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Souveraineté alimentaire : le ministre Cheikhou Oumar Ba en guerre contre la dépendance aux importations

Face à la facture exorbitante des denrées importées, qui pèse lourdement sur l’économie du pays avec près de 1 000 milliards de francs CFA sortis chaque année, le gouvernement sénégalais hausse le ton. En marge de la 9e édition du Festival Alimenterre à Dakar, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, a appelé à une refonte en profondeur des habitudes de consommation nationales.

Pour l’autorité tutélaire, le constat est sans appel : « Nous avons besoin d’inverser la tendance. » Cette situation, bien qu’alarmante sur le plan de la balance commerciale, est perçue par l’exécutif comme un formidable catalyseur pour libérer le potentiel des transformateurs et des acteurs du monde rural.

Manger local : un impératif citoyen et économique

Afin d’atteindre les objectifs fixés par les référentiels de développement nationaux, le département de l’Agriculture mise sur une structuration rigoureuse des chaînes de valeur locales et sur l’optimisation des circuits de commercialisation. Mais la transformation ne sera pas seulement structurelle ; elle se veut également culturelle.

Le Dr Cheikhou Oumar Ba a insisté sur l’urgence d’une prise de conscience collective, résumée par un crédo fort : « Nous devons manger ce que nous produisons et produire ce que nous consommons. » Il encourage ainsi les ménages à remettre au goût du jour les spécialités du terroir et les céréales locales (couscous, bouillies nutritives, etc.) dans leurs habitudes alimentaires de tous les jours. Pour viabiliser cette dynamique, une synergie d’action est exigée entre l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé et les producteurs, avec un accent particulier porté sur la régulation des marchés, la sécurisation du stockage et la formalisation de contrats de vente pérennes.

Numérisation et transparence dans le monde rural

Sur le front de la modernisation des services publics, l’État poursuit son virage numérique pour garantir aux producteurs un accès équitable et sécurisé aux intrants agricoles. Les phases pilotes menées dans les zones de Nioro et de Tivaouane à travers la « plateforme numérique de gestion des subventions » ont d’ores et concluant profité à 57 398 exploitants.

Dans la même dynamique, le ministère a confirmé la généralisation progressive du Registre national électronique des agriculteurs. Une initiative d’envergure articulée autour d’un principe cardinal : « un producteur, une identité, un droit », garantissant ainsi plus de transparence et d’efficacité dans l’accompagnement du monde agricole.

La Rédaction