Le sommet historique entre le président sud-coréen Yoon Suk-yeol et le Premier ministre japonais Fumio Kishida devait tourner autour des questions mémorielles et de défense. Avec ce tir de missile balistique à longue portée, jeudi 16 mars, la Corée du Nord a garanti qu’elle serait au cœur des discussions, alors que Yoon Suk-yeol est arrivé au Japon.
L’objectif pour Tokyo et Séoul est de mettre fin à des années de différents et d’améliorer leur communication, notamment dans le domaine militaire. Les deux alliés des États-Unis ont notamment accepté de partager automatiquement et en temps réel les informations sur les tirs de missiles nord-coréens. Chun In-bum, général à la retraite et ancien dirigeant des forces spéciales sud-coréennes, explique :
« Quand un événement se produit, que tout le monde ait accès aux informations sans interférences humaines est un grand atout. Car les Nord-coréens peuvent avoir un missile qui frappe une cible en Corée du Sud, en trois à cinq minutes. Donc même si nous pouvons bénéficier ne serait-ce que de 10 ou 15 secondes de temps d’avertissement supplémentaire, cela nous offre une meilleure sécurité et ça améliore nos chances de survie. »
Face à l’amélioration considérable des moyens militaires de Pyongyang ces cinq dernières années, et dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine, Washington souhaite voir Tokyo et Séoul mettre de côté leurs différends historiques au profit d’une collaboration militaire efficace. Après avoir proposé un plan de dédommagement des victimes de la colonisation japonaise de la péninsule sans participation des entreprises nippones, la Corée du Sud attend certainement un geste en retour du côté de Tokyo.