Bras de fer Parlement-Exécutif : Alioune Tine tire la sonnette d’alarme et appelle à l’apaisement
Par Sunuker News Desk
Le climat politique sénégalais continue de susciter des inquiétudes. Alors que les tensions entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif se multiplient autour de plusieurs dossiers, le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, appelle les différents protagonistes à mettre fin à la confrontation et à privilégier le dialogue.
Dans une prise de position publiée ce mercredi 30 septembre, le défenseur des droits humains estime que la prolongation du bras de fer institutionnel pourrait devenir un facteur important d’instabilité pour le pays.
« La guerre sans merci et sans concession entre le Parlement sénégalais et l’Exécutif, si elle ne s’arrête pas, risque de créer une des sources les plus sérieuses d’instabilité politique, économique et sociale », alerte-t-il.
Cette sortie intervient alors que l’Assemblée nationale traverse une période particulièrement animée. La troisième session extraordinaire, ouverte le 18 septembre, a notamment été marquée par des désaccords autour de plusieurs dossiers, dont les contrats pétroliers, la santé en milieu carcéral et l’encadrement des fonds spéciaux.
Mardi 29 septembre, de nouveaux points de friction sont apparus. L’examen d’une proposition de modification du Code pétrolier a été suspendu après que le gouvernement a saisi le Conseil constitutionnel. Dans le même temps, un projet de loi relatif à la carte biométrique CEDEAO a été renvoyé en commission pour une seconde lecture. L’Assemblée a par ailleurs fixé au 13 octobre 2026 l’ouverture de la session ordinaire unique 2026-2027.
C’est dans ce contexte que l’avertissement d’Alioune Tine prend une dimension particulière. Pour lui, la bataille institutionnelle ne doit pas faire perdre de vue les difficultés auxquelles les populations sont déjà confrontées.
Le fondateur d’Afrikajom Center évoque notamment une « économie généralisée de la précarité et de la débrouille » ainsi qu’un « front social en ébullition ». À ses yeux, l’accumulation des tensions politiques pourrait favoriser une situation d’impasse et de paralysie, au moment où l’État doit précisément répondre aux attentes économiques et sociales.
« Le temps est venu d’arrêter cette confrontation »
Pour Alioune Tine, la confrontation permanente entre les deux institutions ne présente pas d’intérêt pour le pays et risque surtout de détourner l’attention des priorités nationales.
« Le temps est venu d’arrêter cette confrontation absurde et sans intérêt », insiste-t-il.
Cette position s’inscrit dans une série de prises de parole récentes du responsable d’Afrikajom Center en faveur du dialogue institutionnel. En juin dernier, il avait déjà appelé les responsables politiques à privilégier la concertation, estimant que l’histoire politique du Sénégal montrait que certaines crises pouvaient être surmontées par le dialogue.
Quelques jours plus tôt, dans un entretien accordé à PressAfrik, Alioune Tine avait également estimé que le président de la République et le pouvoir législatif avaient une responsabilité particulière dans la préservation de la stabilité institutionnelle. Il plaidait alors pour une concertation permanente entre les deux pôles du pouvoir.
Un appel dans un contexte institutionnel sensible
Le débat intervient alors que le Sénégal cherche à redéfinir l’équilibre entre ses institutions. Le rôle du Parlement, son contrôle de l’action gouvernementale et les rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif font partie des questions centrales du débat institutionnel actuel.
L’Assemblée nationale, présidée par Ousmane Sonko, dispose d’une majorité parlementaire largement issue de Pastef. Son site officiel indique que 130 députés appartiennent à ce groupe, sur les 165 sièges de l’hémicycle.
Cette configuration politique donne une tonalité particulière aux désaccords actuels : les tensions ne se limitent pas à une opposition classique entre une majorité parlementaire et un gouvernement soutenu par une autre majorité. Elles se déroulent au sein du même camp politique issu de la nouvelle alternance, avec des divergences apparues sur la conduite de l’État et certaines orientations de politique publique.
Pour Alioune Tine, l’enjeu dépasse donc les rapports de force du moment. Il s’agit, selon son analyse, d’éviter que les désaccords institutionnels ne finissent par affecter le fonctionnement normal de l’État et la capacité des pouvoirs publics à répondre aux préoccupations des citoyens.
Son message est ainsi adressé à l’ensemble des acteurs concernés : le désaccord politique peut faire partie du fonctionnement démocratique, mais il ne devrait pas conduire à un blocage durable des institutions.
Alors que le pays entre dans une nouvelle séquence parlementaire avec l’ouverture prochaine de la session ordinaire, l’appel d’Alioune Tine remet au centre du débat la question du dialogue entre les institutions. Reste désormais à savoir si les différents acteurs choisiront l’apaisement ou si le bras de fer continuera de dominer l’agenda politique national.
Sunuker News Desk
















































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