La recrudescence des féminicides continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Après deux nouveaux drames survenus les 9 et 10 juillet, ayant coûté la vie à une jeune femme et à une fillette de deux ans, plusieurs organisations féministes et de défense des droits des femmes ont manifesté ce dimanche à Dakar pour exiger des mesures concrètes contre les violences basées sur le genre.
Selon les organisations mobilisées, neuf féminicides ont été recensés depuis le début de l’année 2026, un bilan qui alimente les inquiétudes sur la sécurité des femmes et des filles dans le pays.
Rassemblées dans les rues de la capitale, les manifestantes ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une insuffisance des réponses institutionnelles face à un phénomène devenu récurrent. À travers des slogans tels que « Le silence, ça suffit » ou « La mort ne vous appartient pas », elles ont appelé les autorités à faire de la lutte contre les féminicides une priorité nationale.
Parmi les voix qui se sont élevées lors de cette mobilisation figure celle de la militante Aminata Libain Mbengue, qui a rappelé les engagements pris par les autorités au plus haut niveau de l’État.
Elle a notamment souligné que, lors de son discours à la Nation du 31 décembre 2025, le président Bassirou Diomaye Faye avait reconnu publiquement la gravité des féminicides et annoncé la mise en place de mesures destinées à renforcer la protection des femmes. Les manifestantes estiment toutefois que ces engagements tardent encore à produire des résultats visibles.
Les organisations féministes réclament désormais des actions plus fermes, notamment une meilleure prise en charge des victimes de violences, un renforcement des dispositifs de prévention, une accélération des procédures judiciaires et une protection accrue des femmes menacées.
Elles demandent également que le féminicide soit reconnu comme une infraction spécifique dans le Code pénal sénégalais, estimant que cette reconnaissance juridique permettrait une meilleure prise en compte de ces crimes et contribuerait à renforcer les politiques publiques de prévention et de répression.
La récente affaire du viol suivi du meurtre d’une fillette de deux ans a profondément bouleversé l’opinion publique. Pour les militantes, chaque féminicide devrait entraîner une réaction officielle forte de l’État afin d’envoyer un message clair contre l’impunité.
Au-delà des sanctions judiciaires, plusieurs organisations insistent sur la nécessité d’agir sur les causes profondes des violences faites aux femmes. Elles plaident pour des campagnes nationales de sensibilisation, le renforcement de l’éducation à l’égalité entre les sexes, une meilleure prise en charge psychologique des victimes et un accompagnement des familles confrontées à ces drames.
Les données disponibles montrent que les violences basées sur le genre demeurent une préoccupation majeure au Sénégal. Une enquête nationale publiée en 2024 révélait qu’une proportion importante de femmes déclarait avoir subi des violences au cours de leur vie, tandis que les associations estiment que les féminicides recensés ne représentent qu’une partie de la réalité, plusieurs cas n’étant jamais officiellement documentés.
Alors que la mobilisation de la société civile se poursuit, les organisations féministes espèrent que cette nouvelle vague d’indignation conduira à des réformes concrètes capables de mieux protéger les femmes et les filles. Elles rappellent que la lutte contre les féminicides constitue non seulement un enjeu de justice, mais également une exigence fondamentale de respect des droits humains.
Signé : La Rédaction de Sunuker News Desk
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