La récente participation du Sénégal aux Championnats du monde de tir sportif à Munich suscite des interrogations sur les conditions de préparation et l’utilisation des ressources consacrées à cette discipline. Dans une contribution rendue publique, Babacar Guéye, président du Club Keew, appelle à une réflexion collective afin de renforcer la compétitivité du tir sportif sénégalais.
Selon lui, l’engagement des responsables et des différents acteurs du secteur ne fait aucun doute. Toutefois, les résultats obtenus sur la scène internationale invitent à analyser avec lucidité l’organisation des délégations, les dispositifs de préparation et l’efficacité des moyens mobilisés.
Dans une discipline où la précision technique est intimement liée à la stabilité mentale, Babacar Guéye estime que l’environnement de l’athlète joue un rôle déterminant. Il plaide ainsi pour une meilleure adéquation entre les besoins des tireurs et les ressources humaines et logistiques déployées lors des compétitions internationales.
L’auteur de la contribution souligne également la nécessité de revoir les cycles de préparation. S’appuyant sur les enseignements tirés des compétitions internationales récentes, notamment celles organisées au Caire en 2025, il recommande la mise en place de stages réguliers de haut niveau, de regroupements plus fréquents et d’un accompagnement multidisciplinaire intégrant les dimensions techniques, médicales et psychologiques.
Pour Babacar Guéye, la performance sportive repose avant tout sur des moyens adaptés. Il relève que les tireurs sénégalais sont confrontés à plusieurs contraintes, notamment l’accès aux munitions, le renouvellement du matériel de compétition et l’insuffisance des infrastructures spécialisées. À ses yeux, ces investissements constituent des préalables indispensables pour permettre aux athlètes nationaux d’évoluer dans des conditions comparables à celles de leurs concurrents étrangers.
Sur le plan budgétaire, il préconise une approche davantage axée sur les priorités stratégiques. Sans remettre en cause les choix opérés jusqu’ici, il estime qu’un recentrage des dépenses vers la formation, les équipements de pointe et la préparation intensive permettrait d’améliorer l’impact des ressources disponibles. Il suggère également des délégations plus resserrées, orientées avant tout vers l’accompagnement direct des sportifs.
Présentée comme une contribution constructive, cette réflexion se veut un appel à l’action en faveur d’un développement durable du tir sportif sénégalais. Babacar Guéye invite ainsi la Fédération, les autorités de tutelle, le mouvement olympique et l’ensemble des acteurs concernés à ouvrir un cadre de concertation inclusif afin de définir une vision commune pour l’avenir de la discipline.
Selon lui, c’est à travers une gouvernance transparente, une meilleure planification et une mobilisation collective que le Sénégal pourra créer les conditions nécessaires à l’émergence de performances de haut niveau dans le tir sportif.
Yande Diop
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