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Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) : Les syndicats sonnent l’alerte face au stock de 50 000 tonnes de sucre invendu et exigent une régulation stricte des importations

La situation devient critique pour la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS). Réunis en conférence de presse à Richard-Toll, le collectif des organisations syndicales a exprimé sa profonde inquiétude face à la santé financière de l’unique usine sucrière du pays. À l’aube de la campagne 2026-2027, l’entreprise fait face à un blocage commercial majeur : près de 50 000 tonnes de sucre restent stockées entre Dakar et Richard-Toll, menaçant directement la trésorerie et la pérennité de la structure.

Une concurrence jugée déloyale et des importations mal maîtrisées

Pour les représentants des travailleurs, emmenés par Amary Diouf (secrétaire général de la section CSS de la CNTS/FC), cette accumulation de stocks trouve sa source principale dans une régulation défaillante du marché national, notamment à travers les autorisations d’importation (DIPAS). Les syndicats dénoncent l’octroi de licences d’importation massives et inopportunes, souvent délivrées en pleine période de production locale.

Cette situation place la production nationale face à une concurrence rude qu’elle peine à absorber. Les syndicalistes regrettent un deux poids, deux mesures flagrant par rapport à d’autres filières agricoles stratégiques, telles que l’oignon et la pomme de terre, dont les flux extérieurs sont rigoureusement encadrés pour protéger les récoltes locales.

Sans réclamer une interdiction totale des importations, le collectif plaide pour une planification transparente, une limitation des volumes aux stricts besoins du marché et une concertation étroite avec tous les acteurs de la filière.

Emplois menacés et projets d’expansion gelés

Au-delà de la crise financière, c’est le climat social et l’avenir des salariés qui cristallisent les craintes. Les perturbations d’écoulement enregistrées lors de la précédente campagne avaient déjà lourdement impacté les travailleurs saisonniers — certains ayant perdu leur poste ou vu leur période d’activité écourtée. Les syndicats redoutent la répétition de ce scénario sombre pour la campagne à venir, avec des répercussions potentielles sur les emplois permanents.

Pis encore, les tensions de trésorerie ont conduit au gel immédiat d’un ambitieux plan de développement de la CSS, qui aurait pourtant permis de générer plus de 1 000 emplois nouveaux. Pour les syndicats, la défense de l’usine va bien au-delà du cadre salarial : elle s’inscrit au cœur des enjeux de souveraineté économique et d’industrialisation du Sénégal.

Premières avancées et perspectives de lutte

Conscients de l’urgence, les représentants des travailleurs ont multiplié les concertations à Dakar. Ils ont notamment échangé avec le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, le ministre de la Fonction publique et du Travail, ainsi que le président du Conseil du dialogue social. À l’issue de ces échanges, les syndicalistes ont salué l’écoute des autorités et noté une convergence de vues sur la nécessité impérative de mieux encadrer les importations de sucre.

Toutefois, tout en privilégiant la voie du dialogue, le collectif reste sur ses gardes. Il exige que les promesses se traduisent rapidement par des actes concrets sur le terrain, faute de quoi le plan d’action syndical sera maintenu et renforcé pour sauver l’entreprise de ce naufrage commercial.

La Rédaction