À quelques heures de l’examen en séance plénière du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, Madiambal Diagne remet sur la table l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication estime que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pourrait mettre fin au blocage institutionnel en faisant usage de ses prérogatives constitutionnelles.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire dominée par Pastef. Le projet de loi de finances rectificative a déjà été rejeté à deux reprises par la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, malgré plusieurs séances de discussions avec les représentants du gouvernement.
Pour Madiambal Diagne, cette succession de désaccords ne relèverait pas uniquement de divergences sur les orientations budgétaires. Il y voit également une stratégie d’obstruction politique qu’il impute à Ousmane Sonko et aux députés de son camp.
Selon son analyse, le conflit pourrait avoir pour objectif de placer le chef de l’État dans une situation inconfortable, en l’amenant notamment à revoir ses positions concernant le maintien du Premier ministre et certains responsables politiques écartés de l’équipe gouvernementale.
Madiambal Diagne mise sur les prérogatives présidentielles
Dans ses déclarations rapportées par la presse, le journaliste considère que Bassirou Diomaye Faye pourrait prendre l’initiative de dissoudre l’institution parlementaire, sans nécessairement attendre l’issue du vote du PLFR.
Il estime ainsi que le chef de l’État dispose de moyens constitutionnels pour sortir de l’impasse et provoquer un renouvellement de la représentation nationale.
Toutefois, cette hypothèse mérite une précision juridique importante. L’article 87 de la Constitution sénégalaise autorise effectivement le président de la République à dissoudre l’Assemblée nationale, après avoir recueilli les avis du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale. Mais cette prérogative est encadrée par une restriction temporelle : aucune dissolution ne peut intervenir durant les deux premières années de la législature.
Or, la quinzième législature a été officiellement installée le 2 décembre 2024. Au 3 novembre 2026, cette période de deux ans n’est donc pas encore arrivée à son terme. En l’état des dispositions constitutionnelles, une dissolution ne pourrait être envisagée qu’à partir de l’expiration de ce délai.
Le PLFR 2026, nouveau révélateur des tensions politiques
En attendant, les députés sont appelés à examiner le projet de loi de finances rectificative ce mardi 3 novembre. Le texte, défendu par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, doit permettre à l’État d’adapter ses prévisions budgétaires aux nouvelles contraintes financières.
Les désaccords portent notamment sur les subventions énergétiques, les bourses de sécurité familiale, les dépenses prioritaires et les arbitrages opérés dans le budget de l’État.
Le ministère des Finances a, de son côté, réaffirmé sa volonté de poursuivre les discussions avec les parlementaires. Il a également alerté sur les conséquences d’une prolongation du blocage, notamment pour la trésorerie publique et la mobilisation des financements extérieurs.
Ainsi, au-delà du sort du PLFR 2026, la confrontation entre Bassirou Diomaye Faye et la majorité parlementaire ouvre une nouvelle séquence politique dont les conséquences pourraient peser sur l’équilibre institutionnel du pays.
Reste à savoir si les députés parviendront à trouver un compromis autour du texte budgétaire ou si le désaccord continuera d’alimenter les spéculations sur une recomposition politique au sommet de l’État.
La Rédaction – Sunuker.net



















































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