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Désamour de la lecture : La FILDAK 2026 s’achève sur un constat alarmant de la jeunesse face aux livres

Le délaissement du livre, surtout chez les jeunes, porte à croire qu’il sera extrêmement difficile pour le monde littéraire de voir éclore de grandes plumes de la trempe de Cheikh Hamidou Kane ou Mariama Bâ. Une pépinière de talents se fait distinguer dans le milieu, mais ce cercle est tellement restreint que ce resserrement de la liste des auteurs inquiète les hommes de lettres. Alors qu’à la FILDAK, les livres se vendent à des prix accessibles et développent des sujets très instructifs.

​Pourtant, à la Foire Internationale du Livre et du Matériel Didactique de Dakar (FILDAK), le prix du livre a été revu à la baisse. Au menu : tous les genres littéraires, y compris les œuvres au programme scolaire académique du Sénégal, ainsi que des analyses sur les situations socio-économiques, géopolitiques et religieuses d’horizons différents. Mais durant la période du 15 au 19 octobre 2026, ce grand rendez-vous des amoureux de la littérature a également été marqué par des stands qui sonnent creux.

​Peu de jeunes ont pris le temps de se rendre au CICES pour flâner entre les rayons, feuilleter, bouquiner ou même acheter des manuels. C’est le cas de Sokhna Aïda Sy (nom d’emprunt), étudiante en mécanique, livre à la main, venue se procurer des ouvrages pour renforcer ses compétences en entrepreneuriat : « J’œuvre dans l’entreprenariat et je sais que je pourrais profiter de la réduction des prix pour acheter ici des œuvres sur l’entreprenariat ». Elle n’est d’ailleurs pas seule. Daouda Diouf, étudiant en Master 1 au département d’histoire de l’UCAD, témoigne également : « Je suis venu acheter des livres qui parlent de la crise sécuritaire au Sahel parce que mon mémoire porte sur ce sujet ».

​Quand des sommités de la culture transmettent gratuitement leur legs

​La transmission de l’amour de la lecture est de nos jours très rare dans les foyers. Pourtant, certains grands auteurs parviennent à inciter leur progéniture à s’intéresser au monde des lettres dès le plus jeune âge. C’est le cas de Mamadou Samb, auteur des « Contes de Ndayane », qui a su transmettre ce legs intellectuel à ses petits-fils, comme Famara Ibrahima Dramé, rencontré dans un stand de la foire devant un parterre de livres écrits par son aïeul. « Mon grand-père nous a très tôt habitués à lire ses œuvres, et cela nous a permis de nous attacher durablement à la lecture ».

​À la foire, les livres destinés à l’enrichissement des connaissances ne manquent pas. Ibrahima Théo Lam, chef d’entreprise et entrepreneur depuis plus de 22 ans, est spécialisé dans la rédaction d’ouvrages consacrés à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes en Afrique. Auteur de « L’entrepreneuriat Féminin en Afrique », il fréquente la FILDAK pour acheter des livres d’autres auteurs afin d’enrichir son bagage intellectuel, notamment sur la question de « l’identité africaine ». L’acteur culturel n’hésite pas à débourser de sa poche pour acheter des livres qu’il offre directement aux jeunes croisés dans les allées, dans le but de les encourager à lire.

​Les livres religieux occupent également une place de choix. L’auteur Ahmadou Bamba Mbacké, fils du Khalife général des mourides Serigne Mountakha Mbacké, a exposé pour la première fois à la FILDAK. Ses écrits se concentrent essentiellement sur l’œuvre de Serigne Touba. « Le but est d’éclairer les fidèles sur qui est Serigne Touba et ses œuvres », fait savoir l’érudit.

​Le défi des jeunes face à l’omniprésence des écrans

​Au milieu de toute cette richesse intellectuelle, les hommes de lettres partagent une vive inquiétude face à la baisse de fréquentation de ce grand rendez-vous. « Je ne vois pas beaucoup d’engouement comparé aux autres années. Beaucoup de jeunes ne sont pas intéressés par de telles rencontres, parce qu’ici on lit, on réfléchit. C’est dommage cette baisse de fréquentation. Moi, si je ne lis pas, je ne me nourris pas intellectuellement et je risque d’en crever », confie l’écrivain et consultant Ibrahima Théo Lam.

​L’omniprésence des smartphones et des réseaux sociaux pourrait bien expliquer ce désengagement littéraire constaté. Si cette tendance ne s’inverse pas rapidement, le monde de la culture craint de faire face à un véritable deuil de la page blanche au cours des années à venir.