La ville de Casablanca, au Maroc, abritera du 6 au 8 novembre 2026 un colloque international consacré au soufisme, à la paix et au dialogue entre les civilisations. Organisée par Jamhiyatou Ansaarud-Din – Groupement Maroc, une association regroupant des disciples de Baye Niass, cette rencontre ambitionne de valoriser les liens historiques et spirituels entre le Sénégal et le Royaume chérifien.
Les échanges seront placés sous le thème : « Diplomatie spirituelle et relations bilatérales : le rôle des États et des chefs religieux dans le renforcement du rapprochement entre le Maroc et le Sénégal ». Des responsables institutionnels, diplomates, guides religieux, universitaires et chercheurs des deux pays sont annoncés parmi les participants.
Pendant trois jours, les intervenants examineront la contribution des confréries soufies à la préservation de la paix, à la promotion du dialogue interculturel et au développement des relations entre les peuples. Les discussions devraient également mettre en lumière la manière dont les réseaux religieux et les échanges intellectuels peuvent compléter les mécanismes traditionnels de coopération diplomatique.
Cheikh Ibrahim Niass, une figure centrale de la proximité maroco-sénégalaise
L’héritage de Cheikh Ibrahim Niass, également connu sous le nom de Baye Niass, occupera une place importante dans les travaux. Figure majeure de la Tijaniyya au XXe siècle, le guide religieux sénégalais a entretenu des relations étroites avec le Maroc et contribué au rayonnement de la confrérie au-delà des frontières nationales.
Cette proximité est notamment documentée par le ministère marocain des Habous et des Affaires islamiques. Dans une allocution publiée en 2016, le ministre Ahmed Toufiq rappelait que Cheikh Ibrahim Niass avait reçu l’enseignement de la Tijaniyya à Fès en 1937 et qu’il avait rendu visite au roi Mohammed V durant son exil à Madagascar, en 1953. <Cite refs={[« turn680981search1 »]}/>
Les communications annoncées devraient aussi revenir sur les relations du guide avec les autorités religieuses marocaines, ses contributions aux Dourouss Hassaniya ainsi que son apport intellectuel et spirituel. D’autres grandes figures de l’histoire religieuse sénégalaise, notamment Cheikh Omar Al Foutiyou Tall, El Hadj Abdoulaye Niass et El Hadj Malick Sy, seront également évoquées pour leur rôle dans la transmission et le développement des liens confrériques entre les deux pays.
Un héritage spirituel au service des relations bilatérales
La dimension spirituelle constitue depuis longtemps l’un des piliers de la relation entre Dakar et Rabat. En juillet 2025, l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, soulignait auprès de l’Agence de presse sénégalaise (APS) l’importance du socle religieux commun, fondé notamment sur l’islam sunnite, le rite malikite et l’attachement à la tradition soufie. <Cite refs={[« turn680981search7 »]}/>
Sur le plan institutionnel, cette proximité se traduit également par des échanges diplomatiques réguliers. La visite officielle du ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, au Maroc, les 10 et 11 novembre 2025, avait ainsi été présentée par la diplomatie sénégalaise comme une étape dans la continuité du partenariat stratégique entre les deux États. <Cite refs={[« turn680981search10 »]}/>
À travers ce colloque de Casablanca, les organisateurs entendent donc inscrire l’héritage des grandes figures religieuses dans une réflexion plus large sur la coopération, la coexistence pacifique et le rapprochement entre les peuples sénégalais et marocain.
La Rédaction – Sunuker.net















































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