Affaire Nourah Ba : Momo Cissé condamné à 300 000 FCFA, le tribunal tranche sur les fausses nouvelles
Sunuker News Desk
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mercredi 21 octobre 2026 dans l’affaire opposant le chroniqueur Mamadou Cissé, plus connu sous le nom de Momo Cissé, à la justice sénégalaise. Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles à la suite de déclarations concernant l’arrestation et les conditions de garde à vue de l’influenceuse Nourah Ba, il a été reconnu coupable et condamné à une amende ferme de 300 000 FCFA. Cette décision fait suite à une procédure déclenchée par des propos tenus publiquement au sujet de l’intervention des forces de l’ordre.
L’affaire avait pris une nouvelle dimension après la diffusion, sur la chaîne YouTube Sen Téranga, d’une vidéo dans laquelle le chroniqueur revenait sur les circonstances de l’interpellation de l’influenceuse. Il avait notamment affirmé que cette dernière avait été abordée sur la Corniche par un homme en civil qui l’aurait insultée avant de l’emmener dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Il avait également mis en cause les conditions de sa garde à vue, soutenant que Nourah Ba aurait été empêchée d’aller aux toilettes, une situation qui, selon ses déclarations, aurait entraîné des complications médicales.
Ces affirmations ont conduit à son audition par les enquêteurs de la DSC, puis à son placement en garde à vue le 15 octobre. Déféré au parquet le lendemain, Momo Cissé avait été inculpé pour diffusion de fausses nouvelles avant d’obtenir une liberté provisoire, dans l’attente de son procès fixé au 21 octobre.
À la barre, le chroniqueur a contesté les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué avoir relayé des informations communiquées par des tiers, sans prétendre avoir personnellement assisté à l’ensemble des événements évoqués. Pour justifier sa démarche, il a soutenu qu’il intervenait dans le cadre d’une chronique et d’un exercice d’analyse, et non dans celui d’un traitement journalistique classique.
Interrogé sur les vérifications effectuées avant la diffusion de ses propos, il a reconnu avoir cherché à obtenir la version des policiers au cours de sa propre garde à vue, notamment dans l’optique de pouvoir présenter des excuses publiques si les informations rapportées s’avéraient inexactes. Selon son récit, les enquêteurs lui auraient indiqué que Nourah Ba avait été mise à l’abri d’un risque de lynchage et que la personne qui l’avait insultée n’était pas une policière.
L’audience a également été marquée par des échanges tendus entre la défense et la représentante du ministère public. Un désaccord sur la conduite de l’interrogatoire a provoqué une suspension momentanée des débats. À la reprise, Mamadou Diop, présenté comme un ami du chroniqueur, a été entendu à titre de simple renseignement. Il a déclaré avoir été présent au moment de l’évacuation de Nourah Ba vers l’hôpital, tout en précisant qu’il n’avait pas assisté à son arrestation.
Dans ses réquisitions, la procureure de la République a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction étaient réunis et a demandé une condamnation à une amende ferme de 300 000 FCFA. La défense a, pour sa part, contesté la qualification pénale retenue. Me Aboubacry Barro a notamment soulevé des réserves sur la conduite de l’enquête par la DSC, estimant que les conditions de l’investigation méritaient d’être discutées. Me El Hadj Oumar Youm a insisté sur la bonne foi de son client et sur son refus de révéler ses sources.
Me El Hadj Diouf, avocat de Nourah Ba, a également évoqué des allégations de mauvais traitements et demandé que l’influenceuse puisse être entendue sur les conditions de sa garde à vue. Il a néanmoins sollicité la relaxe du chroniqueur.
Au terme des débats, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public et déclaré Momo Cissé coupable de diffusion de fausses nouvelles, le condamnant à une amende ferme de 300 000 FCFA.
Au-delà de cette condamnation, l’affaire relance le débat sur la responsabilité des chroniqueurs et des intervenants médiatiques lorsqu’ils rendent publiques des accusations mettant en cause des personnes ou des institutions. Dans un environnement où les déclarations diffusées à l’antenne et sur les réseaux sociaux circulent rapidement, la distinction entre témoignage, information vérifiée et commentaire devient particulièrement importante.
La liberté d’expression et le droit de critiquer l’action des autorités demeurent essentiels dans une société démocratique. Mais ils s’accompagnent également d’une exigence de prudence, notamment lorsque les faits rapportés concernent une procédure judiciaire en cours ou des accusations susceptibles de porter atteinte à la réputation d’autrui. L’affaire Momo Cissé rappelle ainsi que la bonne foi invoquée par un intervenant ne dispense pas nécessairement de vérifier les informations avant leur diffusion.
Sunuker News Desk








































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