Vous rechargez votre compteur Woyofal et, quelques jours plus tard, le crédit est déjà presque épuisé ? Avant d’accuser le compteur ou de penser à une nouvelle hausse des tarifs, il faut regarder de près le système de tranches et surtout les appareils qui consomment le plus dans le ménage. Depuis janvier 2026, le premier kilowattheure est moins cher, mais cette baisse ne profite pleinement qu’aux foyers qui maîtrisent leur consommation.
Le phénomène est devenu familier dans de nombreux foyers sénégalais : une recharge qui semblait devoir tenir plusieurs jours disparaît rapidement, obligeant à acheter de nouveau du crédit. Cette impression d’une consommation devenue incontrôlable s’explique en grande partie par le mode de fonctionnement du Woyofal, mais aussi par la puissance de certains équipements domestiques.
La première chose à comprendre est que tous les kilowattheures ne sont pas facturés au même prix.
Depuis le 1er janvier 2026, Senelec a ramené le tarif de la première tranche des clients domestiques petite puissance de 91,17 à 82 FCFA/kWh, soit une baisse de 10 %. Cette mesure concerne également les clients prépayés Woyofal et vise plus de 2,6 millions de clients.
Mais cette baisse ne concerne que les 150 premiers kWh du mois.
Pour le Woyofal domestique petite puissance, la grille officielle actuellement publiée par Senelec fixe le tarif à 82 FCFA/kWh pour la première tranche, puis à 136,49 FCFA/kWh pour les tranches suivantes. La TVA de 18 % intervient lorsque la consommation mensuelle dépasse 250 kWh, ce qui porte alors le prix effectif du kilowattheure concerné à environ 161,06 FCFA.
C’est ce mécanisme qui peut donner au consommateur l’impression que son argent « fond » beaucoup plus rapidement en cours de mois.
Une recharge effectuée alors que le ménage se trouve encore dans la première tranche permet d’obtenir davantage de kilowattheures. Une nouvelle recharge réalisée après le franchissement des 150 kWh procure moins d’énergie pour le même montant, puisque le prix unitaire est alors supérieur. Une fois le seuil de 250 kWh dépassé, la TVA vient encore alourdir le coût effectif.
Autrement dit, 10 000 FCFA ne donnent pas nécessairement la même quantité d’électricité tout au long du mois.
Senelec présente d’ailleurs le Woyofal comme un outil permettant au consommateur de mieux contrôler son budget et de suivre sa consommation. Le compteur permet notamment de surveiller l’énergie utilisée et d’être averti lorsque le crédit approche de l’épuisement.
À cela s’ajoutent les différents prélèvements applicables au système. La taxe communale de 2,5 % et la redevance liée au compteur peuvent également réduire le montant effectivement transformé en unités d’électricité. La structure exacte d’une recharge dépend donc du montant acheté et de la situation du client.
Dans un foyer équipé, le climatiseur reste généralement l’un des appareils les plus énergivores.
Un climatiseur de puissance importante utilisé plusieurs heures chaque nuit peut représenter une part considérable de la consommation mensuelle. Prenons un appareil consommant autour de 1,1 kW en fonctionnement : utilisé huit heures par jour, il représente théoriquement environ 8,8 kWh par jour, soit près de 264 kWh sur 30 jours s’il fonctionnait continuellement à cette puissance.
Cette simple simulation montre pourquoi un seul climatiseur peut suffire à faire franchir rapidement les seuils de consommation.
Il faut toutefois éviter de considérer ces chiffres comme une consommation automatique : un climatiseur ne fonctionne pas nécessairement à pleine puissance en permanence. Sa consommation réelle dépend notamment de la température extérieure, de l’isolation de la pièce, de la température programmée, de l’entretien et de la technologie de l’appareil.
Le réglage joue également un rôle. Programmer systématiquement la climatisation à 16 ou 18 °C n’est pas une méthode permettant de refroidir instantanément une pièce. Une température raisonnable, autour de 25 ou 26 °C, peut réduire la durée de fonctionnement du compresseur, surtout lorsque les portes et fenêtres sont correctement fermées.
Les appareils équipés de la technologie inverter peuvent également être plus économes dans certaines conditions d’utilisation, puisqu’ils adaptent leur puissance au besoin de refroidissement au lieu de fonctionner uniquement selon un cycle marche-arrêt.
Le réfrigérateur est beaucoup moins spectaculaire qu’un climatiseur, mais il fonctionne pratiquement toute l’année, 24 heures sur 24.
Un appareil moderne et correctement entretenu peut avoir une consommation relativement maîtrisée. En revanche, un vieux réfrigérateur, des joints de porte défectueux, une mauvaise ventilation ou une accumulation excessive de givre peuvent augmenter sensiblement sa consommation.
Le congélateur constitue également un poste à surveiller, notamment dans les ménages qui stockent beaucoup de produits ou dans les petits commerces.
Quelques gestes simples peuvent limiter cette consommation : éviter de placer ces appareils contre une source de chaleur, laisser suffisamment d’espace autour des grilles de ventilation, limiter les ouvertures inutiles et procéder régulièrement au dégivrage lorsqu’il ne s’agit pas d’un modèle à dégivrage automatique.
