Après des années de division entre institutions rivales, les acteurs libyens ont conclu le 30 août 2026, sous facilitation des Nations unies, un accord destiné à débloquer le processus électoral. Le texte prévoit notamment de revoir le cadre juridique des élections et de travailler à la tenue de scrutins présidentiel et législatif dans un délai maximal de 24 mois.
La Libye entre-t-elle enfin dans une nouvelle phase de sa longue transition politique ? Le 30 août 2026, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL/UNSMIL) a annoncé la signature d’un accord issu du « Smaller Convening », un format de discussions facilité par l’ONU.
L’accord porte sur les deux premières étapes de la feuille de route politique élaborée par la mission onusienne : la recomposition du conseil des commissaires de la Haute Commission électorale nationale et le règlement des questions encore en suspens dans le cadre constitutionnel et juridique des élections présidentielle et législatives.
Le texte prévoit des ajustements du cadre électoral afin de permettre l’organisation des élections présidentielle et législatives sous une autorité exécutive unifiée. Les parties se sont engagées à œuvrer pour que ces scrutins puissent se tenir dans un délai ne dépassant pas 24 mois.
Une autre échéance importante est fixée : la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État doivent procéder à l’aval national de l’accord dans un délai d’un mois. Un mécanisme de suivi doit également accompagner sa mise en œuvre.
L’ONU considère cette signature comme une avancée significative, tout en avertissant qu’elle ne constitue pas l’aboutissement du processus politique. Le secrétaire général António Guterres a appelé les institutions et acteurs libyens concernés à agir de bonne foi afin de transformer l’accord en mesures concrètes.
La prudence reste toutefois de mise. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a connu de nombreuses initiatives politiques destinées à réunifier ses institutions et à organiser des élections, sans parvenir jusqu’à présent à sortir durablement de la fragmentation institutionnelle.
Le pays demeure marqué par la rivalité entre structures politiques et administratives de l’Est et de l’Ouest. L’accord du 30 août doit donc franchir plusieurs obstacles : obtenir les validations prévues, régler les questions juridiques et institutionnelles, reconstituer efficacement l’autorité électorale et surtout empêcher que les désaccords politiques ne viennent une nouvelle fois bloquer le calendrier.
L’enjeu dépasse ainsi la seule organisation matérielle d’un scrutin. Il s’agit de créer les conditions permettant aux Libyens de choisir leurs représentants dans un cadre crédible, inclusif et pacifique, tout en réunifiant progressivement les institutions de l’État. C’est précisément l’objectif affiché par la feuille de route de l’ONU.
La signature du 30 août offre donc à la Libye une nouvelle fenêtre politique. Mais l’expérience des dernières années montre que l’annonce d’un accord ne garantit pas son application.
La prochaine étape sera déterminante : les institutions libyennes devront donner une traduction concrète aux engagements pris, tandis que les acteurs rivaux seront confrontés à la question essentielle du partage du pouvoir et de l’acceptation des résultats électoraux.
Pour l’ONU, le message est clair : le processus doit désormais passer du dialogue à l’action. La responsabilité de l’avenir politique de la Libye reste entre les mains des Libyens eux-mêmes.
Sunuker News Desk
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