Mondial 2026 : Le plus grand échec n’était pas sur le terrain… il était dans les bureaux de la FSF !
Pape Thiaw sacrifié, les vrais responsables toujours aux commandes !
Le football sénégalais vient de vivre l’une des plus grandes humiliations de son histoire moderne. Et le plus inquiétant n’est même pas l’élimination au Mondial 2026. Le plus grave, c’est ce qui s’est passé après.
Chaque jour apporte son lot de révélations, de conférences de presse, de justifications, de règlements de comptes et de tentatives de sauver les meubles. Au lieu d’assumer collectivement cet échec retentissant, chacun semble chercher un responsable. Le plus facile, évidemment, c’est Pape Bouna Thiaw.
Hier encore, il était le héros que tout le monde applaudissait. Aujourd’hui, il est devenu le coupable idéal. Comme si un sélectionneur, à lui seul, choisissait le staff médical, organisait les déplacements, préparait la logistique, gérait l’administration, recrutait les accompagnateurs et dirigeait toute une fédération.
Il faut arrêter de prendre les Sénégalais pour des naïfs.
Une Coupe du monde ne se perd pas uniquement sur un terrain. Elle se perd dans les bureaux, dans l’amateurisme, dans les mauvaises décisions, dans les ego, dans les improvisations et dans une gouvernance incapable d’anticiper les problèmes.
Les révélations qui se succèdent depuis quelques jours donnent l’image d’une institution qui découvre ses propres dysfonctionnements après la catastrophe. On nous explique aujourd’hui qu’il existait des problèmes internes, une rupture de confiance avec le sélectionneur et même une polémique inédite concernant le profil du médecin de l’équipe nationale, aussitôt contestée par les spécialistes de la médecine du sport. Comment une fédération sérieuse peut-elle laisser une telle confusion éclater au grand jour après une Coupe du monde ?
Le plus choquant reste peut-être cette impression d’improvisation permanente. On découvre les problèmes après les défaites. On découvre les erreurs après l’élimination. On découvre les responsabilités quand tout est déjà perdu.
Et pendant ce temps, le football sénégalais recule.
Ironie de l’histoire, certains avaient présenté l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante comme le début d’une nouvelle ère. Moins de six mois plus tard, le Sénégal quitte la Coupe du monde avec une élimination prématurée, un sélectionneur limogé, des polémiques en cascade, une crédibilité écornée et une fédération qui se défend davantage qu’elle n’explique.
La question mérite d’être posée : fallait-il vraiment changer une équipe dirigeante à quelques mois du plus grand rendez-vous mondial ? Était-ce le moment idéal pour bouleverser les équilibres ? Les réponses appartiennent à chacun, mais le résultat est aujourd’hui sous les yeux de tous.
Le président Abdoulaye Fall a parfaitement le droit de s’expliquer devant les Sénégalais. Mais il ne peut pas donner l’impression que toutes les responsabilités reposent exclusivement sur le sélectionneur. Une fédération assume les victoires ensemble. Elle assume aussi les échecs ensemble.
Les Lions appartiennent au peuple sénégalais. Ils ne sont ni la propriété d’un président de fédération ni celle d’un entraîneur. Lorsque tout un système échoue, c’est tout le système qui doit être remis en question.
Le ministre des Sports ne peut pas rester simple spectateur de cette débâcle. Sans préjuger d’éventuelles responsabilités individuelles, il est de son devoir d’exiger un audit indépendant, de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements révélés après le Mondial et de tirer les conséquences qui s’imposent si des manquements sont établis.
Le football sénégalais mérite mieux que les querelles de personnes. Il mérite une gouvernance moderne, transparente, compétente et responsable. Il mérite des dirigeants qui préparent les compétitions plusieurs années à l’avance et non des gestionnaires qui découvrent les problèmes une fois l’avion du retour posé à Dakar.
Le Sénégal possède des joueurs de classe mondiale, des supporters extraordinaires et un potentiel immense. Ce qui lui manque aujourd’hui, c’est une gouvernance à la hauteur de ses ambitions.
Plus jamais ça.
Cette Coupe du monde doit servir de leçon. Elle doit marquer la fin d’une culture où les responsabilités disparaissent derrière les conférences de presse, les communiqués et les boucs émissaires.
Le football sénégalais ne se reconstruira pas avec des excuses. Il se reconstruira avec la vérité, la compétence, la transparence et le courage de remettre en question tout ce qui doit l’être.
Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas les dirigeants qui ont perdu. C’est tout un peuple qui a été déçu.
Par Ndiawar Diop www.ndiawardiop.com
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