Le nord-est du Nigeria replonge dans l’horreur. Au moins 37 personnes, dont 36 élèves et un membre du personnel éducatif, sont toujours portées disparues après une attaque menée contre un établissement scolaire dans l’État de Borno, une région en proie à l’insurrection djihadiste depuis plus de quinze ans. Cette nouvelle tragédie ravive les inquiétudes sur la sécurité des écoles dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
L’attaque s’est produite dans la matinée du 29 juin au Government Day Secondary School de Lassa, dans la zone d’Askira-Uba. Selon les autorités locales, des hommes armés, soupçonnés d’appartenir au groupe État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont fait irruption dans l’établissement alors que les élèves passaient leurs examens de fin d’année. Les assaillants ont ouvert le feu avant d’enlever de nombreux élèves et membres du personnel. Au moins trois personnes, dont un enseignant et un militaire, ont perdu la vie au cours de l’attaque.
Dans un premier temps, l’armée nigériane avait annoncé avoir secouru plusieurs captifs à la suite d’une intervention rapide. Cependant, un bilan actualisé communiqué par les autorités de l’État de Borno fait état de 36 élèves — 25 filles et 11 garçons — ainsi que d’un membre du personnel toujours retenus par leurs ravisseurs, tandis que huit personnes, dont le vice-principal de l’établissement, ont pu être libérées.
Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a dépêché une délégation de hauts responsables dans la localité de Lassa afin de coordonner les opérations de recherche et d’apporter un soutien aux familles des victimes. Les forces de sécurité poursuivent leurs opérations dans les zones forestières voisines, avec l’appui des communautés locales et des services de renseignement, dans l’espoir de retrouver rapidement les personnes enlevées.
Cette attaque rappelle les heures les plus sombres de l’insurrection de Boko Haram, notamment l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, qui avait suscité une mobilisation internationale sous le mot-dièse #BringBackOurGirls. Depuis lors, les écoles du nord du Nigeria demeurent des cibles privilégiées des groupes armés, qui utilisent les enlèvements comme moyen de pression politique, de propagande ou d’extorsion de rançons.
Au-delà de la menace djihadiste, le Nigeria est confronté à une multiplication des enlèvements perpétrés par des groupes criminels, communément appelés « bandits », particulièrement actifs dans les régions du nord et du centre du pays. Les établissements scolaires sont régulièrement pris pour cible, compromettant gravement l’accès à l’éducation et alimentant un climat de peur au sein des populations.
Les organisations internationales, dont l’UNICEF, ont à plusieurs reprises alerté sur les conséquences de cette insécurité chronique pour des millions d’enfants nigérians. Elles appellent au renforcement de la protection des établissements scolaires, à une meilleure sécurisation des zones rurales et à la poursuite des efforts visant à garantir le droit à l’éducation dans les régions affectées par les conflits.
Alors que les recherches se poursuivent, l’angoisse grandit parmi les familles des élèves disparus, qui espèrent un dénouement rapide. Cette nouvelle attaque rappelle que, malgré les succès militaires enregistrés ces dernières années contre les groupes extrémistes, le nord-est du Nigeria demeure l’un des principaux foyers d’instabilité sécuritaire du continent africain.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk
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