Une nouvelle tragédie frappe la route migratoire de l’Atlantique. Une pirogue partie de Gambie début août avec plus de 120 personnes à bord a été retrouvée au sud des îles Canaries après près de quatre semaines en mer. Seuls 44 survivants et cinq corps ont été retrouvés à bord. Une ONG estime à 83 le nombre de personnes ayant péri durant la traversée, dont un bébé.
L’embarcation a été repérée mercredi par un avion de Salvamento Marítimo, à environ 120 kilomètres au sud de Grande Canarie. Le navire de secours Guardamar Urania est ensuite intervenu dans la nuit pour porter assistance aux passagers.
Les autorités espagnoles ont retrouvé 44 survivants, tous des hommes selon les premiers éléments communiqués, ainsi que cinq corps. Les mauvaises conditions météorologiques, avec une mer agitée, n’ont pas permis aux sauveteurs de récupérer immédiatement les dépouilles.
Les rescapés étaient dans un état de grande faiblesse. Plusieurs souffraient notamment de déshydratation et de désorientation. Trois personnes ont dû être évacuées par hélicoptère dans un état jugé grave.
Le bilan exact reste à établir, mais l’ONG espagnole Caminando Fronteras affirme que 83 personnes ont perdu la vie, parmi lesquelles trois femmes et un bébé. L’organisation s’appuie notamment sur les témoignages des survivants et sur les informations recueillies concernant l’embarcation.
La Garde civile a par ailleurs indiqué que les inscriptions présentes sur la coque correspondaient à celles d’une embarcation partie de Gambie le 7 août, avec plus d’une centaine de personnes à bord. Les survivants ont également raconté aux équipes de la Croix-Rouge que de nombreux passagers étaient morts pendant la traversée.
Cette nouvelle tragédie rappelle la dangerosité extrême de la route entre l’Afrique de l’Ouest et les Canaries. Des embarcations surchargées prennent régulièrement la mer depuis la Gambie, le Sénégal ou d’autres pays de la région, parfois pour plusieurs semaines, avec des réserves d’eau et de nourriture insuffisantes.
Au-delà des chiffres, le drame pose une nouvelle fois la question des causes profondes de l’émigration irrégulière : manque d’opportunités économiques, chômage des jeunes, précarité et espoir d’une vie meilleure. Pour les familles restées au pays, chaque départ représente désormais un risque de ne jamais revoir un proche.
La tragédie de cette pirogue rappelle surtout une réalité implacable : pour certains candidats au départ, le rêve d’atteindre l’Europe peut se transformer en une lutte désespérée pour survivre en pleine mer.
Sunuker News Desk
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