À travers « Mémoire en marche », Aliou Sané et Ndèye Marame Guèye replongent dans l’une des périodes les plus mouvementées de l’histoire politique récente du Sénégal. Produit par Kansala Media Group (KMG), ce documentaire de 90 minutes revient sur les mobilisations et les bouleversements qui ont marqué le pays entre 2021 et 2024, tout en interrogeant, en 2026, ce qu’il reste de ces années de contestation, de douleur et d’engagement citoyen.
« Une Nation, un récit, une histoire. » Le triptyque résume l’ambition de « Mémoire en marche », dont la bande-annonce vient de dévoiler les premières images.
Co-réalisé par le journaliste et acteur du mouvement citoyen Y’en a marre Aliou Sané et Ndèye Marame Guèye, le film entend revenir sur les événements qui ont profondément marqué la société sénégalaise au cours de la période 2021-2024.
Plutôt que de proposer une simple succession d’événements, les réalisateurs ont choisi de placer les témoignages et les expériences humaines au cœur du récit. Manifestants, familles, victimes, citoyens engagés et acteurs de cette période donnent ainsi leur lecture d’une séquence durant laquelle les questions de démocratie, de justice, de libertés publiques et d’État de droit ont occupé une place centrale dans le débat national.
Les années 2021 à 2024 ont été marquées par plusieurs vagues de manifestations et de fortes tensions politiques au Sénégal. Ces épisodes ont laissé des traces profondes dans la société, notamment chez les personnes blessées, les familles ayant perdu un proche et celles confrontées aux arrestations et aux détentions.
« Mémoire en marche » entend préserver ces paroles et ces vécus, alors que les interprétations de cette période restent parfois divergentes.
Le documentaire accorde ainsi une place importante à la dimension humaine des événements. Derrière les affrontements politiques et les mobilisations de rue, il donne à voir des trajectoires individuelles, des traumatismes, des espoirs et des interrogations qui continuent de traverser la société sénégalaise.
L’objectif n’est pas uniquement de revenir sur ce qui s’est passé, mais également de questionner la manière dont une société conserve la trace de ses crises et transmet cette mémoire aux générations suivantes.
Le film établit un dialogue entre les événements de 2021-2024 et le Sénégal de 2026. Plusieurs questions structurent cette réflexion : que reste-t-il des mobilisations citoyennes de cette période ? Quelles réponses ont été apportées aux familles des victimes ? Comment aborder les questions de justice, de responsabilité et de réparation ? Et surtout, comment construire un récit national qui puisse intégrer les différentes mémoires de cette séquence ?
Ces interrogations dépassent le seul cadre des affrontements politiques. Elles renvoient également à la capacité des institutions et de la société à regarder leur passé, à reconnaître les blessures et à tirer les enseignements des crises traversées.
Le documentaire s’inscrit ainsi dans une démarche de transmission, avec l’idée que la mémoire collective peut contribuer à comprendre le présent et à réfléchir aux conditions d’un avenir commun.
D’une durée de 90 minutes, « Mémoire en marche » sera proposé en wolof et en français, avec un sous-titrage en français. Le choix du bilinguisme vise à rapprocher le récit documentaire des réalités quotidiennes et des différentes voix qui composent la société sénégalaise.
Au-delà des personnalités politiques et des figures publiques, le film met en avant des citoyens ordinaires, directement ou indirectement confrontés aux événements. Leurs témoignages constituent la matière première d’un récit qui cherche à restituer la complexité d’une période encore proche.
Prévu pour une diffusion en format DCP, le documentaire se présente ainsi comme un travail de mémoire autant qu’un objet de réflexion sur la démocratie et la citoyenneté.
À travers les images, les témoignages et les souvenirs recueillis, Aliou Sané, Ndèye Marame Guèye et KMG posent finalement une question qui dépasse les seuls événements de 2021-2024 : comment une nation peut-elle regarder ses blessures en face sans renoncer à construire son avenir ?
Avec « Mémoire en marche », le passé n’est donc pas présenté comme une page définitivement tournée. Il demeure une matière vivante, susceptible de nourrir le débat public et de contribuer à la construction du récit collectif du Sénégal.
Sunuker News Desk
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