À 24 ans, Goduine Koyalipou va découvrir la Ligue 1 avec Lens après un parcours qui l’a mené en Suisse, en Belgique et en Bulgarie. Une trajectoire qui a épaissi le cuir du Fauve centrafricain désormais prêt à faire le grand saut dans l’élite française.
Dans le tourbillon du marché des transferts qui a vu la signature de leur ancienne gloire Seko Fofana à Rennes et le départ de leur meilleur joueur, le gardien Brice Samba, pour le même club, les supporters Lensois semblent quand même se réjouir de l’arrivée de Goduine Koyalipou.
Ce n’est pas un nom ronflant, c’est même un quasi inconnu pour les suiveurs lensois, mais tous rêvent de voir le buteur centrafricain avoir un destin à la Loïs Openda. L’international belge avait en effet débarqué du Vitesse Arnhem dans un relatif anonymat. Une saison et 21 buts avec Lens ont fait de lui le transfert le plus cher de l’histoire du club Sang et Or avec son départ à Leipzig pour plus de 40 millions d’euros.
Au moment de la signature de Goduine Koyalipouce jeudi 09 janvier, le directeur général du RC Lens, Pierre Dréossi, avait les mots teintés d’optimisme. « À 24 ans, Goduine arrive au Racing avec une certaine maturité. Sa personnalité ravira les supporters sang et or et saura se fondre dans le collectif de Will Still », a confié le dirigeant lensois.
Né à Bangui, forgé en France
Raoul Savoy, l’ancien sélectionneur de Koyalipou en République centrafricaine, n’en pense pas moins : « Il arrive du CSKA Sofia, c’est quand même un grand club bulgare avec beaucoup de pression. C’est un club historique où les supporters sont très demandeurs, donc je crois que par rapport à ça, Goduine est préparé. »
Il faut dire que le joueur, né à Bangui et arrivé en France à l’âge de cinq ans, a eu le temps de forger son caractère au gré d’un parcours peu classique. Formé à Niort où il a joué son premier match professionnel à 17 ans, Goduine Koyalipou a tenté l’aventure en Suisse à Lausanne-Sport, sans succès. Il lui a fallu redescendre d’un cran en acceptant un prêt à l’US Avranches en National (troisième division française) pour retrouver son efficacité et reprendre confiance après 13 buts en 18 matchs.
Repéré par le club belge de Beveren en deuxième division, l’international centrafricain saute le pas et réussit une saison pleine avec 16 buts en 30 matchs lors de la saison 2023-2024. Il n’hésite pas à quitter la Belgique après un an pour une aventure en Bulgarie au CSKA Sofia. Bonne décision : en une demi-saison, il marque 15 buts en 17 matchs. Suffisant pour que le RC Lens prenne le pari et l’engage pour compléter son secteur offensif.
« Souriant et facile d’accès »
Le club nordiste le présente comme un « attaquant complet et polyvalent, un redoutable finisseur ». « L’avantage de Goduine, c’est qu’il peut jouer derrière l’attaquant, en pointe, ou avec deux attaquants », complète Raoul Savoy. Il peut jouer éventuellement sur les couloirs, dans un 4-3-3 par exemple. Donc, c’est quelqu’un que vous pouvez utiliser dans un système varié. Un vrai avantage. »
C’est un grand palier que s’apprête à franchir Goduine Koyalipoumoins, deux ans après avoir découvert le foot international en rejoignant la sélection centrafricaine. International français en U18 et U19, l’attaquant a mis du temps à répondre à l’appel des Fauves. Ce n’est qu’après une cour assidue de près de trois ans qu’il a dit « oui » à Raoul Savoy, qui lui offre sa première sélection le 7 septembre 2023 face au Ghana. « Il a fait une performance de niveau mondial et cela l’a rempli de joie et de fierté », se souvient l’ancien entraîneur de la Centrafrique.
À Lens, Koyalipou devra désormais trouver sa place dans l’équipe et se fondre rapidement dans le décor artésien. « C’est quelqu’un d’assez discret. En sélection, il n’est pas arrivé en poussant les portes et en claquant celles-ci, mais sur la pointe des pieds. Il s’est fait accepter par le groupe assez rapidement, il est très souriant et forcément facile d’accès. Et dès sa première performance, il a tout de suite démontré à tout le monde qu’il avait largement sa place dans cet effectif. » Il reste qu’à rejouer tout ça à Lens…
(rfi.fr)

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