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Affaire Cheikh Touré : deux suspects arrêtés au Ghana, un an après le meurtre du jeune gardien sénégalais

Affaire Cheikh Touré : deux suspects arrêtés au Ghana, un an après le meurtre du jeune gardien sénégalais

Un an après la mort tragique du jeune gardien de but sénégalais Cheikh Touré à Kumasi, l’enquête connaît une avancée majeure. La police de la région Ashanti a annoncé l’arrestation de deux ressortissants étrangers soupçonnés d’avoir participé à son enlèvement et à son meurtre. Deux autres suspects sont toujours recherchés.

Le dossier Cheikh Touré connaît un nouveau développement près d’un an après le drame qui avait profondément ému le Sénégal. La police régionale d’Ashanti, au Ghana, a procédé le 20 septembre 2026 à l’arrestation de deux hommes présentés comme des membres présumés du groupe impliqué dans l’enlèvement et la mort du jeune footballeur sénégalais.

Selon la police ghanéenne, relayée notamment par Modern Ghana, Ghana Investigate et plusieurs médias sénégalais, les suspects sont Salifu Walid, 32 ans, ressortissant nigérien, et Aziz Wadrago Mane, 24 ans, ressortissant burkinabè. Ils ont été interpellés dans une cachette située à Banpanase, près de Mamponteng, dans la région Ashanti.

Les enquêteurs estiment que les deux hommes appartiendraient à un groupe de quatre personnes qui aurait mis en place un système destiné à attirer de jeunes footballeurs au Ghana. Selon les premiers éléments communiqués par les autorités, les membres présumés du réseau se faisaient passer pour des recruteurs ou des agents à la recherche de jeunes talents. Ils utilisaient les réseaux sociaux et différentes plateformes en ligne pour approcher leurs victimes en leur faisant miroiter des essais, des contrats ou des opportunités dans le football professionnel.

C’est dans ce contexte que Cheikh Touré aurait été attiré hors du Sénégal. Le jeune gardien, qui évoluait notamment dans l’environnement de l’académie Esprit Foot de Yeumbeul, pensait pouvoir se rendre à l’étranger pour tenter sa chance dans le football professionnel. Les premiers éléments rendus publics en 2025 indiquaient qu’une opportunité lui avait été présentée au Maroc avant que son voyage ne le conduise finalement au Ghana.

L’affaire avait pris une tournure dramatique lorsque Cheikh Touré a été retrouvé dans un état critique à Kumasi. Les investigations de la police ghanéenne avaient établi qu’un homme présenté comme son frère l’avait conduit à l’hôpital gouvernemental de Manhyia le 16 octobre 2025. Le jeune homme souffrait de plusieurs blessures abdominales et est décédé avant ou au moment de son arrivée à l’établissement. Une première version avait alors évoqué un accident, mais les autorités avaient rapidement décidé d’approfondir les investigations face aux circonstances jugées suspectes.

Le ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur avait, dès octobre 2025, indiqué que les premières investigations faisaient apparaître la possible implication d’un réseau d’escroquerie et d’extorsion de fonds. Une enquête avait été ouverte en collaboration avec les autorités ghanéennes afin de déterminer les circonstances exactes de la mort du jeune Sénégalais.

Les éléments recueillis depuis lors ont progressivement renforcé la piste d’un réseau organisé. En janvier 2026, des informations issues des auditions de deux autres jeunes Sénégalais, Khadim Ndiaye, dit Bamba, et Mamadiang Kane, alias Momo, avaient apporté de nouveaux éclairages aux enquêteurs ghanéens. Ces deux jeunes avaient voyagé au Ghana en compagnie de Cheikh Touré et avaient eux aussi été retenus avant d’être finalement libérés.

Leur retour au Sénégal avait été confirmé officiellement par le ministère des Affaires étrangères. Après leur libération, les deux jeunes avaient été conduits vers la frontière entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, avant de rejoindre le Mali. Ils s’étaient ensuite présentés à l’ambassade du Sénégal à Bamako le 22 octobre 2025, avant leur rapatriement à Dakar.

Selon les informations communiquées par la police ghanéenne en septembre 2026, les deux suspects arrêtés auraient reconnu, au cours de leurs interrogatoires, leur implication présumée dans l’opération. Les enquêteurs affirment qu’ils auraient également fourni des indications sur leurs rôles respectifs dans le dispositif destiné à attirer Cheikh Touré au Ghana. Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux autres éléments de l’enquête et aux procédures judiciaires avant que leurs responsabilités pénales ne puissent être définitivement établies.

La police est également à la recherche de deux autres personnes présentées comme des complices présumés. Il s’agit notamment de Noukoubri Arzouma Sylviain, alias Prince Pierre, ainsi que d’un individu identifié sous le nom de Barry. Les enquêteurs poursuivent leurs recherches afin de retrouver ces deux hommes et de déterminer le rôle exact de chacun dans l’affaire.

Cette nouvelle étape de l’enquête pourrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement du réseau et, surtout, de déterminer comment le jeune gardien sénégalais a été attiré au Ghana avant de perdre la vie. Elle intervient alors que les autorités sénégalaises avaient déjà mobilisé leur représentation diplomatique à Accra pour accompagner la procédure et faciliter le rapatriement de la dépouille.

Au-delà du cas de Cheikh Touré, cette affaire met en lumière la vulnérabilité de nombreux jeunes Africains qui rêvent de devenir footballeurs professionnels et peuvent être exposés à de faux agents, de fausses académies et de prétendues opportunités à l’étranger. Des organisations et médias spécialisés ont depuis documenté plusieurs cas de jeunes joueurs attirés par de fausses promesses de tests ou de contrats, avant de se retrouver confrontés à des situations d’exploitation ou d’extorsion.

Le drame de Cheikh Touré avait ainsi dépassé le cadre d’un simple fait divers. Il avait suscité une vive émotion au Sénégal et relancé les interrogations sur les mécanismes de contrôle des offres de recrutement adressées aux jeunes footballeurs. Son décès avait également conduit les autorités à appeler à la vigilance face aux propositions de carrières internationales qui ne passent pas par des structures ou intermédiaires clairement identifiés.

Près d’un an après les faits, l’arrestation de Salifu Walid et Aziz Wadrago Mane constitue donc un tournant dans cette affaire. Les deux hommes restent présumés innocents tant qu’une juridiction compétente ne les aura pas définitivement condamnés. La suite de la procédure devra désormais déterminer leur degré d’implication, identifier les autres membres éventuels du réseau et établir avec précision les circonstances ayant conduit à la mort de Cheikh Touré.

Pour la famille du jeune gardien, comme pour ses proches et tous ceux qui avaient suivi cette tragédie, l’enjeu demeure le même : comprendre ce qui s’est réellement passé à Kumasi et voir les responsables présumés répondre de leurs actes devant la justice.

Sunuker News Desk

James Dillinger

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