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Audiences d’État et presse locale : L’impératif d’un dialogue constructif entre la Présidence et les médias sénégalais

L’audience récemment accordée à la direction de France Médias Monde au Palais de la République remet en lumière une question cruciale pour l’écosystème médiatique national. Si l’ouverture diplomatique et le maintien de relations cordiales avec la presse internationale sont salutaires, les acteurs du secteur attendent également une attention équivalente pour le patronat de la presse sénégalaise et les entreprises locales du secteur.

Depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye n’a pas encore accordé de rencontre formelle aux instances patronales représentant la presse nationale. Bien que des entretiens aient été accordés à certains journalistes locaux, la profession fait part d’inquiétudes grandissantes face à un environnement économique et institutionnel particulièrement sous tension.

Des contraintes économiques et réglementaires accrues

Les acteurs des médias pointent du doigt plusieurs difficultés contractuelles et financières qui affaiblissent le secteur. Parmi les griefs régulièrement évoqués figurent :

  • Le blocage du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP) : Un gel prolongé des aides financières d’État privant de nombreuses rédactions de ressources essentielles.

  • La remise en cause des contrats publics : La suspension ou la résiliation unilatérale d’accords d’enseigne ou de partenariats commerciaux conclus avec l’État.

  • La régulation administrative et fiscale : Un contrôle rigoureux sur le respect des obligations fiscales et la conformité légale, perçu par certains patrons de presse comme une forme de pression institutionnelle.

  • Le renforcement des contrôles réglementaires : Des mesures allant de sommations administratives à l’interruption temporaire de certains signaux de diffusion.

La responsabilité du pouvoir exécutif

Si la ligne rigide adoptée à l’égard de la presse est régulièrement portée par la gouvernance actuelle, notamment incarnée par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de ses interventions publiques, le président de la République demeure l’interlocuteur final garant de l’équilibre des institutions. Élu au suffrage universel direct, il lui appartient de fixer le cap et d’assumer les arbitrages qui régissent la liberté d’information et la viabilité des médias.

Alors que l’opinion observe les orientations du nouveau pouvoir, les professionnels du secteur espèrent un assainissement des relations entre le Secrétariat général de la Présidence et les organes d’information nationaux. Il devient indispensable pour l’exécutif de privilégier la concertation afin d’offrir des garanties durables à la liberté de la presse tout en accompagnant la structuration du paysage médiatique sénégalais.


Par La Rédaction Sunuker.net