Le chauffe-eau électrique peut lui aussi peser lourd sur un compteur prépayé.
Une résistance de 2 000 watts utilisée pendant deux heures représente environ 4 kWh. Sur un mois, une telle utilisation quotidienne atteindrait théoriquement environ 120 kWh.
Le problème survient lorsque le chauffe-eau reste constamment sous tension. L’appareil doit alors remettre régulièrement l’eau à température, même lorsque personne n’en utilise.
Une minuterie ou une mise sous tension seulement avant les périodes d’utilisation peut permettre de réduire cette consommation. Dans un pays où les températures sont souvent élevées, l’intérêt de maintenir en permanence une importante quantité d’eau chaude doit également être évalué en fonction des habitudes du ménage.
Le fer à repasser est un autre appareil dont la petite taille peut être trompeuse.
Un fer de 2 000 watts utilisé pendant une heure consomme environ 2 kWh. Une utilisation régulière peut donc finir par peser sur le compteur, surtout lorsque le foyer cumule plusieurs appareils puissants.
Le même raisonnement vaut pour le four électrique, certaines plaques de cuisson, les bouilloires électriques, les machines à laver utilisant une résistance chauffante ou encore certains sèche-linge.
La règle est simple : plus la puissance en watts est élevée et plus la durée d’utilisation est longue, plus l’appareil contribue à faire grimper le nombre de kilowattheures consommés.
Un ménage disposant d’un climatiseur, d’un chauffe-eau, d’un réfrigérateur, d’un congélateur, d’une machine à laver, d’un téléviseur et de plusieurs autres appareils peut rapidement atteindre plusieurs centaines de kilowattheures par mois.
Il faut donc se méfier des calculs qui annoncent une facture précise sans connaître les caractéristiques des appareils et leur durée réelle d’utilisation. Deux foyers possédant exactement les mêmes équipements peuvent avoir des consommations très différentes.
Un climatiseur utilisé quatre heures par jour n’aura pas le même impact qu’un appareil fonctionnant huit ou dix heures. De même, un vieux congélateur peut consommer beaucoup plus qu’un modèle récent et correctement entretenu.
Le franchissement des seuils de 150 puis 250 kWh devient alors déterminant. Une fois la première tranche épuisée, chaque kilowattheure supplémentaire coûte davantage ; après 250 kWh, la TVA augmente encore le coût effectif du kWh Woyofal.
Téléviseurs, décodeurs, consoles, ordinateurs, box internet, chargeurs et autres équipements peuvent continuer à consommer lorsqu’ils restent branchés.
Pris séparément, ces consommations sont souvent modestes. Mais leur accumulation 24 heures sur 24 et 365 jours par an peut représenter une quantité non négligeable d’énergie.
Le réflexe le plus simple consiste à couper complètement les appareils qui n’ont aucune raison de rester alimentés en permanence, notamment pendant les longues périodes d’absence.
En revanche, il faut éviter d’affirmer automatiquement qu’une consommation anormale est due à une « fuite de courant ». Une installation électrique défectueuse peut effectivement présenter des problèmes, mais une consommation observée sur le compteur doit d’abord être vérifiée méthodiquement.
Un premier test consiste à éteindre les appareils et à observer les indications du compteur. Si une consommation continue alors que tous les circuits et équipements concernés sont effectivement coupés, il est préférable de faire contrôler l’installation par un professionnel qualifié plutôt que de procéder soi-même à des manipulations électriques.
La première mesure consiste à suivre sa consommation mensuelle en kWh, et pas seulement le montant dépensé en francs CFA. Le compteur Woyofal est justement conçu pour permettre ce suivi.
Il faut ensuite identifier les appareils les plus puissants et mesurer leur durée d’utilisation. Réduire d’une heure quotidienne l’utilisation d’un appareil très énergivore peut avoir davantage d’impact que de multiplier les petites économies sur des équipements peu consommateurs.
Pour les ménages équipés de climatisation, une température raisonnable, un entretien régulier des filtres et une bonne fermeture des pièces peuvent contribuer à limiter la consommation. Le chauffe-eau peut être programmé pour fonctionner uniquement lorsque cela est nécessaire. Le réfrigérateur et le congélateur doivent être correctement ventilés et entretenus.
Il est également utile d’éviter de multiplier les petits achats sans regarder le cumul mensuel. Le prix du kWh dépend en effet de la tranche dans laquelle se trouve le foyer au moment de la consommation.
Surtout, il faut retenir une réalité essentielle : le Woyofal ne « mange » pas mystérieusement le crédit. La quantité d’argent disponible, le prix du kWh correspondant à la tranche atteinte et la puissance des appareils utilisés déterminent ensemble la vitesse à laquelle les unités diminuent.
Depuis janvier 2026, le premier palier est certes moins cher, à 82 FCFA/kWh, mais cette baisse ne protège réellement le budget que si la consommation reste maîtrisée.
Dans un contexte où les ménages cherchent à réduire leurs dépenses, connaître la consommation réelle de chaque appareil devient donc aussi important que le montant de la recharge elle-même. Le meilleur moyen de faire durer son crédit Woyofal n’est pas seulement de recharger moins souvent : c’est surtout de savoir précisément où part chaque kilowattheure.
Sunuker News Desk
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