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Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, rené copain bassine au bord de la rupture : «Plutôt mourir que de se déshonorer. Je n’en peux plus ; trop, c’est trop»

Le moral est au plus bas pour le journaliste René Capain Bassène, incarcéré depuis plus de sept (7) ans à  la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor.  René Capain Bassène menace d’entamer une diète  illimitée, dès ce mercredi. Dans une très  longue lettre, René Capain fait des confidences. Depuis sa cellule, à  la Mac de Ziguinchor, il alerte sur son sort.

«Je ne céderai pas. Je vais engager ma vie dans cette lutte, et je vais bientôt entamer une diète noire illimitée. Je vous exhorte à vous préparer au pire. Je sais ce que j’endure et à quel point ma santé se détériore. Ce n’est pas une décision facile à prendre, elle n’est pas non plus facile à annoncer. Elle n’est ni agréable à entendre ni à accepter, mais c’est l’unique moyen de lutter, et je suis déterminé à aller jusqu’au bout, étant conscient de tout ce qui pourrait m’arriver. Je n’en peux plus de cette justice à double vitesse, qui a pour seul but de me détruire», écrit le journaliste René Capain Bassène, incarcéré depuis plus de sept (7) ans à  la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor, dans le cadre de l’affaire Boffa-Bayotte avec la mort de quatorze (14) bucherons froidement assassinés dans la forêt de la contrée.

Avant d’évoquer son état de santé qui, selon lui, se détériore. «La prison détruit l’homme et retarde tous les aspects de sa vie, surtout lorsqu’il s’agit d’une longue détention pour un crime ou délit qu’on n’a pas commis. Je refuse de rester un témoin passif de la déchéance de ma vie. Cela fait plus de 7 ans que je suis en prison, et ma santé se détériore. Depuis mon opération ratée, pour tenter de réparer mon tympan droit, je me sens très mal», lance  le journaliste d’investigation qui s’est largement épanché sur les heures qui ont suivi son arrestation, en janvier 2018, jusqu’à son incarcération à la MAC de Ziguinchor.

Visiblement éprouvé par les années passées en prison, René Capain évoque son triste sort sur fond de testament. «Non, je ne resterai pas à perpétuité en prison, pour un crime que je n’ai pas commis. Mon seul “péché” est d’avoir enquêté sur le conflit casamançais. Tout a été mis en œuvre, dans ce dossier, pour cacher la vérité et pour me condamner. Je vais mener mon combat intime, mon ultime combat contre l’injustice et cette justice à deux vitesses dont je suis victime», dira-t-il.

Et de poursuivre : «En raison de mon emprisonnement, je suis devenu à la fois une charge sociale et un mendiant, contraint de tendre la main pour subvenir aux plus minimes de mes besoins. Après plus de 7 ans de détention, je vous informe que j’ai atteint la limite au-delà de laquelle il devient impératif de mettre fin à la situation que je vis actuellement», lâche celui qui a été décrit comme cerveau de la tuerie de Boffa.

Une affaire pour laquelle il dit «être sacrifié», si l’on en croit ses propos, soulignant que «ces personnes dont les charges étaient bien plus lourdes que les miennes, ont été acquittées. Finalement, ces individus ne sont pas responsables du meurtre. Ils n’ont pas tué, donc je ne les ai jamais envoyés tuer. Mais l’acharnement a continué de plus belle. Je suis désormais déclaré complice du chef rebelle César Atoute Badiatte, prétendant que c’est moi qui l’aurais incité à tuer les coupeurs de bois. Je suis condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d’assassinat. César Atoute, jugé par contumace, est, lui aussi, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’un mandat d’arrêt international prononcé publiquement par le juge au moment du verdict. Le coup a été jugé et a parfaitement réussi. Le coup a été joué et a parfaitement réussi. Il fallait trouver un commanditaire pour la tuerie de Boffa, une personne à sacrifier. L’agneau du sacrifice était bien trouvé, il se nomme René Capain Bassène, journaliste d’investigation et écrivain spécialiste du conflit en Casamance. C’est lui, le diable, le danger public, l’ennemi du peuple sénégalais, le sanguinaire, l’assassin, le méchant, le meurtrier, etc. Il mérite la prison à vie», peste-t-il dans cette longue lettre parvenue à notre Rédaction.

Ignace NDEYE

James Dillinger

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