Madiambal Diagne sort l’artillerie lourde contre Sonko et pousse Diomaye à dissoudre l’Assemblée nationale !
Dans un entretien accordé au journal Le Quotidien, publié ce mardi 3 novembre 2026, Madiambal Diagne a multiplié les déclarations offensives contre Ousmane Sonko. Toujours installé en France et visé par un mandat d’arrêt international, le patron de presse affirme vouloir rentrer au Sénégal, dénonce ce qu’il considère comme une cabale judiciaire et accuse l’ancien Premier ministre d’avoir instrumentalisé les institutions. Sur le terrain politique, il encourage ouvertement Bassirou Diomaye Faye à dissoudre l’Assemblée nationale, dans un contexte de confrontation autour de la loi de finances rectificative 2026.
Madiambal Diagne n’a visiblement pas l’intention de rester silencieux face à l’évolution de la situation politique sénégalaise. Dans un entretien particulièrement incisif publié par Le Quotidien, le journaliste et patron de presse est revenu sur son dossier judiciaire, ses relations conflictuelles avec Ousmane Sonko et les tensions qui opposent désormais le président Bassirou Diomaye Faye à une partie de la majorité parlementaire.
D’entrée de jeu, il affiche son impatience de retrouver le Sénégal. Depuis la France, où il réside sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il affirme n’avoir jamais renoncé à son retour au pays. Il explique toutefois vouloir bénéficier de garanties concernant sa sécurité physique et le déroulement d’une procédure judiciaire qu’il souhaite libre, indépendante et équitable.
La requête introduite par ses avocats pour obtenir l’annulation du mandat d’arrêt international a finalement été inscrite au rôle de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Le dossier a été évoqué le 28 octobre dernier, avant un renvoi des débats au mercredi 4 novembre 2026, selon les informations publiées sur cette procédure.
Pour Madiambal Diagne, cette évolution constitue un motif d’espoir. Il estime que le contexte politique a changé et se montre confiant quant à la possibilité de bénéficier d’un traitement judiciaire conforme à ses droits.
Une accusation de « cabale » contre Ousmane Sonko
C’est toutefois lorsqu’il aborde le fond de son dossier judiciaire que Madiambal Diagne hausse le ton. Il accuse directement Ousmane Sonko d’avoir été à l’origine d’une entreprise destinée à le poursuivre et à le neutraliser politiquement.
L’ancien patron du groupe Avenir Communication conteste catégoriquement les accusations portées contre lui, notamment celles relatives au détournement de deniers publics. Il soutient n’avoir jamais obtenu de marché public ni reçu de fonds provenant du Trésor sénégalais.
Il met également en cause le traitement réservé à la société française Ellipse Projects, impliquée dans le marché concerné par les investigations. Selon sa version, plusieurs entreprises auraient participé à la sous-traitance, mais seule sa société aurait été visée par les poursuites parmi les structures sous-traitantes.
Il considère par ailleurs comme anormale l’absence, selon lui, de poursuites ou d’auditions visant les principaux responsables de l’entreprise française ayant contracté avec l’État du Sénégal.
Autre élément contesté par le journaliste : les conditions dans lesquelles le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) aurait été exploité. Il affirme n’avoir jamais reçu communication de ce document pour pouvoir présenter ses observations et exercer son droit à la contradiction.
Sur cette base, il réclame non seulement l’annulation du mandat d’arrêt international, mais également celle de l’ensemble de la procédure judiciaire.
Il faut cependant rappeler que ces déclarations constituent la version de Madiambal Diagne. Ses accusations contre Ousmane Sonko, les responsables judiciaires et les autres personnes citées ne sauraient être considérées comme des faits judiciairement établis. La décision sur son recours appartient exclusivement à la juridiction compétente.
LFR 2026 : Madiambal Diagne voit la main de Sonko derrière le bras de fer
L’entretien prend une dimension particulièrement politique lorsque Madiambal Diagne aborde la confrontation entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale autour de la loi de finances rectificative.
Pour lui, le conflit institutionnel actuel ne serait pas une simple divergence sur les orientations budgétaires. Il y voit une stratégie politique attribuée à Ousmane Sonko, destinée à mettre la pression sur Bassirou Diomaye Faye et à obtenir un rééquilibrage des rapports de force au sommet de l’État.
Selon son analyse, l’ancien Premier ministre chercherait à utiliser le poids de Pastef à l’Assemblée nationale pour contraindre le chef de l’État à revoir ses positions et éventuellement favoriser un retour de certains responsables du parti au gouvernement.
Madiambal Diagne estime que le président de la République ne doit pas céder à cette pression. Il considère que Bassirou Diomaye Faye dispose de moyens constitutionnels et institutionnels pour faire face à cette situation.
Il qualifie même la crise actuelle d’« artificielle », tout en reconnaissant que ses conséquences économiques pourraient être particulièrement lourdes.
L’ancien patron de presse met notamment en garde contre les répercussions du conflit sur les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), les partenaires financiers et les agences de notation. À ses yeux, l’image d’un pays où l’Exécutif et le Parlement sont en confrontation permanente risque de fragiliser davantage la confiance des investisseurs et des institutions financières internationales.
