraient pouvoir bénéficier d’une indemnisation correspondant aux préjudices subis.

Une affaire qui continue de laisser des traces

L’affaire Imam Ndao reste l’un des dossiers judiciaires les plus marquants de la lutte antiterroriste au Sénégal. Le procès de 2018 avait produit des résultats contrastés : l’imam Alioune Ndao avait été largement acquitté, tandis que plusieurs autres accusés avaient été condamnés à de lourdes peines.

Matar Diokhané et plusieurs autres condamnés avaient par la suite engagé des procédures judiciaires, et leur dossier devait notamment connaître de nouveaux développements devant la justice sénégalaise. En 2024, la presse avait ainsi rapporté que Matar Diokhané et plusieurs coaccusés devaient être rejugés en appel.

La conférence de ce 1er octobre remet donc sur la place publique une question qui demeure sensible : que doit devenir le dossier des personnes qui restent détenues et qui contestent toujours les accusations portées contre elles ?

Pour les anciens détenus, la réponse passe par un réexamen des dossiers, la libération de ceux dont la détention ne serait plus juridiquement justifiée et une réparation pour ceux qui estiment avoir été injustement privés de liberté.

Ils appellent désormais les autorités à se saisir de cette question afin que, près de dix ans après les premières arrestations, l’affaire Imam Ndao puisse connaître un véritable épilogue judiciaire.

 

​Affaire Imam Ndao : les ex-détenus demandent la libération des dernières personnes incarcérées
​Affaire Imam Ndao : les ex-détenus demandent la libération des dernières personnes incarcérées

Sunuker News Desk