À la veille d’une nouvelle étape dans le processus de formation du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu a lancé une sévère mise en garde contre une éventuelle alliance entre les formations de l’opposition et les partis arabes. Dans une déclaration vidéo diffusée samedi, le Premier ministre affirme qu’un tel exécutif pourrait, selon lui, déstabiliser Israël de l’intérieur.
La bataille pour la formation du prochain gouvernement israélien prend une tournure particulièrement tendue. Samedi 7 novembre 2026, le Premier ministre Benjamin Netanyahu est intervenu dans une allocution vidéo pour dénoncer la possibilité d’une coalition entre le bloc d’opposition et des formations politiques arabes.
Le chef du gouvernement n’a pas mâché ses mots. Il a estimé qu’un exécutif dépendant du soutien des partis islamistes conduirait à une déstabilisation profonde de l’État israélien.
« Un tel gouvernement, dépendant des islamistes, démantèlera l’État d’Israël de l’intérieur, comme cela se produit dans les pays européens, et dans des proportions bien plus graves encore », a-t-il déclaré.
Ces propos s’inscrivent dans une offensive politique visant à dissuader les formations susceptibles de soutenir une coalition alternative de s’engager dans cette voie.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement délicat pour Netanyahu. À l’issue des élections du 27 octobre, aucun des deux grands blocs n’a obtenu de majorité suffisante pour gouverner seul.
Le camp de l’opposition, conduit par Gadi Eisenkot, cherche à réunir les soutiens nécessaires pour constituer une nouvelle majorité. Certaines configurations envisagées pourraient reposer sur l’appui parlementaire de formations arabes, notamment Ra’am et la Liste commune.
Selon les informations rapportées par la presse israélienne, 67 parlementaires ont recommandé Eisenkot au président Isaac Herzog pour recevoir le mandat de formation du gouvernement, contre 46 pour Netanyahu.
Le président israélien doit désormais désigner le candidat chargé de tenter de constituer le prochain exécutif.
Face à cette perspective, le Premier ministre sortant plaide pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale réunissant les partis du camp national et les formations sionistes qu’il considère comme attachées à la préservation de l’État d’Israël.
Il présente une coalition reposant sur le soutien de partis arabes comme une menace pour la sécurité nationale et l’identité juive de l’État. Des accusations qui s’inscrivent dans un débat politique profondément polarisé sur la place des partis arabes dans les institutions israéliennes.
La formation de la prochaine majorité ne relève toutefois pas uniquement des déclarations des responsables politiques : elle dépendra des négociations parlementaires, des alliances possibles et de la décision du président Isaac Herzog.
Au-delà de l’affrontement entre Netanyahu et ses adversaires, cette séquence met en lumière les profondes divisions qui traversent la société israélienne. La question de la participation ou du soutien des partis arabes à un futur gouvernement cristallise des divergences majeures sur l’identité de l’État, la sécurité et la représentation politique de ses citoyens.
La déclaration du Premier ministre témoigne également de l’intensité de la bataille politique qui se joue autour de la constitution du prochain gouvernement.
Dans cette confrontation, les mots sont devenus des armes politiques. En invoquant le risque d’un effondrement de l’État, Netanyahu cherche à placer ses adversaires devant une lourde responsabilité historique. Mais la véritable épreuve démocratique reste ailleurs : les dirigeants israéliens sauront-ils dépasser leurs lignes rouges pour construire une majorité capable de gouverner, sans transformer les citoyens arabes et leurs représentants en boucs émissaires d’une crise politique qui concerne l’ensemble du pays ?
Sunuker News Desk
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