Ces déclarations prennent une résonance particulière après le rejet, ce mardi 3 novembre, du projet de loi de finances rectificative 2026 par l’Assemblée nationale. La question préalable introduite par le député Amadou Ba a été adoptée, entraînant l’arrêt de l’examen du texte. Le scrutin initialement annoncé faisait état de 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions. L’Assemblée nationale a ensuite procédé à une rectification du décompte en intégrant les 17 procurations omises, portant à 126 le nombre de voix favorables à la question préalable.
Cette évolution renforce le contexte de confrontation politique dans lequel s’inscrit l’entretien de Madiambal Diagne.
« J’encourage » Diomaye à dissoudre l’Assemblée nationale
C’est sans doute la proposition politique la plus spectaculaire de son intervention. Madiambal Diagne ne se contente pas de soutenir la fermeté présidentielle : il encourage explicitement Bassirou Diomaye Faye à dissoudre l’Assemblée nationale.
À ses yeux, une telle décision pourrait permettre de sortir de l’impasse institutionnelle et de clarifier les rapports de force politiques.
Il va même plus loin en estimant qu’une dissolution au mois de décembre serait dans l’intérêt du Sénégal. Il considère que les partenaires financiers internationaux ont besoin de stabilité, de visibilité et d’une ligne politique cohérente pour accompagner le pays dans son redressement économique.
Pour justifier sa position, il rappelle que la dissolution de l’Assemblée nationale avait déjà été provoquée sous la précédente configuration politique, à la demande d’Ousmane Sonko, lorsque cette option servait les intérêts de Pastef.
Il estime donc qu’il serait incohérent que ceux qui avaient soutenu cette décision hier s’opposent aujourd’hui à une éventuelle initiative du président Bassirou Diomaye Faye.
Cette proposition soulève néanmoins une question essentielle : une dissolution permettrait-elle réellement de résoudre les divergences politiques ou risquerait-elle, au contraire, d’ouvrir une nouvelle séquence de confrontation électorale ?
Madiambal Diagne, lui, semble convaincu que le chef de l’État doit prendre ses responsabilités et utiliser les prérogatives que lui confère la Constitution.
Sonko, son avenir politique et les accusations de corruption
L’ancien patron de presse a également été interrogé sur les perspectives politiques d’Ousmane Sonko et sur sa capacité à participer aux prochaines échéances électorales.
À ce sujet, il évoque plusieurs dossiers qu’il affirme être susceptibles de concerner le leader de Pastef. Il mentionne notamment des investigations relatives à la gestion du Port autonome de Dakar, des soupçons de corruption et des affaires impliquant des intérêts étrangers.
Il cite également des enquêtes qu’il attribue à des organismes internationaux, notamment le FBI américain, la Gendarmerie royale du Canada et le MI5 britannique.
Madiambal Diagne affirme détenir des éléments qu’il serait disposé à transmettre à la justice sénégalaise. Il évoque aussi des interrogations relatives à la déclaration de patrimoine d’Ousmane Sonko auprès de l’OFNAC.
Ces accusations, particulièrement graves, n’ont toutefois pas été établies par une décision judiciaire dans le cadre des éléments présentés au cours de cet entretien. Elles doivent donc être appréhendées comme les déclarations de leur auteur et non comme des conclusions judiciaires.
Interrogé sur l’attitude de Bassirou Diomaye Faye face à ces révélations, Madiambal Diagne estime que le président n’est pas nécessairement inactif. Il évoque plusieurs missions de contrôle qui seraient en cours dans des structures publiques, tout en laissant au chef de l’État la responsabilité des décisions à prendre.
Une offensive politique qui intervient à un moment décisif
Madiambal Diagne a également commenté les tentatives présumées de rapprochement entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Il affirme que le Premier ministre chercherait différentes voies pour renouer le dialogue avec le président, notamment par l’intermédiaire de responsables politiques et religieux.
Il revient notamment sur une rencontre entre Ousmane Sonko et le Khalife général des Mourides, dont il affirme avoir révélé l’existence à travers une vidéo.
Enfin, concernant les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, il salue un événement majeur pour le Sénégal et pour le continent africain. Il rend hommage aux acteurs sportifs et diplomatiques ayant contribué à l’obtention de cette manifestation internationale, citant particulièrement Mamadou Diagna Ndiaye et l’ancien président Macky Sall.
Au final, cet entretien constitue une nouvelle charge politique de Madiambal Diagne contre Ousmane Sonko. Mais il révèle également une lecture très particulière de la crise actuelle : celle d’un homme qui voit dans le bras de fer entre le palais présidentiel et l’Assemblée nationale une occasion pour Bassirou Diomaye Faye de reprendre pleinement l’initiative politique.
Reste à savoir si le chef de l’État suivra cette recommandation de dissolution ou s’il privilégiera une autre voie pour sortir de l’impasse. Dans un Sénégal confronté à des difficultés économiques et à des tensions au sommet de l’État, les prochains jours pourraient être déterminants pour l’avenir des institutions et l’équilibre du pouvoir.
Sunuker News Desk


















































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