Ce lundi marque l’ouverture très attendue de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale du Sénégal. D’emblée, le président de l’institution, Ousmane Sonko, a tenu à dissiper le flou juridique et les rumeurs qui entouraient ces travaux. Entre le calendrier serré et les prérogatives réelles des commissions d’enquête, le chef du perchoir a rappelé tout le monde à l’orthodoxie parlementaire.
Face aux députés réunis en plénière, Ousmane Sonko a coupé court aux interprétations erronées qui polluaient le débat public ces derniers jours. Son message est clair : l’Hémicycle ne navigue pas à vue. Son fonctionnement reste strictement arrimé à la Constitution et encadré par le nouveau règlement intérieur, régi par la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025.
L’une des principales clarifications a porté sur l’initiative même de cette session extraordinaire. Contrairement à une idée reçue qui a largement circulé, les parlementaires ont parfaitement le droit d’en exiger la tenue.
S’appuyant sur l’article 7 du règlement intérieur actualisé, le président de l’Assemblée a rappelé que la convocation peut émaner de quatre entités distinctes :
Le Bureau de l’Assemblée nationale.
La majorité absolue des députés (par requête écrite).
Le Président de la République.
Le Premier ministre.
« Quand on travaille sur la base du règlement intérieur d’avant 2025, on peut se tromper de bonne foi », a concédé Ousmane Sonko, pointant du doigt l’obsolescence des textes sur lesquels se basaient certains critiques.
Le temps sera compté pour les parlementaires. La session extraordinaire est rigoureusement plafonnée à une durée de quinze jours. Passé ce délai, le couperet tombe : tout projet ou proposition de loi non évacué sera mis en suspens et devra attendre une éventuelle session ultérieure.
L’ordre du jour, qui suscitait tant de spéculations, se concentrera sur l’examen de cinq textes majeurs (trois projets de loi d’origine gouvernementale et deux propositions de loi parlementaires). L’agenda définitif de ces travaux marathon devait être entériné par la Conférence des présidents ce même lundi à la mi-journée.
L’autre point d’achoppement concernait le fonctionnement des très redoutées commissions d’enquête parlementaire. Beaucoup pensaient, à tort, que ces instances devaient boucler leurs investigations dans le laps de temps restreint de la session extraordinaire.
Ousmane Sonko a invoqué les articles 55 et 58 du règlement intérieur pour rétablir la vérité : la session actuelle sert uniquement à ratifier la création de ces commissions. Une fois sur pied, ces dernières – limitées à 11 membres choisis proportionnellement au poids des groupes parlementaires – disposeront d’un délai confortable allant jusqu’à six mois pour mener à bien leurs investigations.
« Pendant ou en dehors des sessions, les commissions d’enquête parlementaire continuent à faire leur travail », a-t-il martelé, assurant ainsi que la recherche de la vérité ne sera pas sacrifiée sur l’autel de l’urgence temporelle. Le bureau de chaque commission (un président, deux vice-présidents et un rapporteur) aura donc les coudées franches pour mener des auditions approfondies avant de déposer son rapport final.
Cette mise au point liminaire du président de l’Assemblée nationale donne le ton : pragmatisme, respect strict des textes et transparence seront les maîtres-mots de cette législature.
La Rédaction / Sunuker.net
Espagne : un Sénégalais de Mbour tué par balle en tentant de s’interposer dans une…
Le Marteau et la Mémoire — Ce que Sonko ne veut plus entendre (Par Ndiamé…
La véritable histoire du féminisme Olympe de Gouges a écrit la Déclaration des droits de…
Intelligence économique et compétitivité industrielle Dans un environnement mondial marqué par la fragmentation des chaînes…
Qui parle quand Ousmane contredit Sonko ? Ousmane Sonko me fait parfois penser à ces…
Message de Mawlana Cherif Mouhammad Aly Aïdara, guide de la communauté chiite Mozdahir à l’occasion…