Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
Pendant de nombreuses années, les politiques publiques africaines ont principalement considéré les transferts d’argent des migrants comme une source de devises.
Cette vision est aujourd’hui trop limitée.
La diaspora africaine constitue désormais l’un des plus importants investisseurs potentiels du continent.
Des milliers d’entrepreneurs africains installés aux États-Unis, au Canada, en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie souhaitent investir dans leur pays d’origine. Ils créent des entreprises, financent des exploitations agricoles, construisent des hôtels, développent des start-up, soutiennent des écoles privées, ouvrent des cliniques ou participent au financement de projets immobiliers.
Ces investissements créent des emplois, stimulent les économies locales et favorisent le transfert de compétences.
Les gouvernements africains devraient faciliter ces initiatives en simplifiant les procédures administratives, en protégeant les investisseurs et en offrant des mécanismes transparents d’accompagnement.
Le développement ne dépend pas uniquement des capitaux.
Il repose également sur les connaissances.
L’Afrique forme chaque année des milliers d’étudiants qui poursuivent leurs études dans les plus grandes universités du monde.
Nombre d’entre eux acquièrent une expertise précieuse dans des domaines tels que :
Le véritable enjeu consiste à créer des conditions suffisamment attractives pour encourager le retour de ces talents ou, à défaut, leur participation active au développement de leur pays depuis l’étranger.
Le télétravail, les missions temporaires, les partenariats universitaires et les plateformes numériques offrent aujourd’hui de nouvelles possibilités.
Le retour des compétences ne signifie plus forcément un retour définitif.
Dans plusieurs pays africains, la question de la double nationalité continue d’alimenter les débats politiques.
Pourtant, dans une économie mondialisée, disposer de citoyens présents sur plusieurs continents constitue un avantage stratégique.
Ces citoyens servent souvent de passerelles entre les marchés.
Ils facilitent les investissements.
Ils développent les échanges universitaires.
Ils attirent des partenaires internationaux.
Ils favorisent le tourisme.
Ils renforcent l’influence diplomatique de leur pays.
La double appartenance ne doit plus être perçue comme une contradiction.
Elle peut devenir une force.
Malgré les progrès technologiques, envoyer de l’argent vers certains pays africains demeure coûteux.
Les frais prélevés sur les transferts réduisent les ressources effectivement reçues par les familles.
Une diminution de ces coûts permettrait de libérer des milliards de dollars supplémentaires chaque année.
Le développement des paiements numériques, de la concurrence entre opérateurs financiers et des nouvelles technologies financières pourrait contribuer à rendre ces transferts plus rapides, plus accessibles et moins onéreux.
Chaque dollar économisé représente un soutien supplémentaire pour les familles.
Les Africains de l’étranger ne souhaitent plus seulement envoyer de l’argent.
Ils veulent participer directement à la création de richesses.
Partout émergent des entrepreneurs qui investissent dans :
Ces initiatives méritent d’être soutenues.
L’entrepreneur de la diaspora n’est pas un simple investisseur.
Il est également un créateur d’emplois, un formateur et un ambassadeur économique.
Pour tirer pleinement profit de cette richesse humaine, plusieurs pays mettent en place des ministères ou des agences dédiés à leurs ressortissants vivant à l’étranger.
Ces institutions peuvent jouer un rôle important :
Une relation de confiance entre les États et leurs diasporas est indispensable.
Les expatriés doivent être considérés comme des partenaires du développement, non comme de simples pourvoyeurs de devises.
Le patriotisme ne suffit pas toujours à convaincre un professionnel de revenir.
Les pays africains devront améliorer :
Lorsque les talents trouvent sur le continent des conditions favorables à leur épanouissement, beaucoup choisissent naturellement de contribuer au développement de leur pays.
Le meilleur moyen de limiter la fuite des cerveaux consiste à créer des opportunités.
La question migratoire ne peut être résolue uniquement par les pays d’origine.
Les pays de destination ont également un rôle à jouer.
La coopération internationale doit favoriser des migrations sûres, régulières et respectueuses des droits humains.
Les accords de mobilité professionnelle, les programmes d’échanges universitaires, les partenariats scientifiques et les investissements créateurs d’emplois peuvent transformer la migration en un facteur de développement partagé.
La lutte contre les réseaux criminels qui exploitent les migrants doit également rester une priorité absolue.
L’émigration ne doit plus être analysée uniquement sous l’angle de la perte.
Elle peut devenir un formidable moteur de croissance si elle s’accompagne d’investissements, de transferts de compétences, d’innovation et d’une coopération renforcée entre les États et leurs diasporas.
L’Afrique possède l’une des diasporas les plus dynamiques au monde.
Ses femmes et ses hommes excellent dans la médecine, la recherche, les nouvelles technologies, la finance, l’éducation, l’entrepreneuriat, le sport et la culture.
Leur réussite constitue une richesse pour le continent.
Le véritable défi consiste désormais à bâtir des passerelles solides entre ceux qui vivent sur le continent et ceux qui contribuent à son rayonnement depuis l’étranger.
Car l’avenir de l’Afrique ne se construira pas uniquement à Dakar, Lagos, Nairobi, Abidjan, Le Caire ou Johannesburg.
Il se construira également à Paris, New York, Montréal, Londres, Bruxelles, Dubaï, Pékin et dans toutes les villes du monde où des Africains travaillent, innovent, entreprennent et gardent au fond de leur cœur le désir de participer au développement de leur terre d’origine.
L’émigration n’est pas une faiblesse.
Elle devient une force lorsque la mobilité des hommes s’accompagne de la circulation des idées, des compétences, des capitaux et des opportunités.
Le véritable succès ne sera pas de faire partir moins d’Africains.
Il sera de faire en sorte que, où qu’ils vivent, ils puissent contribuer librement et durablement à la renaissance du continent.
Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
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