La réforme constitutionnelle en discussion au Sénégal continue de susciter de vives tensions au sommet de l’État. Réunie ce dimanche 28 juin lors de la conférence des leaders de la coalition Diomaye Président, sa coordinatrice, Aminata Touré, a vivement dénoncé les amendements introduits par une partie des députés, qu’elle considère comme une remise en cause de l’équilibre institutionnel du pays. Elle a également évoqué la possibilité d’un recours au référendum si le projet de révision venait, selon elle, à dénaturer les prérogatives du chef de l’État.
L’ancienne Première ministre estime que le président de la République dispose, en vertu de la Constitution, de la faculté de consulter directement les citoyens sur des questions majeures touchant à l’organisation des institutions.
Selon elle, si les modifications proposées devaient transformer en profondeur l’esprit de la réforme initiale, le recours au référendum constituerait une voie légitime pour permettre au peuple sénégalais de se prononcer.
« Le peuple sénégalais n’acceptera pas qu’on lui impose un régime parlementaire déguisé. Si nécessaire, nous irons au référendum », a déclaré Aminata Touré, rappelant que cette prérogative appartient exclusivement au président de la République.
La coordinatrice de la coalition présidentielle affirme que le projet transmis au Parlement s’appuyait sur les recommandations issues des concertations nationales consacrées à la justice et aux réformes politiques. À ses yeux, les amendements adoptés lors des travaux parlementaires auraient profondément modifié l’économie générale du texte.
Elle considère que ces changements dépassent de simples ajustements techniques et risquent de modifier durablement les rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif.
Au cours de son intervention, Aminata Touré a soutenu que le Sénégal demeure un régime présidentiel dans lequel le chef de l’État est le garant du fonctionnement régulier des institutions.
Elle s’est inquiétée de certaines propositions visant notamment à limiter le pouvoir présidentiel de dissolution de l’Assemblée nationale ou à renforcer davantage les mécanismes de contrôle parlementaire, estimant que ces dispositions pourraient créer un déséquilibre institutionnel au détriment de l’exécutif.
Au-delà du débat institutionnel, l’ancienne cheffe du gouvernement a invité les parlementaires à concentrer leurs travaux sur les préoccupations quotidiennes des populations.
Elle a cité, entre autres, les défis liés à l’emploi des jeunes, au soutien au secteur agricole, à la lutte contre la vie chère ainsi qu’à l’amélioration des conditions sociales, estimant que ces questions devraient constituer les priorités de l’action publique.
Les discussions autour de la révision constitutionnelle interviennent dans un contexte politique marqué par d’importants débats sur l’évolution des institutions sénégalaises. Les réformes proposées, inspirées en partie des recommandations issues des dialogues nationaux, continuent de susciter des prises de position contrastées entre les différentes composantes de la classe politique.
Alors que le texte poursuit son parcours institutionnel, les échanges devraient se poursuivre dans les prochains jours, avec en toile de fond la recherche d’un équilibre entre le renforcement des institutions, le respect de la Constitution et la stabilité démocratique du Sénégal.
Sunuker News Desk
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