Pikine : une plainte pour vol de 300 000 FCFA vire à une affaire de prostitution présumée, deux personnes en garde à vue
Une banale plainte pour vol a pris une tournure inattendue au commissariat d’arrondissement de Pikine. Une marchande de 30 ans, venue dénoncer la disparition de 300 000 FCFA à son domicile, s’est finalement retrouvée elle aussi en garde à vue. Le jeune homme qu’elle accuse, âgé de 19 ans, a été interpellé après près d’un mois de recherches. Les investigations policières ont également fait émerger des accusations liées à la prostitution non déclarée.
L’affaire remonte au 2 octobre 2026. Ce jour-là, A. Sarr, commerçante domiciliée à Pikine Technopole, se présente au commissariat pour porter plainte contre S. F. Guèye, un vendeur de poisson séché de 19 ans résidant à Thiaroye-Gare.
Dans sa déposition, la plaignante explique que le jeune homme se trouvait à son domicile aux environs de 13 heures. Profitant du moment où elle prenait sa douche, il aurait subtilisé sa pochette contenant, selon elle, 300 000 francs CFA, avant de disparaître.
Malgré les recherches engagées par les enquêteurs, le suspect ne sera retrouvé que le 31 octobre, vers 20 heures, soit près d’un mois après les faits dénoncés.
Deux versions contradictoires sur le montant du vol
Lors de son audition, S. F. Guèye aurait reconnu avoir pris de l’argent, tout en contestant catégoriquement le montant avancé par la plaignante. Selon sa version, la somme concernée ne serait que de 20 000 FCFA, loin des 300 000 FCFA évoqués dans la plainte.
Le jeune homme a ensuite livré aux enquêteurs des éléments concernant la nature de ses relations avec A. Sarr. Il affirme avoir fait sa connaissance sur TikTok et soutient qu’elle lui proposait régulièrement des prestations sexuelles rémunérées.
Une version immédiatement contestée par la marchande. Toutefois, l’exploitation de son téléphone portable par les enquêteurs aurait permis de découvrir plusieurs publications sur TikTok proposant des rapports sexuels contre rémunération.
Confronté à la plaignante, le mis en cause a maintenu ses déclarations. Il a également affirmé que cette dernière lui aurait proposé des rapports sexuels sans protection. Ces accusations ont conduit les enquêteurs à envisager un dépistage du VIH, dans le cadre des vérifications sanitaires évoquées au cours de la procédure. Aucun résultat sérologique n’a toutefois été communiqué.
La plaignante devient à son tour mise en cause
Au terme des investigations, les deux protagonistes ont fait l’objet de mesures de garde à vue pour des motifs distincts. S. F. Guèye est poursuivi pour vol, tandis qu’A. Sarr est visée pour défaut d’inscription au fichier sanitaire et social, conformément à la réglementation sénégalaise encadrant l’exercice de la prostitution.
Il faut rappeler que la prostitution n’est pas, en elle-même, interdite au Sénégal. Elle demeure toutefois soumise à un encadrement légal, notamment par la loi n° 66-21 du 1er février 1966, qui prévoit l’inscription au fichier sanitaire et social ainsi qu’un suivi médical périodique.
Par ailleurs, la loi sénégalaise n° 2010-03 du 9 avril 2010 relative au VIH et au sida garantit le caractère volontaire du dépistage, sauf dans les cas expressément prévus par la loi, notamment sur décision de l’autorité judiciaire.
À l’issue de la procédure policière, les deux personnes ont été déférées devant le procureur de la République, Saliou Dicko, pour les suites judiciaires.
Une affaire aux multiples rebondissements qui rappelle que derrière une plainte initiale pour vol peuvent surgir d’autres infractions présumées, dont l’appréciation relève désormais de l’autorité judiciaire.
Sunuker News Desk





















































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