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Comores: les électeurs appelés aux urnes pour le premier tour des législatives

Près de 339 000 Comoriens sont appelés aux urnes, ce dimanche 12 janvier, pour le premier tour des élections législatives. Ils doivent désigner les députés de la nouvelle Assemblée dont le nombre de sièges a été porté à 33 par une loi du mois de février dernier. Mais alors qu’une partie de l’opposition a décidé de boycotter le scrutin, quels en sont les enjeux ?

Le principal est clairement celui de la participation. La majorité de la classe politique de l’île de Mohéli ainsi que le parti Juwa de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi ont, en effet, appelé à ne pas participer au vote pour dénoncer les conditions dans lesquelles celui-ci se déroule. Selon eux, elles sont insuffisantes pour garantir des élections libres et transparentes. « Le résultat est connu d’avance puisque rien n’a changé : ni le système de gouvernance, ni le système de raisonnement », estime ainsi le docteur Abdou Chakour Ahamed, porte-parole du parti Juwa.

En conséquence de quoi, l’historien comorien Soilihi Kays, qui est aussi membre du mouvement citoyen Karalala-Les sentinelles des urnes, estime que les enjeux du scrutin sont très réduits. « Il n’y a pas grand chose à en attendre car, dans une élection, on surveille les rapports de force entre l’opposition et le pouvoir. Or, cela est impossible ici puisque l’opposition la boycotte de façon massive : sur les 33 circonscriptions des Comores, cinq candidats du camp présidentiel n’auront d’ores et déjà personne face à eux », explique-t-il à David Baché.

Les membres de l’opposition qui ont, eux, décidé de se lancer dans la course ont fait ce choix pour préserver une forme de débat politique et éviter une domination sans aucun contre-poids du pouvoir en place. Selon le candidat Ibrahim Mohamed Soulé, le choix de boycotter les élections de 2020 fait par l’opposition, à l’époque, n’a ainsi débouché que sur un renforcement de son affaiblissement. Pour lui, une nouvelle Assemblée monocolore serait donc dangereuse pour le fonctionnement des institutions, d’autant plus qu’une éventuelle réforme constitutionnelle destinée à modifier le système de présidence tournante de l’archipel censé garantir l’alternance entre les îles est à redouter dans les années à venir.

Du côté du pouvoir en revanche, on tient à rassurer : une victoire confortable permettrait simplement de poursuivre les projets en cours, affirme-t-on. Notamment les réformes économiques engagées pour le développement du pays.

Rfi

James Dillinger

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