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Affaire Tabaski Ngom : la défense réfute catégoriquement les accusations d’agression au Pavillon spécial

Tabaski Ngom

Affaire Tabaski Ngom : la défense réfute catégoriquement les accusations d’agression au Pavillon spécial

Les avocats de Tabaski Ngom contestent formellement la version faisant état d’une agression contre une codétenue enceinte. Ils demandent des éclaircissements sur les circonstances de l’incident et dénoncent, plus largement, la lenteur de l’instruction ainsi que la dégradation de l’état de santé de leur cliente.

Tabaski Ngom, Inspectrice principale du Trésor détenue depuis janvier 2025, se retrouve une nouvelle fois au centre d’une controverse judiciaire et médiatique. Dans une mise au point, ses conseils réfutent « formellement et catégoriquement » les informations publiées le 4 septembre 2026 faisant état d’une prétendue agression physique de sa codétenue au Pavillon spécial.

Pour la défense, cette présentation des faits ne correspond pas à la réalité et porte atteinte à l’honneur et à la dignité de leur cliente.

Une version des faits fermement contestée

Les avocats affirment que Tabaski Ngom aurait, elle-même, été confrontée à des provocations, des insultes et des violences physiques au cours de sa détention, sans pour autant y répondre de manière violente.

Ils rappellent notamment qu’elle aurait signalé, dès le 4 août 2026, les agissements dont elle se disait victime dans sa cellule. La défense demande ainsi à la direction du Pavillon spécial de préciser les suites réservées à la plainte visant une codétenue identifiée sous les initiales A. Diatta, que Tabaski Ngom accuse de l’avoir agressée physiquement devant témoins.

Les conseils soulèvent également des interrogations sur la gestion de la cellule. Ils s’interrogent notamment sur les raisons pour lesquelles une détenue qui en avait été retirée aurait ensuite été réaffectée dans la même cellule, alors que leur cliente est aujourd’hui présentée comme ayant un comportement agressif.

La défense insiste par ailleurs sur la nature des relations entre les deux détenues. Selon elle, Tabaski Ngom partageait régulièrement ses repas avec la jeune femme, lui apportait son aide et manifestait à son égard « générosité et compassion ». Pour les avocats, ces éléments méritent d’être confrontés aux accusations actuellement rapportées.

Une instruction que la défense juge toujours inachevée

Au-delà de l’épisode du Pavillon spécial, les avocats remettent en question le déroulement de la procédure visant leur cliente. Ils rappellent que Tabaski Ngom est détenue depuis janvier 2025 dans le cadre d’une information judiciaire qui, selon eux, n’est toujours pas achevée.

La défense affirme également que leur cliente avait été la première à saisir la Division des investigations criminelles (DIC) d’une plainte visant deux de ses coïnculpés.

Les conseils indiquent avoir sollicité à plusieurs reprises des actes d’instruction qu’ils considèrent comme indispensables à la manifestation de la vérité, notamment des confrontations ainsi que l’intégration au dossier d’éléments matériels, dont des enregistrements audio.

Ils affirment aussi avoir demandé des réquisitions auprès de personnes susceptibles de vérifier certains faits précis, lesquels auraient été communiqués avec des indications concernant les dates, les heures et les circonstances. Selon la défense, ces diligences n’auraient toujours pas été effectuées.

La défense alerte sur l’état de santé de leur cliente

Autre préoccupation majeure soulevée par les avocats : les conditions de détention et l’état de santé de Tabaski Ngom.

Ils soulignent que, contrairement à certains coïnculpés qui ont obtenu une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, leur cliente demeure incarcérée. Selon eux, son état physique, psychologique et moral se serait considérablement détérioré, ce qui aurait notamment motivé son transfert au Pavillon spécial.

La défense réclame ainsi la réalisation urgente d’examens médicaux ainsi que d’évaluations psycho-psychiatriques approfondies. Elle évoque notamment une hypertension sévère, des troubles persistants du sommeil et des palpitations cardiaques.

Ces éléments relèvent toutefois des affirmations de la défense et devront, le cas échéant, être appréciés à la lumière d’éléments médicaux et judiciaires contradictoires.

Une bataille judiciaire et médiatique qui se poursuit

En contestant publiquement la version de l’incident, les avocats de Tabaski Ngom entendent également défendre l’image de leur cliente, qu’ils présentent comme une haute fonctionnaire ayant consacré près de vingt ans au service de l’État sénégalais.

Le dossier se trouve ainsi à la croisée de deux batailles : celle menée sur le terrain judiciaire, autour des actes d’instruction encore réclamés par la défense, et celle qui se joue dans l’espace médiatique autour de l’image et de la réputation de l’ancienne Inspectrice principale du Trésor.

À ce stade, les accusations d’agression évoquées dans les informations contestées ne sauraient être considérées comme judiciairement établies sur la seule base des déclarations rapportées. La clarification des responsabilités dépendra des investigations, des éventuelles confrontations et des éléments versés au dossier.

Pour ses avocats, l’urgence est désormais double : établir précisément ce qui s’est passé au Pavillon spécial et accélérer les diligences de l’instruction afin que Tabaski Ngom puisse bénéficier, selon eux, d’un examen judiciaire pleinement contradictoire de sa situation.

Sunuker News Desk