Le secteur des hydrocarbures au Sénégal enregistre de nouvelles données financières et opérationnelles. D’après le dernier rapport trimestriel de l’opérateur Woodside, le principal gisement pétrolier du pays, Sangomar, a accusé un ralentissement de sa production entre juillet et septembre 2026. Une baisse conjuguée à un phénomène de déclin naturel, bien que les performances financières globales de la compagnie restent globalement au beau fixe sur l’ensemble de l’année.
Un volume en baisse au T3 2026
Pour l’ensemble du projet Sangomar, la production moyenne s’est établie à 94 000 barils par jour durant le troisième trimestre, dont 73 000 barils par jour attribués directement à Woodside, affichant au passage un taux de fiabilité opérationnelle remarquable de 99,2 %.
Cependant, les volumes nets retirés par l’opérateur ont fléchi. Le volume de production attribué à Woodside est tombé à 6,758 millions de barils, marquant une baisse sensible d’environ 14 % par rapport au trimestre précédent (7,854 millions de barils). En glissement annuel, le recul est également notable par rapport au troisième trimestre 2025 (où 7,516 millions de barils avaient été comptabilisés), soit une diminution d’environ 10,1 %. Sur les neuf premiers mois de l’année 2026, le volume cumulé s’établit à 21,764 millions de barils contre 21,922 millions un an plus tôt, soit un léger fléchissement de 0,7 %.
Les raisons de ce repli : déclin naturel et partage de production
Pour justifier cette évolution baissière, Woodside avance deux arguments majeurs :
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Le déclin naturel du réservoir : Une phase inhérente à l’exploitation des gisements pétroliers après le pic des premiers mois de production.
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Le mécanisme contractuel : Une réduction de la part nette revenant à l’entreprise dans le cadre du contrat de partage de production, consécutive à l’apurement total des coûts qu’elle avait investis en amont de la décision finale d’investissement (FID).
Des revenus globaux en progression malgré tout
Sur le plan financier, la tendance trimestrielle accuse logiquement le coup : les revenus générés par Woodside sur le gisement sont passés de 763 millions de dollars au deuxième trimestre à 659 millions de dollars au troisième trimestre (soit une baisse de 13,6 %).
Néanmoins, la performance financière sur neuf mois reste impressionnante. Le cumul des revenus engrangés par l’entreprise atteint 1,946 milliard de dollars (environ 1 100 milliards de FCFA) pour les trois premiers trimestres de 2026, contre 1,468 milliard de dollars sur la même période en 2025. Cela représente une embellie de l’ordre de 32,6 %, portée par une conjoncture favorable sur les périodes précédentes.
Quid des retombées pour l’État sénégalais ?
Le document de l’opérateur ne lève pas totalement le voile sur les montants exacts perçus par l’État du Sénégal au cours de ce trimestre. Pour rappel, les services étatiques avaient fait état de 37,6 milliards de francs CFA de rentrées issues des hydrocarbures lors du deuxième trimestre, mais aucune communication officielle n’a encore été publiée concernant le troisième trimestre 2026.
Ces chiffres relancent les interrogations des experts sur la trajectoire future de la production à Sangomar, le rythme d’épuisement des réserves, ainsi que l’impact réel de la fin de la récupération des coûts sur le partage des profits entre l’État et ses partenaires stratégiques.
La Rédaction











































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