Le projet de développement de la filière du palmier à huile dans la région de Kolda franchit une nouvelle étape. À l’issue d’un Comité régional de développement (CRD) élargi, présidé par le gouverneur Moustapha Ndiaye, les autorités administratives, les représentants des collectivités territoriales et les promoteurs de SWAMI AGRI ont échangé sur les modalités de mise en œuvre de cette initiative agro-industrielle, notamment sur la question sensible de l’accès au foncier.
Au centre des discussions figure la nécessité de rassurer les populations sur la gestion des terres concernées. Face aux inquiétudes exprimées dans certaines localités, le promoteur a apporté des précisions sur le dispositif envisagé. Les délibérations foncières devraient être effectuées au bénéfice des communautés locales, préalablement constituées en coopératives agricoles. Selon les assurances communiquées lors des échanges, les terres ne seront pas immatriculées au nom de SWAMI AGRI.
Cette approche coopérative vise à placer les populations au cœur du dispositif et à leur permettre de participer directement à l’exploitation agricole. Elle intervient dans un contexte marqué par des divergences entre les partisans du projet, qui mettent en avant ses perspectives économiques, et les acteurs qui réclament davantage de garanties concernant la préservation du patrimoine foncier.
Le projet bénéficie également de l’attention des autorités nationales. La présence d’un conseiller technique du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage lors de cette rencontre traduit l’intérêt accordé à cette initiative, présentée comme un levier potentiel de développement de la production agricole nationale.
Présidant les travaux, le gouverneur de Kolda, Moustapha Ndiaye, a particulièrement insisté sur la poursuite de l’ingénierie sociale. Il a préconisé un dialogue de proximité avec les communautés concernées, notamment à travers des audiences publiques dans les villages ciblés. L’objectif est de permettre aux populations de disposer d’informations précises sur les objectifs du projet, ses modalités d’exécution et les retombées attendues, tout en recueillant leurs préoccupations.
L’autorité administrative a également appelé les différents protagonistes à éviter toute instrumentalisation politique du dossier. Pour lui, les divergences doivent céder la place à une concertation constructive, fondée sur l’intérêt général et les perspectives de développement de la région.
Dans sa phase pilote, le projet concerne cinq communes : Dialambéré et Médina Chérif, dans le département de Kolda, ainsi que Wassadou, Bonconto et Saré Coly Sallé, dans le département de Vélingara. Une première étape qui pourrait, selon les ambitions annoncées par les autorités, ouvrir la voie à une extension vers d’autres collectivités territoriales.
Au-delà des perspectives de création d’emplois et d’amélioration des revenus agricoles, cette initiative est présentée comme une contribution à la souveraineté alimentaire du Sénégal et à la réduction de la dépendance aux importations d’huile de palme.
Toutefois, sa réussite dépendra largement de la transparence du processus foncier, de la prise en compte des préoccupations environnementales et de l’adhésion effective des communautés. À Kolda, le défi consiste désormais à concilier ambitions agro-industrielles, protection des terres et intérêts des populations locales.
La Rédaction – Sunuker.net















































Laisser une réponse
View Comments