La justice française a rejeté les demandes de Macky Sall visant à faire bloquer en France le site nonamacky.org, une plateforme qui mène ouvertement campagne contre sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Le tribunal judiciaire de Paris a également écarté le grief relatif au droit à l’image. Une décision qui intervient alors que la succession d’António Guterres entre dans une phase décisive.
Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté l’ensemble des demandes introduites par l’ancien président sénégalais Macky Sall contre nonamacky.org. Dans son jugement rendu le 9 septembre 2026, la juridiction a refusé d’ordonner le blocage de la plateforme sur le territoire français et n’a pas retenu l’argument relatif à une atteinte au droit à l’image.
L’ancien chef de l’État avait engagé une procédure contre plusieurs acteurs intervenant dans le fonctionnement et la diffusion du site, notamment son hébergeur et des intermédiaires techniques, mais aussi les opérateurs français Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il demandait notamment que ces fournisseurs d’accès empêchent leurs abonnés situés en France de consulter la plateforme et que soient interrompus certains services techniques permettant sa diffusion.
Le contentieux intervient dans un contexte politique et diplomatique particulier. Depuis plusieurs mois, nonamacky.org mène une campagne explicitement destinée à contester la candidature de Macky Sall à la succession d’António Guterres. Le site rassemble des documents, articles, témoignages et rapports consacrés aux deux mandats de l’ancien président, de 2012 à 2024. Il affirme notamment disposer de « preuves documentées » concernant différents événements survenus durant cette période.
La plateforme formule de nombreuses accusations concernant la gouvernance de l’ancien régime : violences lors de manifestations politiques, arrestations d’opposants, questions relatives au fonctionnement des institutions, dossiers financiers ou encore conséquences de la loi d’amnistie. Elle présente également des chiffres et des évaluations concernant les victimes des violences politiques ainsi que la situation financière du Sénégal. Ces éléments relèvent toutefois, selon leur nature, soit de documents et rapports existants, soit des accusations et analyses défendues par les promoteurs du site et ne sauraient tous être présentés comme des faits judiciairement établis.
L’objectif de nonamacky.org est clairement affiché : sensibiliser des diplomates, des représentants auprès des Nations unies et différents acteurs internationaux afin qu’ils prennent en considération les critiques formulées contre l’ancien président et sa candidature.
C’est précisément cette campagne que Macky Sall contestait devant la justice française. Il estimait que plusieurs passages du site portaient atteinte à son honneur et à sa réputation. Il contestait également l’utilisation de son portrait dans les contenus publiés et dans les supports de la campagne numérique.
Les magistrats ont néanmoins considéré que les éléments dénoncés ne justifiaient pas les mesures de blocage sollicitées. Dans leur appréciation, ils ont notamment distingué les critiques directement dirigées contre la personne de Macky Sall de celles concernant l’action des institutions sénégalaises ou des agents de l’État durant sa présidence. Le fait que certains événements se soient déroulés sous son mandat ne suffisait pas, à lui seul, à transformer ces critiques institutionnelles en attaques personnelles juridiquement sanctionnables.
La justice française s’est également penchée sur la présentation de Macky Sall comme étant « inapte » à exercer la fonction de secrétaire général de l’ONU. Cette formulation a été analysée comme un jugement de valeur critique concernant une candidature à une fonction internationale. Le tribunal n’a pas considéré qu’elle justifiait, à elle seule, une restriction d’accès au site.
Même constat concernant l’utilisation de son image. Le tribunal n’a pas ordonné le retrait des photographies de l’ancien président. Le dossier se situe, selon l’analyse rapportée du jugement, dans le cadre d’un débat d’intérêt général bénéficiant de la protection attachée à la liberté d’expression et à la circulation de l’information.
La portée de cette décision doit toutefois être précisément comprise. Le tribunal judiciaire de Paris ne s’est pas prononcé sur les compétences de Macky Sall pour exercer les fonctions de secrétaire général des Nations unies, pas plus qu’il n’a validé ou invalidé son bilan présidentiel. La décision porte sur les demandes juridiques introduites contre la plateforme et sur la possibilité d’en ordonner le blocage en France.
La décision intervient alors que Macky Sall poursuit officiellement sa campagne pour succéder à António Guterres. Les Nations unies recensent sa candidature, déposée le 2 mars 2026 par le Burundi, parmi celles soumises au processus de sélection du prochain secrétaire général.
Le troisième straw poll organisé par le Conseil de sécurité le 18 septembre a par ailleurs livré un nouveau point de situation. Selon les résultats rapportés par des sources diplomatiques, Macky Sall a obtenu 5 voix « encourage », 9 « discourage » et 1 « no opinion ». La Costaricienne Rebeca Grynspan a obtenu 9 voix « encourage », 5 « discourage » et 1 « no opinion », tandis que la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett a recueilli 8 « encourage », 6 « discourage » et 1 « no opinion ».
Ces straw polls sont des consultations informelles et confidentielles du Conseil de sécurité. Ils permettent aux membres du Conseil de mesurer le niveau de soutien aux différents candidats, mais ne constituent pas le vote final de désignation du secrétaire général. Aucun candidat n’a donc été officiellement choisi à ce stade.
Le calendrier reste néanmoins serré. Le mandat d’António Guterres doit s’achever le 31 décembre 2026, conformément au calendrier de succession établi par les Nations unies. Le processus doit encore passer par les différentes étapes diplomatiques avant la nomination définitive du prochain secrétaire général par l’Assemblée générale.
Pour nonamacky.org, le jugement parisien permet donc à la plateforme de rester accessible en France et de poursuivre sa campagne. Pour Macky Sall, cette procédure judiciaire n’a pas permis d’obtenir les restrictions d’accès qu’il sollicitait.
Le contentieux français ajoute ainsi un nouvel épisode à une campagne internationale déjà très suivie. D’un côté, un ancien président qui défend sa candidature à la direction de l’ONU ; de l’autre, une plateforme militante qui entend documenter les controverses liées à ses douze années au pouvoir et interpeller les décideurs internationaux.
Une chose est désormais établie : nonamacky.org reste accessible en France, tandis que la bataille diplomatique autour de la succession d’António Guterres se poursuit jusqu’à la fin de l’année.
Sunuker News Desk
https://youtu.be/SSdRpWzKwgg?si=ykYfq2j5wLOZI72o
https://youtu.be/gshmNrDZ12A?si=8YJy5LlUQCW41DTj
https://youtu.be/BcE5cO5l2zk?si=SWfNG6TELFKemE5W
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