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Ebola au Nigeria : le mystère plane sur l’itinéraire de la patiente infectée

Health workers carry the body of a suspected Ebola victim for burial at a cemetery in Freetown December 21, 2014. REUTERS/Baz Ratner (SIERRA LEONE - Tags: HEALTH DISASTER) - RTR4IV65

L’annonce d’un cas confirmé d’Ebola (souche Bundibugyo) au Nigeria suscite de vives interrogations quant à l’origine réelle de la contamination. Alors que les autorités sanitaires fédérales à Abuja mènent l’enquête, de nettes contradictions persistent entre les versions officielles fournies par Kampala d’une part, et les observations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ainsi que de l’Africa CDC d’autre part.

Des versions contradictoires sur le parcours de la patiente

  • La version ougandaise : Dans un communiqué publié le 20 octobre, le ministère ougandais de la Santé soutenait que la patiente avait effectué un voyage d’affaires dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) avant d’effectuer un simple transit par l’Ouganda au début du mois d’octobre, sans manifester de symptômes.

  • La version de l’Africa CDC et de l’OMS : Une version totalement différente est défendue par Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC, et le Dr Marie Rosaline Belizaire (responsable de la riposte Ebola à l’OMS). Selon eux, la patiente n’aurait jamais mis les pieds en RDC. Elle aurait plutôt passé environ deux semaines à Kampala en compagnie de son époux, avant de s’envoler pour Abuja via Addis-Abeba.

Chronologie des faits et retard de diagnostic

D’après les précisions de l’OMS, la patiente a résidé plus d’une semaine en Ouganda avant de s’envoler pour le Nigeria le 3 octobre.

  • 7 octobre : Apparition des premiers symptômes, quatre jours à peine après son arrivée sur le sol nigérian.

  • Consultations : La malade a consulté dans deux cliniques distinctes avant que le corps médical ne suspecte le virus d’Ebola, une confusion initiale avec le paludisme ayant pu retarder la prise en charge.

  • Dépistage : Un premier test a été effectué le 19 octobre, suivi d’une confirmation par un second test le 20 octobre.

Une origine géographique toujours incertaine

Des analyses génétiques approfondies sont actuellement menées pour comparer la souche du virus à celle active dans la région et vérifier l’existence éventuelle d’un lien épidémiologique. Les résultats, attendus rapidement, devraient permettre de cibler précisément les zones de contamination.

De son côté, l’Ouganda — qui avait officiellement proclamé la fin de son épidémie le 28 juillet dernier — assure ne recenser aucun cas actif et réclame aux autorités nigérianes des données cliniques détaillées afin d’entamer le suivi rigoureux des potentiels cas contacts.

Par La Rédaction