Le rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale, mardi 3 novembre, suscite de nombreuses interrogations sur l’avenir de plusieurs investissements publics. Au-delà du désaccord entre le gouvernement et les députés de Pastef, cette décision pourrait compliquer l’exécution de certains programmes dans les infrastructures, l’assainissement, la santé, l’énergie et l’aménagement du territoire.
À la Une de sa livraison du jour, le quotidien L’Observateur met en garde contre les conséquences possibles de ce blocage budgétaire. Le journal évoque notamment 1 115,7 milliards de FCFA de crédits de paiement associés à des projets dont l’exécution pourrait être affectée par l’absence d’adoption du texte. Ce montant et la liste des opérations concernées sont ceux avancés par le quotidien.
Un rejet motivé par des réserves sur les prévisions budgétaires
En séance plénière, les députés ont adopté la question préalable introduite par le parlementaire Amadou Ba. Le scrutin s’est soldé par 109 voix favorables, 20 oppositions et trois abstentions. Cette procédure a mis fin à l’examen du projet sans débat au fond.
La majorité parlementaire a notamment contesté la fiabilité des prévisions financières du gouvernement. Ses représentants ont exprimé des réserves sur le déficit annoncé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), ainsi que sur la capacité de l’État à mobiliser les ressources attendues. Ils ont également dénoncé l’absence de certains documents qu’ils jugeaient nécessaires pour apprécier la situation réelle de la dette et l’exécution des investissements publics.
Le projet de LFR prévoyait un déficit budgétaire de 1 735,2 milliards de FCFA. Il reposait aussi sur une révision des recettes et des dépenses, dans un contexte de baisse des ressources attendues et d’augmentation importante des charges liées au secteur énergétique. <Cite refs={[« turn146787search1″, »turn146787search3″, »turn146787search5″, »turn146787search6 »]}/>
Infrastructures : plusieurs chantiers sous surveillance
Dans le domaine des infrastructures, les projets de désenclavement des zones de production agricole, les autoroutes Dakar-Tivaouane-Saint-Louis et Mbour-Fatick-Kaolack, la réhabilitation de routes nationales ainsi que le pont de Rosso figurent parmi les opérations susceptibles de connaître des difficultés d’exécution.
Les crédits consacrés à ces investissements sont particulièrement sensibles aux arbitrages budgétaires. Leur éventuel ralentissement pourrait avoir des répercussions sur les entreprises chargées des travaux, les emplois liés aux chantiers et les populations qui attendent une amélioration de leurs conditions de déplacement.
Assainissement : le dossier de Touba au centre des explications
Le programme de drainage des eaux pluviales et de gestion des eaux usées de Touba est également cité dans les débats. Son coût prévisionnel est évalué à 97,35 milliards de FCFA en autorisations d’engagement dans le projet de LFR.
Toutefois, une précision importante a été apportée par le député Cheikh Thioro Mbacké : selon lui, cette opération ne disposait d’aucun crédit de paiement pour l’exercice 2026 dans le texte rejeté. Il soutient également que le projet de budget 2027 prévoit une enveloppe de 21 milliards de FCFA en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. Le montant de 97,35 milliards ne doit donc pas être présenté comme une somme qui aurait été effectivement disponible pour régler des travaux en 2026.
D’autres opérations, dont le Projet intégré de sécurité de l’eau et de l’assainissement (PISEA), la dépollution de la baie de Hann et le projet d’usine de dessalement soutenu par la coopération japonaise, sont également évoquées parmi les investissements exposés aux incertitudes budgétaires. <Cite refs={[« turn146787search12″, »turn789377search8″, »turn789377search10 »]}/>
Santé, protection sociale et énergie : des besoins importants
Dans le secteur sanitaire, la reconstruction de l’hôpital Aristide Le Dantec et la réhabilitation de l’hôpital régional de Thiès figurent parmi les projets mentionnés dans les préoccupations liées aux crédits publics. Les programmes d’autonomisation des femmes et de protection sociale, notamment les Bourses de sécurité familiale et les dispositifs de protection sociale adaptative, sont également concernés par les arbitrages financiers.
Le secteur de l’énergie fait face, lui aussi, à des besoins considérables. Le projet de LFR portait les subventions énergétiques à 790,3 milliards de FCFA, soit une augmentation de 540,3 milliards par rapport aux prévisions initiales. Parmi les programmes susceptibles d’être affectés par les incertitudes figurent notamment le Fonds vert climat BOAD/ASER et le programme d’électrification de 700 localités (PUELEC 1). <Cite refs={[« turn146787search3″, »turn146787search5″, »turn146787search10 »]}/>
Le programme avec le FMI également en jeu
Le rejet de la LFR intervient alors que le Sénégal cherche à finaliser un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international. Le 1er septembre 2026, les services du FMI et les autorités sénégalaises étaient parvenus à un accord au niveau des services pour un programme de 36 mois évalué à environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de FCFA.
Cet accord n’est toutefois pas encore synonyme de financement acquis. Il reste soumis aux procédures internes du Fonds, à l’approbation de son Conseil d’administration et à la satisfaction de conditions préalables, notamment la mise en œuvre de mesures correctrices et l’obtention d’assurances de financement auprès des partenaires du Sénégal. <Cite refs={[« turn789377search1″, »turn789377search3″, »turn789377search5 »]}/>
Le rejet du texte parlementaire ajoute ainsi une difficulté politique et budgétaire à un processus déjà délicat. Le gouvernement devra trouver une issue pour adapter ses prévisions financières et préserver les investissements prioritaires, tandis que les députés réclament davantage de transparence sur les ressources, les dépenses et les engagements de l’État.
En attendant une nouvelle démarche de l’exécutif et un éventuel compromis avec l’Assemblée nationale, l’incertitude demeure sur le calendrier et les modalités de financement de plusieurs projets. Les entreprises du BTP, les travailleurs et les populations bénéficiaires pourraient être les premiers concernés si les arbitrages budgétaires tardent à être clarifiés.
La Rédaction – Sunuker.net















































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