Les Gambiens éliront leur président le 5 décembre prochain. Les candidatures seront déposées auprès de l’IEC (Commission électorale indépendante) du 3 au 14 novembre. Les législatives suivront le 10 avril 2027.
Le scrutin se joue à un tour, à la majorité simple. Une opposition éclatée sert donc directement le président sortant.
Au pouvoir depuis 2017, Adama Barrow brigue un troisième mandat sous la bannière du NPP. Sa candidature est légale au regard de la Constitution de 1997, mais elle suscite de vives critiques. Le projet constitutionnel de 2020, qui lui aurait barré la route, a été enterré, y compris par son propre camp.
L’homme porté au pouvoir par la coalition de 2016, sur la promesse d’une limitation des mandats et d’une transition de trois ans, est devenu l’objet même de la critique. Le NPP n’a pas de dauphin : la succession de Barrow, c’est Barrow.
Gambia First Coalition : Ousainou Darboe (UDP) en est le chef de file. À 78 ans, il se lance dans une nouvelle candidature.
Coalition 2026 : Talib Bensouda, maire de Kanifing et leader d’UNITE, a été désigné candidat à l’issue d’une sélection entre plusieurs aspirants.
Team Gambia Grand Coalition 2026 : fondée le 12 septembre et coordonnée par Halifa Sallah et Sidia Jatta, elle doit choisir son candidat entre le 17 et le 30 octobre.
Aucun de ces blocs ne cède. Pendant ce temps, le pouvoir va braconner sur les terres de l’opposition : l’APP-Sobeyaa d’Essa Faal et le GDC de Mama Kandeh ont rallié l’alliance présidentielle. Barrow a signé l’accord avec Faal à State House. Il a mis en avant le poids de ses nouvelles recrues (Kandeh, 12 % ; Faal, 3 %) et dit vouloir une élection sans opposant. Darboe, lui, refuse d’entrer dans l’alliance du NPP.
En 2016, sept partis derrière un candidat unique avaient fait chuter Yahya Jammeh. En 2021, les pourparlers de coalition ont échoué et Darboe a terminé avec un peu plus de 27 %. Tout le monde connaît la leçon : les egos, la question du leadership et le programme de transition ont déjà tué l’unité une fois, ils recommencent.
À la différence du Sénégal, la Gambie n’a pas de second tour pour rattraper les erreurs : tout se joue avant le vote.
Voilà la vérité que beaucoup d’oppositions africaines refusent d’entendre : trop d’oppositions croient que le rejet du sortant suffit à gagner. Sans candidat commun ni programme partagé, elles lui offrent le mandat sur un plateau. La Gambie, qui a chassé Jammeh par l’union, risque de reconduire Barrow par la division.
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