La gestion des ressources de l’Assemblée nationale est de nouveau au centre d’une controverse politique. Lors d’une conférence de presse du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, tenue jeudi 5 novembre, le député de l’Alliance pour la République (APR), Abdou Mbow, a vivement critiqué l’utilisation des moyens matériels de l’institution et le dispositif mis en place autour de ses conseillers.
Le parlementaire affirme que les véhicules jusque-là affectés aux membres du bureau de l’Assemblée nationale et aux présidents de commission auraient été retirés à leurs bénéficiaires habituels. Selon ses déclarations rapportées par plusieurs médias, ces voitures auraient ensuite été attribuées à d’anciens ministres issus de Pastef, qui auraient rejoint l’institution après leur départ du gouvernement.
Abdou Mbow estime que cette réorganisation se fait au détriment des responsables parlementaires qui avaient jusque-là accès à ces moyens de déplacement. Il n’a toutefois pas communiqué le nombre exact de véhicules concernés ni présenté de documents permettant, à ce stade, de confirmer ses affirmations.
La question des conseillers également soulevée
Au-delà du parc automobile, le député de l’opposition s’est également interrogé sur le nombre de conseillers rattachés à la présidence de l’Assemblée nationale. Il dénonce notamment leur rémunération, estimant que certains bénéficieraient de salaires sans exercer d’activités clairement identifiables au sein de l’institution, ni disposer de bureaux.
Pour Abdou Mbow, ces dépenses constituent une utilisation contestable des ressources publiques. Il accuse ainsi les autorités parlementaires de s’éloigner des principes de gestion qu’elles défendaient lorsqu’elles étaient dans l’opposition.
Le député a notamment fait référence à l’expression « Tog mouy dokh », qu’il associe aux discours tenus par les actuels dirigeants avant leur accession au pouvoir. Il leur reproche aujourd’hui des pratiques qu’il juge contraires à leurs engagements de rupture, allant jusqu’à évoquer le « teudd thi clim mouy dokh ».
Dans son argumentaire, Abdou Mbow a également cité l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, affirmant que celui-ci ne disposait pas d’un dispositif de conseillers comparable à celui qu’il dénonce actuellement. Il a par ailleurs mis en cause Ousmane Sonko dans la mise en place de cette organisation.
Une polémique qui rappelle le dossier des véhicules des députés
Ces nouvelles critiques interviennent dans un contexte où l’acquisition de véhicules destinés aux députés de la 15ᵉ législature avait déjà suscité de vives réactions. En janvier 2026, la réception d’un premier lot de 76 véhicules avait notamment provoqué des interrogations sur le coût de l’opération, le fournisseur et les conditions de passation du marché.
Le député non-inscrit Thierno Alassane Sall avait alors demandé des explications sur cette acquisition. En réponse, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, avait assuré, le 5 janvier, que la procédure avait suivi les règles en vigueur. Il avait indiqué que le dossier était passé par la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et que les actes relatifs au marché étaient documentés.
Le président de l’institution avait également défendu la nécessité de doter les parlementaires de moyens de déplacement adaptés à l’exercice de leur mandat. L’Assemblée nationale avait, de son côté, mis en avant les mécanismes de contrôle et de suivi des marchés publics mis en place au sein de l’institution.
Avec les déclarations d’Abdou Mbow, le débat dépasse désormais la seule question de l’acquisition des véhicules pour porter plus largement sur leur répartition, les avantages accordés aux responsables parlementaires et la gestion des ressources humaines de l’Assemblée nationale. Les explications de la direction de l’institution sont désormais attendues pour éclairer les accusations formulées par le député.
La Rédaction – Sunuker.net






















































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