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Éducation : Guy Marius Sagna dénonce le manque de moyens des écoles élémentaires publiques

Le député Guy Marius Sagna tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les difficultés financières auxquelles sont confrontées plusieurs écoles élémentaires publiques du Sénégal. À partir des explications fournies par le ministre de l’Éducation nationale en réponse à une question écrite, le parlementaire met en lumière les conséquences du manque de ressources sur le fonctionnement quotidien des établissements.

Au cœur de cette interpellation figure notamment la situation de deux écoles de Louga, Artillerie Nord et Marbatt. Selon les éléments communiqués par le ministre, les parents d’élèves de ces établissements ont accepté de contribuer à hauteur de 200 FCFA par enfant et par an afin de financer l’impression et la reproduction des sujets d’évaluation.

Cette participation financière, présentée comme un appui aux établissements, relance toutefois le débat sur les conditions matérielles de fonctionnement de l’école publique. Dans sa réponse, le ministre reconnaît que les directeurs d’école ne disposent pas de budget de fonctionnement ni de frais d’inscription, ces derniers étant interdits dans l’enseignement public élémentaire. Il souligne également que certaines écoles ne possèdent ni imprimante ni photocopieuse, tandis que d’autres rencontrent des difficultés pour se procurer du papier et de l’encre.

Le ministère affirme cependant qu’aucun élève n’a été empêché de participer aux évaluations en raison de l’absence de paiement. Cette précision apporte un éclairage sur les faits signalés à Louga, sans pour autant dissiper les interrogations relatives au financement des besoins courants des établissements.

La gratuité de l’inscription face aux besoins des écoles

Guy Marius Sagna rappelle que l’arrêté interministériel n°007430 du 27 mars 2023 prévoit, en son article 2, la gratuité des frais d’inscription dans tous les établissements publics préscolaires et élémentaires. Cette disposition, publiée au Journal officiel du Sénégal, vise à faciliter l’accès à l’éducation de base et à éviter que les contraintes financières ne constituent un obstacle à la scolarisation des enfants.

Mais pour le député, la gratuité doit être accompagnée de ressources suffisantes afin que les écoles puissent continuer à fonctionner correctement. Il rappelle qu’en réponse à une précédente interpellation parlementaire, le ministre avait annoncé une compensation financière destinée aux 9 002 écoles élémentaires publiques du pays.

Cette annonce avait été présentée comme une mesure destinée à compenser la suppression des frais d’inscription. En mai 2026, Guy Marius Sagna avait d’ailleurs salué la décision annoncée par le gouvernement, tout en promettant de suivre son application. Dans sa nouvelle sortie, il affirme néanmoins que plusieurs établissements lui ont signalé ne pas avoir reçu les fonds annoncés.

Le financement de l’école publique au centre des préoccupations

Pour Guy Marius Sagna, l’État ne doit pas laisser les établissements élémentaires dépendre des contributions des familles pour couvrir des dépenses indispensables à leur fonctionnement. Il estime que les enfants issus des milieux populaires ne doivent pas subir les conséquences d’un manque de moyens dans les structures publiques.

Le débat intervient alors que le budget 2026 du ministère de l’Éducation nationale s’élève à environ 990,75 milliards de FCFA en crédits de paiement. Sur cette enveloppe, près de 275,78 milliards de FCFA sont consacrés au programme de l’enseignement élémentaire. Ces montants budgétaires ne signifient toutefois pas que chaque école dispose directement d’un fonds de fonctionnement.

Le parlementaire critique également les orientations économiques associées aux accords conclus entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), estimant qu’elles ne permettront pas, selon lui, de répondre aux difficultés de l’école publique si elles sont appliquées sans mesures de protection adaptées.

Au-delà de cette prise de position politique, la question soulevée demeure essentielle : comment garantir une école réellement gratuite si les établissements ne disposent pas des ressources nécessaires pour assurer leurs activités pédagogiques les plus élémentaires ? Pour le député, la réponse passe par un engagement financier effectif de l’État en faveur des écoles et par un suivi rigoureux des compensations annoncées.

La Rédaction – Sunuker.net