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Après son retrait de la course à l’ONU : Macky Sall face aux incertitudes de son avenir politique

Après avoir renoncé à briguer le secrétariat général des Nations unies le 17 octobre 2026, Macky Sall se retrouve au centre de nouvelles interrogations sur son avenir. Entre une éventuelle reconversion sur la scène internationale et la perspective d’un retour dans la politique sénégalaise, l’ancien président dispose encore de plusieurs options. Au sein de l’Alliance pour la République (APR), la reconquête du pouvoir en 2029 est déjà affichée comme un objectif majeur.

La page des Nations unies est désormais tournée pour Macky Sall. Après plusieurs mois de démarches diplomatiques, de rencontres et de mobilisation autour de sa candidature, l’ancien chef de l’État a finalement décidé de se retirer de la course au secrétariat général de l’ONU.

Cette décision, annoncée le 17 octobre, est intervenue au lendemain d’un vote informel du Conseil de sécurité organisé à New York. Les résultats n’ayant pas permis de dégager une dynamique favorable à sa candidature, le prédécesseur de Bassirou Diomaye Faye a préféré se désister, expliquant vouloir faciliter l’émergence d’un candidat susceptible de faire consensus.

Mais cet épisode diplomatique n’a pas mis fin aux interrogations sur ses ambitions. Macky Sall entend-il reprendre une place centrale dans le débat politique national ou privilégier de nouvelles responsabilités internationales ?

Pour Babacar Ndiaye, directeur de la recherche et des publications du think tank WATHI, l’ancien président demeure un acteur important de la vie politique sénégalaise. Il rappelle que Macky Sall reste à la tête de l’APR, malgré les départs enregistrés dans ses rangs depuis la perte du pouvoir en 2024.

Le retour de l’ancien président au Sénégal, lors de la campagne pour l’ONU, avait d’ailleurs donné lieu à une mobilisation de ses partisans. Un épisode qui témoigne de la capacité de son appareil politique à maintenir une certaine influence, même en son absence du territoire national.

2029, un rendez-vous stratégique pour l’APR

La prochaine présidentielle constitue désormais une échéance centrale dans les réflexions de la formation politique. L’APR affiche clairement son ambition de retrouver les responsabilités étatiques, mais plusieurs étapes devront être franchies avant d’envisager une reconquête effective.

Les prochaines élections locales, ainsi que les éventuelles évolutions du calendrier législatif, pourraient servir de premier indicateur de la capacité du parti à reconquérir son implantation territoriale.

Babacar Ndiaye estime toutefois qu’il est encore prématuré de considérer Macky Sall comme un candidat déclaré pour 2029. L’ancien président n’a, jusqu’ici, exprimé aucune intention officielle de briguer un nouveau mandat.

Au-delà de sa volonté personnelle, la question de son leadership sera également déterminante. L’APR devra consolider ses structures, maintenir la cohésion de ses responsables et convaincre une partie de l’électorat qui s’est détournée du parti depuis l’alternance politique.

Un autre défi concerne le bilan de ses dernières années au pouvoir. Les violences politiques enregistrées entre 2021 et 2024 continuent de peser sur l’image de l’ancien régime. Les questions relatives aux responsabilités dans ces événements, aux victimes et à la gestion de la crise préélectorale demeurent particulièrement sensibles dans l’opinion.

Diomaye et Macky : rapprochement politique ou simple geste républicain ?

Le soutien officiel apporté par Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur à l’ONU a également alimenté les commentaires sur une possible évolution de leurs relations.

En juillet 2026, le chef de l’État avait reçu Macky Sall au Palais de la République avant de décider de mobiliser la diplomatie sénégalaise en faveur de sa candidature. Ce geste avait été présenté comme une démarche au service des intérêts du Sénégal et du rayonnement africain.

Cependant, ce soutien diplomatique ne signifie pas nécessairement une alliance politique entre les deux hommes.

L’APR conserve son positionnement dans l’opposition, tandis que le camp présidentiel poursuit la structuration de son propre appareil politique autour de KIIRAAY.

Hamidou Anne, coordonnateur de la Cellule analyses et prospective de l’APR, a d’ailleurs clairement écarté l’hypothèse d’un rapprochement entre les deux formations. Il affirme que son parti travaille à la reconquête du pouvoir en 2029.

Pour Babacar Ndiaye, toute perspective de rapprochement devrait être examinée à partir des intérêts politiques respectifs des deux camps et de leurs conséquences sur les militants.

Une éventuelle candidature en 2029 soulève des questions constitutionnelles

Sur le terrain juridique, la situation de Macky Sall mérite également une attention particulière. L’article 27 de la Constitution sénégalaise dispose que nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels consécutifs. L’article 28 fixe, pour sa part, l’âge maximal des candidats à 75 ans au jour du scrutin.

Ayant dirigé le Sénégal pendant deux mandats successifs, de 2012 à 2024, Macky Sall pourrait se retrouver au cœur d’un débat constitutionnel si une nouvelle candidature venait à être officiellement envisagée après une interruption de son parcours présidentiel.

La formulation relative aux mandats consécutifs soulève en effet une question d’interprétation qui ne peut être tranchée par de simples spéculations politiques. La recevabilité d’une éventuelle candidature dépendrait de l’examen des dispositions constitutionnelles et de l’appréciation des institutions compétentes.

Pour l’heure, aucune déclaration de l’ancien président ne permet d’affirmer qu’il prépare effectivement un retour électoral.

L’option internationale reste ouverte

Après son retrait de la course à la succession d’António Guterres, plusieurs commentaires ont évoqué la possibilité d’une nouvelle ambition internationale pour Macky Sall, notamment autour de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette hypothèse aurait toutefois été démentie par son entourage.

L’ancien chef de l’État n’a pas non plus annoncé de nouvelle fonction ou de projet institutionnel précis.

Son avenir reste donc suspendu à ses propres choix, mais également à l’évolution du paysage politique sénégalais. Entre la consolidation de l’APR, une éventuelle candidature en 2029 et de nouvelles responsabilités diplomatiques, Macky Sall conserve plusieurs possibilités.

Une chose est certaine : après douze années à la tête du Sénégal, l’ancien président demeure une personnalité dont les décisions continueront de peser sur les débats politiques nationaux.

La Rédaction de Sunuker.net