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FIFA : près de 4 millions de dollars d’impôts payés pour Gianni Infantino, le scandale qui embarrasse le football mondial

FIFA : près de 4 millions de dollars d’impôts payés pour Gianni Infantino, le scandale qui embarrasse le football mondial

FIFA : près de 4 millions de dollars d’impôts payés pour Gianni Infantino, le scandale qui embarrasse le football mondial

Une nouvelle affaire de gouvernance fragilise Gianni Infantino. Selon des révélations publiées le 2 novembre 2026 par The New York Times et Le Monde, la Fédération internationale de football association (FIFA) aurait pris en charge la totalité des impôts américains de son président pour les années 2024, 2025 et 2026. Le montant de cette facture fiscale avoisinerait les 4 millions de dollars. Cette révélation soulève des interrogations sur la transparence financière de l’instance dirigeante du football mondial, alors que son président prépare sa candidature à un troisième mandat.

L’affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le dirigeant italo-suisse, à la tête de la FIFA depuis février 2016. À quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc, ces révélations risquent de raviver les critiques concernant ses rémunérations, les avantages dont il bénéficie et les mécanismes de contrôle au sein de l’organisation.

Un dispositif fiscal avantageux validé en 2024

Selon les documents internes consultés par les deux médias, l’origine de cette décision remonte à mai 2024, lors d’une réunion organisée à Bangkok. Bruno Chiomento, membre d’un comité de trois personnes chargé de déterminer la rémunération des hauts responsables de la FIFA, aurait alors proposé que l’organisation compense la charge fiscale supplémentaire supportée par Gianni Infantino après son installation aux États-Unis.

Le président de la FIFA avait en effet déplacé une partie importante de ses activités à Miami en prévision de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Ce changement de résidence professionnelle l’exposait à des obligations fiscales américaines.

La proposition aurait été approuvée par les autres membres du comité, ouvrant la voie à la prise en charge intégrale de ses impôts américains pour les trois années concernées.

Le dispositif s’appuierait sur un mécanisme d’égalisation fiscale initialement conçu pour les salariés de la FIFA envoyés à l’étranger. Son objectif était de leur éviter de subir une charge fiscale supérieure à celle qu’ils auraient supportée en restant en Suisse.

Mais l’application de ce mécanisme au président de la FIFA soulève une question centrale : un dirigeant élu de l’organisation peut-il bénéficier des mêmes dispositions qu’un salarié détaché, alors que son statut et ses responsabilités sont différents ?

D’après Le Monde, les experts consultés dans le cadre de ce dossier ont estimé que la fédération devait couvrir l’intégralité des impôts américains du dirigeant pour 2024, 2025 et 2026. Le montant cumulé atteindrait près de 4 millions de dollars.

Des interrogations sur la transparence financière

L’un des aspects les plus sensibles de cette affaire concerne la déclaration des avantages accordés au président de la FIFA.

Selon les documents examinés par The New York Times et Le Monde, la prise en charge fiscale n’aurait pas été intégrée aux rémunérations déclarées de Gianni Infantino pour les années 2024 et 2025. Cette omission présumée aurait suscité des inquiétudes parmi certains responsables de l’administration de la fédération, notamment sur les obligations de transparence et de communication financière.

La question est d’autant plus importante que la FIFA a entrepris, après les scandales de corruption qui ont secoué l’organisation en 2015, de renforcer ses mécanismes de contrôle et ses règles de gouvernance.

La fédération internationale affirme néanmoins que ses procédures internes ont été respectées et que les dispositions légales et fiscales applicables ont été observées. Cette réponse constitue la position officielle de l’organisation, tandis que les interrogations soulevées par les documents révélés par la presse restent au cœur du débat.

Il convient donc de distinguer les faits rapportés par les médias des éventuelles conclusions juridiques : les révélations soulèvent des questions de transparence et de gouvernance, mais ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’existence d’une infraction.

Une rémunération déjà évaluée à plus de 6 millions de dollars

Cette nouvelle controverse intervient alors que la rémunération annuelle de Gianni Infantino fait déjà l’objet d’une attention particulière.

Selon les déclarations fiscales américaines examinées par Le Monde, le coût total de sa rémunération pour la FIFA s’est élevé à environ 6,13 millions de dollars en 2024. Ce montant comprend notamment son salaire de base, ses primes et d’autres avantages déclarables. Il ne faut toutefois pas le confondre avec les quelque 4 millions de dollars d’impôts américains que la fédération aurait pris en charge au titre des années 2024 à 2026.

La différence est essentielle : les 6,13 millions de dollars correspondent au coût de sa rémunération déclaré pour 2024, tandis que les 4 millions représentent une prise en charge fiscale cumulée sur trois années.

Pour les observateurs de la gouvernance sportive, cette situation pose la question de la manière dont sont déterminés, approuvés et publiés les avantages accordés aux plus hauts dirigeants d’une organisation internationale disposant de ressources considérables.

La FIFA tire une part importante de ses revenus des grandes compétitions, des droits de diffusion, des partenariats commerciaux et des contrats de sponsoring. Dans ce contexte, la transparence sur les dépenses liées à ses dirigeants constitue un enjeu majeur pour préserver la confiance des fédérations membres, des partenaires et du public.

Le troisième mandat d’Infantino en ligne de mire

Les révélations interviennent à un moment stratégique. Gianni Infantino, élu en 2016 puis réélu en 2019 et en 2023, entend briguer un troisième mandat lors du scrutin prévu le 18 mars 2027 à Rabat.

Même si les conséquences électorales de cette affaire restent incertaines, elle pourrait alimenter les discussions sur sa gestion de la FIFA et sur les garanties d’indépendance des organes chargés de contrôler les rémunérations des dirigeants.

Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question des impôts. Il renvoie à un débat plus large sur la concentration du pouvoir au sein de la fédération, la séparation entre les fonctions exécutives et les organes de contrôle, ainsi que la capacité des mécanismes internes à prévenir les conflits d’intérêts.

La FIFA devra donc convaincre que les avantages accordés à son président reposent sur des règles claires, cohérentes et appliquées de manière transparente.

Une affaire embarrassante pour le football mondial

Pour le football mondial, le risque est avant tout celui d’une nouvelle crise de confiance. La FIFA avait promis de tourner la page des scandales qui avaient terni son image au milieu des années 2010. Les révélations sur la prise en charge fiscale de son président ravivent aujourd’hui les interrogations sur la portée réelle de ses réformes de gouvernance.

Gianni Infantino bénéficie de la présomption de régularité des décisions prises en son nom tant qu’aucune violation n’est établie. Mais, sur le plan de la communication et de la responsabilité institutionnelle, l’enjeu est désormais de fournir des explications précises sur le fondement de cet avantage, son mode d’approbation et sa déclaration dans les documents financiers.

À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, cette affaire pourrait ainsi devenir un sujet sensible pour les fédérations appelées à se prononcer sur la reconduction du dirigeant italo-suisse.

Près de 4 millions de dollars d’impôts pris en charge, une rémunération annuelle de plusieurs millions et des questions persistantes sur la transparence : Gianni Infantino se retrouve face à un nouveau test de crédibilité. Reste à déterminer si cette controverse aura des conséquences concrètes sur sa campagne pour un troisième mandat ou si elle sera absorbée par les équilibres politiques qui structurent la FIFA.

Sunuker News Desk