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[ REPORTAGE ] Préjugés, drogue, agression : « Boudiou Man », « Dirty job » ou une activité mal connue

C’est très tôt le matin avant la levée du soleil que les récupérateurs d’ordures, communément appelé « boudiou man » au Sénégal, quittent leurs domiciles. Dans ce reportage, Dakaractu vous installe au cœur de ce métier, en traçant le quotidien de ces derniers.
Leur présence a fortement été notée à la Médina, où Mamadou Lamine Samb qui est l’un d’entre eux,  considère son métier comme noble. « Ça c’est mon trésor » dit-il. Dans ses propos, ce dernier précise que la plupart des « boudiou man » sont obligés de se lever chaque jour aux alentours de 6 heures du matin pour vendre leur collecte de la veille avant de se lancer à nouveau sur un autre parcours.
Bien avant, Mamadou ne collectait que des cannettes et bouteilles vides, maintenant ce dernier exploite le plus de bouteilles possibles, car c’est ce qui est le plus demandé.
Après avoir fouillé plusieurs  poubelles dans différents endroits, Mamadou se dirige tout droit au bord de la plage de Soumbédioune où il distribue son argent gagné aux talibés et achète quelques biscuits pour les mouettes, sans oublier le pain pour son déjeuner. Cependant il précise qu’il ne gaspille jamais son argent pour de la drogue « guinz » comme le font la plupart de ses amis « boudiou man », néanmoins il précise que ce fumer de la cigarette est son principal défaut.
Ce n’est pas tous les « boudiou man » qui ont une vie rangée comme Mamadou. On a croisé un de ses camarades au cours de notre reportage. Au premier regard on peut en déduire que ce dernier est rongé par l’utilisation excessive de « diluant ». Sa voix et ses muscles pris dans un trémolo, il ne cessait de grelotter.
Dans notre reportage, nous ne nous sommes pas limité uniquement dans la ville de Dakar, nous sommes aussi allés jusqu’à la commune de Malika, précisément à Mbeubeuss où toutes les ordures collectées sont déversées.
Ici des « boudiou man » ont même installé des tentes pour y loger, mais il a aussi été noté que des jeunes, qui fuguent de leur famille, s’insérent des fois dans les rangs de ces travailleurs, des jeunes totalement désœuvrés.
Leur métier de récupérateur,  même s’il est plein de risques et de difficultés, femmes comme hommes,  tiennent à ce qu’ils soient respectés et considérés comme n’importe quel autre citoyen.
« Il y a beaucoup de stigmatisation, les gens ont des mauvais jugements envers nous, on nous taxe de tous les noms, mais Dieu seul sait que c’est avec ça qu’on nourrit nos familles », nous dit Yoro Diop récupérateur d’ordures à Mbeubeuss.
Ainsi, il lance un appel à l’État du Sénégal à bien les prendre en considération et les impliquer dans ses projets de soutien social, vu leur importance pour la société.
N'diawar Diop

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