Les images de l’hôpital Philippe-Maguilen Senghor sous les eaux, après les fortes pluies enregistrées à Dakar ce mardi 15 septembre 2026, ont provoqué une nouvelle vague de réactions. Parmi elles, celle de Thierno Alassane Sall, qui dénonce avec virulence la situation vécue par les patients et les personnels de santé.
Dans une déclaration publiée après les intempéries, le leader de la République des valeurs estime que voir, une nouvelle fois, des patients et des soignants contraints de quitter l’établissement constitue une situation « honteuse ». Son intervention intervient alors que plusieurs espaces de l’hôpital situé à Yoff ont été envahis par les eaux. Des bureaux, des couloirs ainsi que des zones accueillant les patients ont été touchés. Selon des informations rapportées par la presse, certains patients ont dû être évacués et la pompe destinée à évacuer les eaux était en panne au moment des inondations.
Pour Thierno Alassane Sall, ces images ne constituent cependant pas un simple épisode lié aux intempéries. L’ancien ministre considère qu’elles révèlent, selon lui, les priorités du pouvoir actuel. Il affirme que Dakar continue de subir d’importantes difficultés dès les premières fortes pluies, alors que l’action gouvernementale serait concentrée sur d’autres dossiers.
Le responsable politique fait notamment référence à la vague de changements opérés à la tête de nombreuses structures publiques. Le Conseil des ministres du 10 septembre a effectivement acté une importante série de nominations et de remplacements. Le relevé officiel de l’APS fait état de plusieurs changements à la tête d’agences et de sociétés publiques, parmi lesquels la SOGEPA, l’ANRAC, l’ASER, la SONAGED ou encore la Maison de la Presse.
Le chiffre de 87 responsables concernés par cette vague de renouvellement a également été rapporté par plusieurs médias sénégalais. Il regroupe notamment des directeurs généraux, des présidents de conseils d’administration et des présidents de conseils de surveillance. En revanche, l’affirmation selon laquelle ces responsables auraient été écartés « pour défaut de soumission politique » relève de l’analyse et de l’accusation formulées par Thierno Alassane Sall, et non d’un motif officiel établi dans le communiqué du Conseil des ministres.
Dans sa sortie, l’ancien ministre établit également un lien avec la gestion de l’assainissement et rappelle la controverse qui avait entouré l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) en 2024. Sur ce terrain, le débat reste particulièrement sensible puisque l’ONAS demeure au cœur du dispositif de gestion des eaux pluviales. L’organisme indique d’ailleurs avoir conduit en 2026 des opérations pré-hivernage dans plusieurs régions, dont Dakar, afin d’évaluer les interventions et de renforcer la coordination autour de l’évacuation des eaux.
L’épisode de Philippe-Maguilen Senghor donne toutefois une dimension concrète à cette polémique. Le problème des inondations dans cet établissement n’est pas nouveau : une publication de l’ONAS rappelait déjà que le centre de santé était confronté depuis plusieurs années à des épisodes d’inondation, avec des pluies pouvant rapidement provoquer une montée des eaux.
Thierno Alassane Sall estime ainsi que la répétition de ces difficultés traduit un problème plus profond dans la gestion des infrastructures et de l’assainissement. Il met en garde contre ce qu’il présente comme une concentration de l’action publique sur les changements de responsables et les affrontements politiques, au détriment des préoccupations quotidiennes des populations.
Les autorités, de leur côté, ont annoncé et engagé des opérations pré-hivernage à travers l’ONAS. Mais les images de ce mardi relancent la question de l’efficacité réelle des dispositifs lorsque des pluies importantes frappent Dakar, notamment dans des infrastructures aussi sensibles qu’un établissement hospitalier.
En conclusion de son message, Thierno Alassane Sall a exprimé sa solidarité avec les familles touchées par les inondations dans plusieurs localités du pays. Au-delà de la controverse politique, l’épisode de Philippe-Maguilen Senghor remet une nouvelle fois au centre du débat une question très concrète : comment garantir la continuité des soins et la sécurité des patients et des soignants lorsque les infrastructures sanitaires elles-mêmes deviennent vulnérables aux eaux pluviales ?
Sunuker News Desk
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