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Révision constitutionnelle : Thierno Bocoum appelle au rejet du projet et avance trois arguments majeurs

Révision constitutionnelle : Thierno Bocoum appelle au rejet du projet et avance trois arguments majeurs

Le débat sur la révision de la Constitution continue d’alimenter les prises de position au sein de la classe politique sénégalaise. Cette fois, c’est Thierno Bocoum, ancien député et président du mouvement AGIR–Les Leaders, qui s’est exprimé dans une tribune particulièrement critique à l’égard du projet de réforme examiné par l’Assemblée nationale.

Selon l’ancien parlementaire, plusieurs arguments avancés par les promoteurs de la réforme ne résisteraient pas à l’analyse des textes. Il invite ainsi les Sénégalais à s’opposer au projet, estimant que celui-ci soulève des interrogations tant sur le fond que sur la procédure.

Trois « contre-vérités » dénoncées

Dans son analyse, Thierno Bocoum affirme que certaines déclarations des défenseurs de la réforme seraient inexactes.

Le premier point concerne, selon lui, les engagements électoraux. L’ancien député soutient que le renforcement des prérogatives du Premier ministre ne figurait pas dans le programme présenté aux électeurs par le président Bassirou Diomaye Faye et le parti Pastef lors de la présidentielle de 2024. Il rappelle que les propositions rendues publiques faisaient plutôt référence à une évolution institutionnelle reposant notamment sur la suppression du poste de Premier ministre au profit d’un vice-président.

Le deuxième point porte sur le contenu du projet de révision. Thierno Bocoum affirme que le texte actuellement examiné diffère de l’avant-projet initial, évoquant notamment l’introduction de nouvelles dispositions, dont l’article 57, ainsi que des modifications apportées à la composition de la future Cour constitutionnelle au cours des travaux parlementaires.

Enfin, il estime que certaines observations formulées par le Conseil constitutionnel n’auraient pas été intégralement prises en compte dans la version soumise aux députés, citant notamment le maintien de dispositions qu’il juge contestées.

Trois raisons de voter contre, selon AGIR

Au-delà de ces critiques, le président d’AGIR-Les Leaders développe trois principaux arguments pour justifier son opposition au projet.

Le premier concerne l’équilibre institutionnel. Selon lui, plusieurs compétences initialement envisagées pour la future Cour constitutionnelle auraient été retirées, ce qui pourrait, à ses yeux, réduire les mécanismes de contrôle des institutions.

Le deuxième porte sur le rôle du Premier ministre. Thierno Bocoum estime que les nouvelles dispositions renforceraient considérablement les pouvoirs du chef du gouvernement, notamment en matière de conduite de l’action gouvernementale et de fonctionnement du Conseil des ministres.

Enfin, l’ancien député avance un argument d’ordre juridique. Il considère que certaines mesures prévues pourraient avoir des incidences financières sur les finances publiques, ce qui soulèverait, selon son interprétation, des questions de recevabilité au regard de l’article 82 de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Un débat qui continue de diviser

Cette nouvelle sortie intervient dans un contexte de fortes divergences autour du projet de révision constitutionnelle.

Au cours des dernières semaines, plusieurs acteurs politiques et représentants de la société civile ont exprimé leurs réserves sur la réforme. Parmi eux figurent le Forum du Justiciable, qui a appelé à davantage de transparence sur le processus, ainsi que la plateforme Aar Sunu Constitution, favorable à une concertation plus large avant toute modification de la Loi fondamentale.

À l’inverse, les partisans de la réforme estiment que le projet permettra de moderniser les institutions et de mettre en œuvre plusieurs recommandations issues des dialogues nationaux organisés ces dernières années.

Une réforme au cœur de l’actualité politique

L’examen du projet de révision constitutionnelle par l’Assemblée nationale constitue l’un des principaux rendez-vous politiques de cette fin de mois de juin.

Alors que les débats se poursuivent, les différentes sensibilités politiques continuent de défendre leurs positions respectives sur l’évolution des institutions sénégalaises. L’issue des discussions parlementaires sera suivie avec attention, tant par les acteurs politiques que par les organisations de la société civile et l’opinion publique.

Sunuker News Desk