Le Sénégal renforce son positionnement sur la scène internationale dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle (IA). À l’occasion de la première édition du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, organisée les 6 et 7 juillet 2026 à Genève sous l’égide des Nations unies, Dakar a porté un plaidoyer fort en faveur d’un accès plus équitable aux technologies de pointe pour les pays en développement.
Cette rencontre historique, initiée à la suite d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies dans le prolongement du Pacte numérique mondial (Global Digital Compact) adopté en 2024, réunit gouvernements, organisations internationales, chercheurs, entreprises technologiques, universitaires et représentants de la société civile afin de jeter les bases d’une gouvernance mondiale responsable, inclusive et sécurisée de l’intelligence artificielle.
Preuve de la reconnaissance grandissante de son engagement dans la transformation numérique en Afrique, le Sénégal a été choisi pour coprésider l’un des principaux panels de cette première session.
Le ministre des Télécommunications, du Numérique et de l’Économie numérique, Samba Diouf, a animé les travaux aux côtés de Jovan Kurbalija, directeur exécutif de la DiploFoundation, autour d’un thème stratégique : la réduction des fractures numériques, le renforcement des capacités nationales et le développement des infrastructures indispensables à l’intelligence artificielle.
Dans son intervention, le ministre sénégalais a rappelé que l’intelligence artificielle transforme déjà les économies, les systèmes éducatifs, la santé, l’agriculture et les administrations publiques à travers le monde.
« L’intelligence artificielle façonne désormais notre quotidien et influencera durablement notre avenir. Son développement ne peut être bénéfique que si tous les pays disposent des mêmes opportunités d’accès », a-t-il déclaré.
Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu dépasse largement l’accès aux outils numériques.
Le gouvernement souhaite permettre au pays, et plus largement au continent africain, de devenir un véritable producteur de solutions technologiques adaptées à ses réalités économiques, linguistiques et sociales.
Cette vision s’inscrit dans le cadre du New Deal Technologique, la stratégie nationale lancée par le président Bassirou Diomaye Faye, qui vise notamment à renforcer les infrastructures numériques, développer les centres de données, promouvoir les logiciels libres, améliorer la souveraineté numérique et valoriser les données publiques.
L’objectif affiché est de faire émerger un écosystème capable de concevoir localement des applications d’intelligence artificielle dans des secteurs tels que la santé, l’agriculture, l’éducation, la justice, les transports ou encore les services publics.
Les discussions ont également mis en évidence les obstacles auxquels restent confrontés de nombreux pays en développement.
Plusieurs intervenants, dont des représentants de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ainsi que de plusieurs États africains et latino-américains, ont rappelé que l’intelligence artificielle ne peut prospérer sans infrastructures solides.
Parmi les priorités identifiées figurent :
Sans ces investissements, le risque est de voir se creuser davantage la fracture technologique entre les pays industrialisés et les économies émergentes.
Un autre enjeu majeur a dominé les débats : la diversité linguistique.
Aujourd’hui, la majorité des grands modèles d’intelligence artificielle sont principalement entraînés à partir de contenus disponibles en anglais, en chinois, en espagnol ou dans quelques autres langues largement représentées sur Internet.
Or, selon les données présentées durant le Dialogue, moins d’un millier des quelque 7 000 langues parlées dans le monde disposent de ressources numériques suffisantes pour être correctement intégrées aux systèmes d’intelligence artificielle.
Pour le Sénégal, cette situation constitue un risque réel pour la préservation des langues nationales africaines, des savoirs traditionnels et du patrimoine culturel.
Les participants ont ainsi appelé à investir davantage dans la numérisation des langues locales et dans le développement de modèles d’IA capables de refléter la diversité culturelle mondiale.
Dans un message adressé aux participants, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a rappelé l’urgence d’encadrer le développement de cette technologie.
Il a estimé que l’intelligence artificielle représente une opportunité extraordinaire pour accélérer le développement humain, tout en soulignant qu’elle comporte également des risques majeurs en matière de désinformation, de cybersécurité, de protection des données personnelles et de respect des droits fondamentaux.
Les conclusions des travaux de Genève serviront de base aux futures négociations internationales sur la gouvernance de l’IA et alimenteront les discussions prévues lors du prochain sommet AI for Good, avant une nouvelle session du Dialogue mondial programmée à New York en 2027.
En prenant une place active dans ces discussions stratégiques, le Sénégal confirme son ambition de devenir l’un des leaders africains de la transformation numérique et un acteur influent dans la définition des règles internationales qui encadreront l’intelligence artificielle de demain.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk
La redoutable « route de l'Atlantique » continue d'attirer de nombreux jeunes Ouest-Africains, malgré les…
La Place Washington renforce son dispositif. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique,…
L'attente se prolonge à l'Assemblée nationale. La très stratégique session extraordinaire de la représentation nationale…
Mondial 2026 : l'Espagne éteint les Bleus et file en finale ! La France impuissante…
Chronique | Plus jamais ça ! Dissoudre la FSF et repartir de zéro Mondial 2026…
Doha : la rencontre entre Macky Sall et Karim Wade relance les spéculations sur les…