Les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal disposent désormais de nouveaux moyens technologiques pour faire face aux attaques d’oiseaux granivores. Le Projet de Résilience et de Développement Communautaire de la Vallée du Fleuve Sénégal (PRDC-VFS) a acquis quatre drones, pour une enveloppe globale estimée à 80 millions de francs CFA, afin de renforcer les opérations de surveillance et de lutte contre les invasions aviaires.
La remise officielle de ces équipements au gouverneur de Saint-Louis a eu lieu le mardi 3 novembre 2026. Le matériel comprend deux grands drones destinés aux opérations de traitement et deux appareils plus petits dédiés à la prospection et au repérage des zones infestées.
Cette initiative répond à une préoccupation majeure des exploitants agricoles de la vallée, régulièrement confrontés aux dégâts provoqués par les oiseaux granivores, notamment dans les périmètres rizicoles. Selon Abou Sall, directeur du développement de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta et de la Falémé (SAED), ces invasions peuvent occasionner des pertes allant jusqu’à 30 % des récoltes de riz dans certaines zones.
Une réponse issue des priorités agricoles de la vallée
L’acquisition des appareils s’inscrit dans la feuille de route élaborée à partir d’une étude de cartographie des chaînes de valeur agricoles. Celle-ci avait identifié plusieurs filières prioritaires, notamment le riz, l’oignon et la tomate, pour lesquelles des actions de soutien et de modernisation étaient nécessaires.
Le coordonnateur du PRDC-VFS, Mamadou Diédhiou, a expliqué que la lutte contre les oiseaux granivores figurait parmi les besoins exprimés par les acteurs du secteur. Les échanges avec le gouverneur de Saint-Louis ont ensuite conduit le projet à travailler avec la SAED, la Direction de la protection des végétaux (DPV) et les autres services techniques concernés pour concrétiser cet investissement.
Les drones de prospection permettront notamment de localiser les zones de concentration des oiseaux avant les interventions. Les appareils de traitement viendront compléter le dispositif de lutte sur le terrain. Leur utilisation pourrait également être étendue à d’autres opérations agricoles, selon les besoins des producteurs.
La formation et la maintenance, des enjeux essentiels
Pour garantir l’efficacité du matériel, des agents de la DPV et de la SAED ont déjà bénéficié d’une formation initiale à son utilisation. Ils auront notamment pour mission de transmettre leurs compétences aux autres intervenants de la zone du projet.
La question de l’entretien et de la maintenance reste toutefois déterminante pour assurer la durabilité de cet investissement. Le PRDC-VFS et les structures techniques concernées devront définir les modalités de gestion des équipements afin d’éviter leur immobilisation et de garantir leur disponibilité pendant les périodes critiques de la campagne agricole.
Au-delà de Saint-Louis, le projet envisage également de renforcer la coopération avec la Mauritanie. Les oiseaux granivores ne tenant pas compte des frontières administratives, une coordination entre les deux pays pourrait améliorer la surveillance et l’organisation des interventions à l’échelle de la vallée.
Avec cet investissement de près de 80 millions de francs CFA, le PRDC-VFS entend ainsi contribuer à la protection des productions agricoles, à la réduction des pertes et au renforcement de la sécurité alimentaire dans cette importante zone de production du Sénégal.
La Redaction – Sunuker.net




















































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