Cinq ans après le dépôt de la première plainte, l’affaire judiciaire visant l’avocat Juan Branco connaît une nouvelle étape majeure. Dans son réquisitoire définitif rendu le 6 août 2026, le parquet de Paris demande son renvoi devant la cour criminelle pour des faits de viol remontant à avril 2021. Le ministère public requiert en revanche un non-lieu dans deux autres dossiers.
Le dossier visant Juan Branco, avocat médiatique connu pour ses prises de position très critiques envers Emmanuel Macron et son engagement aux côtés d’Ousmane Sonko, entre ainsi dans une phase décisive.
Selon les informations publiées par Le Parisien, le réquisitoire définitif du parquet, long de 32 pages, préconise la mise en accusation de l’avocat âgé de 37 ans pour le viol présumé d’une jeune femme de onze ans sa cadette, concernant des faits qui auraient été commis au printemps 2021.
La position du parquet n’est toutefois pas uniforme.
Dans le dossier concernant les faits de 2021, le ministère public estime qu’un renvoi devant la cour criminelle doit être envisagé. En revanche, concernant deux autres affaires portant sur des accusations de viol et d’agression sexuelle dénoncées par deux autres femmes pour des faits remontant à 2017, le parquet demande un non-lieu.
Cette distinction est importante : le réquisitoire du parquet constitue une demande adressée au juge d’instruction et ne vaut pas condamnation. Il appartient désormais au magistrat instructeur de prendre la décision judiciaire sur l’éventuel renvoi de Juan Branco devant une juridiction criminelle.
L’avocat conteste depuis le début les accusations portées contre lui et a notamment soutenu au cours de l’instruction qu’il était victime d’une entreprise à caractère politique destinée à le discréditer.
L’affaire a débuté en 2021 après qu’une jeune femme de 20 ans a effectué une démarche auprès de la police parisienne à la suite d’une rencontre avec Juan Branco. Le parquet avait alors ouvert une enquête pour viol. À l’époque, l’avocat avait catégoriquement contesté les accusations.
L’information judiciaire a ensuite été clôturée en mars 2024 après plusieurs années d’investigations. Le parquet n’a finalement rendu son réquisitoire définitif que le 6 août 2026, soit plus de deux ans après la clôture de l’information judiciaire, selon les éléments rapportés par Le Parisien.
Cette longueur de la procédure constitue l’un des éléments marquants du dossier, qui a suscité l’attention en raison du profil particulièrement médiatique de l’avocat.
Juan Branco s’est fait connaître du grand public en France par ses prises de position contre le pouvoir d’Emmanuel Macron, notamment avec la publication de son ouvrage Crépuscule.
Son parcours l’a également conduit à s’engager dans plusieurs combats politiques et judiciaires. Il a notamment travaillé avec WikiLeaks et participé à la défense de figures controversées. Plus récemment, il est devenu l’un des avocats d’Ousmane Sonko au Sénégal, engagement qui l’a placé au cœur de plusieurs épisodes politiques et judiciaires très médiatisés.
En 2023, son passage au Sénégal avait notamment été marqué par son arrestation puis son expulsion vers la France.
Parallèlement à la procédure pénale, Juan Branco fait également l’objet d’une procédure disciplinaire liée à la publication sur Internet d’éléments provenant de la procédure judiciaire le concernant.
La cour d’appel de Paris a confirmé en octobre 2025 une suspension de neuf mois d’exercice, après que l’ordre des avocats lui a reproché notamment d’avoir diffusé des extraits de la procédure et d’avoir publiquement mis en cause des magistrats et enquêteurs.
Cette sanction est toutefois distincte de l’affaire pénale pour viol.
Le réquisitoire du parquet constitue donc une étape importante, mais Juan Branco n’est pas condamné et reste présumé innocent.
La prochaine décision déterminante sera celle du juge d’instruction. Celui-ci devra notamment déterminer s’il existe suffisamment de charges pour ordonner le renvoi de l’avocat devant la cour criminelle concernant les faits de 2021, tout en statuant sur les demandes de non-lieu formulées pour les deux autres dossiers.
L’affaire pourrait ainsi déboucher sur un procès particulièrement suivi en France, compte tenu du profil de l’avocat et de son implication dans plusieurs dossiers politiques sensibles, notamment au Sénégal.
À retenir : le parquet de Paris requiert un procès pour un dossier de viol datant de 2021, mais demande simultanément un non-lieu dans deux autres affaires. La décision finale sur un éventuel renvoi appartient désormais au juge d’instruction.
Sunuker News Desk
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