LFR 2026 : Fadilou Keïta affiche sa loyauté à Sonko et adresse un message clair à l’Exécutif
Au cœur des tensions politiques autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026, Fadilou Keïta a tenu à dissiper toute ambiguïté sur ses récentes déclarations. Le secrétaire général adjoint de Pastef réaffirme son attachement à Ousmane Sonko et assure que ses critiques visaient l’Exécutif, et non le parti ou l’Assemblée nationale. Une prise de parole qui intervient alors qu’un nouveau dialogue s’est ouvert entre le gouvernement et les députés.
Fadilou Keïta ne veut laisser planer aucun doute sur sa proximité avec Ousmane Sonko. Dans une nouvelle sortie publique, le responsable de Pastef a réaffirmé que sa fidélité au leader du parti ne dépendait ni des fonctions officielles ni des avantages liés au pouvoir.
« Soyez rassurés, chers amis : mes convictions et mon amour pour PROS valent plus qu’un décret ou des fonds politiques », a-t-il déclaré, en référence au surnom d’Ousmane Sonko. Il va jusqu’à présenter ce dernier comme un « frère de sang », soulignant ainsi la dimension personnelle et politique de leur relation.
Cette clarification intervient dans un climat marqué par les désaccords autour de la loi de finances rectificative pour l’année 2026. Alors que les tensions entre l’Exécutif et la majorité parlementaire ont alimenté les débats, certaines déclarations de Fadilou Keïta ont suscité des interrogations sur le sens de ses critiques et sur ses rapports avec les différentes composantes du pouvoir.
Le responsable de Pastef affirme que ses propos ne visaient ni son parti ni les députés de la majorité. Il explique notamment que sa formule évoquant l’hypothèse où « la sagesse prévaudrait au sein de l’Exécutif » s’adressait directement aux autorités exécutives. Selon lui, il s’agissait d’un appel à saisir une possibilité de désamorcer la crise, et non d’une remise en cause de la ligne de Pastef.
Fadilou Keïta considère que les différentes démarches entreprises par Ousmane Sonko et les parlementaires du parti constituaient une main tendue au gouvernement. Il cite les prises de parole publiques, les communiqués du groupe parlementaire et les propositions formulées pour permettre aux deux parties de dépasser leur désaccord. À ses yeux, cette ouverture aurait dû être mise à profit pour rechercher une issue consensuelle.
Le responsable politique affirme également que le président Bassirou Diomaye Faye ne lui a jamais demandé de choisir entre Pastef et son parti. Cette précision vise à écarter l’idée d’un dilemme personnel entre les différentes figures du pouvoir et à réaffirmer son positionnement politique.
L’article 84, nouveau tournant dans le dossier budgétaire
Dans sa déclaration, Fadilou Keïta s’est aussi félicité de l’évolution de la procédure parlementaire autour de la LFR 2026, résumant sa réaction par une formule : « Mieux vaut tard que jamais. » Il a adressé ses félicitations aux députés concernés et salué particulièrement Ousmane Sonko, qu’il qualifie de « meilleur Président de l’Assemblée nationale ».
Cette réaction intervient après un développement important survenu le mardi 27 octobre. Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a demandé le renvoi du projet de loi de finances rectificative devant la commission des finances et du contrôle budgétaire, en s’appuyant sur l’article 84 du règlement intérieur. La demande du gouvernement a été acceptée, ouvrant la voie à de nouvelles discussions.
Le renvoi en commission doit permettre d’approfondir les échanges sur les points de désaccord, après le rejet du texte par la commission des finances et les demandes d’informations complémentaires formulées par l’Assemblée nationale. Les autorités parlementaires avaient auparavant exprimé leur disponibilité à poursuivre le dialogue avec le gouvernement.
Au-delà de la procédure, le bras de fer autour de la LFR révèle les difficultés à concilier les choix budgétaires de l’Exécutif et les exigences de contrôle et de débat défendues par les parlementaires. Le projet de loi rectificative intervient dans un contexte économique tendu, marqué notamment par la révision des prévisions de croissance et l’augmentation des dépenses liées aux subventions énergétiques.
En réaffirmant publiquement sa proximité avec Ousmane Sonko, Fadilou Keïta cherche donc à clarifier sa position dans une séquence politique sensible. Son message est double : afficher une loyauté qu’il présente comme indépendante des privilèges du pouvoir, tout en appelant implicitement l’Exécutif à saisir les occasions de dialogue.
Reste à savoir si les nouvelles concertations autour de la LFR 2026 permettront de rapprocher durablement les positions. Pour l’heure, la déclaration de Fadilou Keïta témoigne de la persistance des tensions, mais aussi de la volonté affichée par certains responsables de maintenir ouverte la voie d’un compromis institutionnel.
Sunuker News Desk



















































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